mode

Fashion week de Milan : les tendances

MILAN - La Fashion week de Milan se termine lundi après trois jours intenses de défilés. Alors que Paris s’apprête à prendre le relais mardi, voici les huit tendances à retenir pour l’automne-hiver 2018-2019.

Le pantalon est court

Le pantalon se porte court, avec ou sans revers, comme chez Emporio Armani, Ermenegildo Zegna ou N°21.

Le plus souvent, les chaussettes se font discrètes. Mais chez Dolce & Gabbana, elles tranchent : on les choisit roses avec un costume velours bleu nuit, violettes avec un ensemble lamé or, ou jaune avec un costume rouge.


Alimentation

Tendances 2018: la viande... sans viande

Que nous réserve 2018 dans notre assiette? S’il est souvent hasardeux de se lancer dans des prédictions, force est de constater que quelques tendances déjà observées en 2017 gagneront en importance cette année. Le Soleil fait le point avec deux chefs sur ce qui sera proposé aux Québécois.

Ceux qui connaissent Le pied bleu, dans le quartier Saint-Sauveur à Québec, savent que l’endroit est spécialisé en charcuteries et est notamment réputé pour son boudin. Il peut donc paraître surprenant que le copropriétaire de l’endroit nous entretienne de «fausse» viande!

Pourtant… «Je dirais que la moitié de nos employés sont végétariens», confie Louis Bouchard Trudeau, qui compte quelque 25 employés dans ses trois restaurants — Le pied bleu, Le renard et la chouette et le petit dernier, Nhà Tôi. Il est donc sensible à l’importance d’offrir des alternatives aux personnes qui ne mangent pas de viande ou qui, sans la bannir, veulent en diminuer la consommation et découvrir de nouveaux produits.

L’équipe du Pied bleu propose donc des mijotés de fausse viande, notamment un «faux bœuf bourguignon» constitué de seitan «qui imite la texture de la viande», de tofu fumé «qui remplace un peu les lardons» et d’un bouillon de champignons. Ou encore une blanquette de champignons dont la recette a été testée avec du lait de soya pour être entièrement vegan — un créneau que Le pied bleu n’entend pas nécessairement pousser, toutefois. «Après les Fêtes, on veut faire un boudin végé à base de betteraves», a révélé M. Bouchard Trudeau au Soleil fin décembre.

«Ce qu’on veut, c’est offrir de la bouffe réconfortante», d’où l’idée de réinventer certains classiques. Et aussi, que les gens qui viennent au bouchon, même s’ils sont végétariens, aient de belles options pour se sustenter. Pendant que d’autres dégustent terrines et charcuteries, la personne végétarienne a droit à des cretons de champignons, de la terrine de lentilles et légumes, un houmous de pois chiches et du fromage frais.

Alimentation

Le sodabi, la liqueur béninoise à la conquête des bars new-yorkais

COTONOU — Revisité par de jeunes Américains tombés sous son charme, le sodabi, liqueur traditionnelle à base de vin de palme très consommée au Bénin, tente de conquérir les bars branchés de Cotonou à New York.

Dans un vaste entrepôt à la périphérie de Cotonou, des piles de cartons de bouteilles au design très soigné attendent d’être exportées de l’autre côté de l’Atlantique : «Tambour original, product of Benin», précise l’étiquette de cet alcool à 45 degrés produit par ces jeunes Américains.

À quelques mètres de là, trois distillateurs dernier cri contrôlés par des thermostats automatiques ronronnent.

On est bien loin de ce que Jake Muhleman découvre en 2012 : alors étudiant, cet Américain vient rendre visite à un ami, Eric Newton, volontaire pour Le Corps de la Paix (Peace Corps, une ONG américaine) dans le nord du Bénin. C’est là qu’il goûte pour la première fois au sodabi, une liqueur artisanale obtenue à partir de la sève des palmiers à huile. Préparée de façon traditionnelle, elle fermente avant d’être distillée dans des alambics rudimentaires chauffés au feu de bois et est ensuite conservée le plus souvent dans des bouteilles en plastique recyclées.

«Ça existait depuis longtemps, mais ce n’était pas connu hors de la région, alors on s’est dit qu’on pourrait être les premiers à faire connaître le sodabi dans le monde entier! En plus, il y a toute une culture derrière», explique Jake Muhleman, petites lunettes et barbe bien taillée.

Le sodabi est couramment utilisé comme offrande au cours des cérémonies religieuses vaudou, où il est censé donner force et endurance, mais aussi augmenter la protection divine contre les mauvais esprits.

Dans les villages, les producteurs ajoutent des feuilles ou des fruits macérés pour en améliorer le goût ou lui apporter les vertus médicinales de certaines plantes.

Un vrai spiritueux

Pour Jake et son ami Eric, pas question de se contenter de repro­duire le sodabi local, il s’agit de le valoriser. Ils ont sillonné à moto le sud du Bénin à la rencontre de producteurs de vin de palme de qualité pouvant leur fournir la matière première, et mis près d’un an pour concocter leur recette.

«Après la distillation, on ajoute un mélange de 14 ingrédients tropicaux, comme le gingembre ou la fleur d’hibiscus», détaille Jake. «C’est ce qui donne à notre boisson sa couleur cuivrée», alors que le sodabi artisanal est transparent. Et si le goût âpre du vin de palme reste, des arômes à la fois fruités et épicés adoucissent le breuvage.

Il a fallu investir pour obtenir une distillation moderne qui respecte les normes internationales en matière d’alcool.

«Le problème avec le sodabi de village, c’est l’alcool frelaté», explique Émilie Nabet, jeune Française chargée du marketing chez Tambour. «Quand on distille, il y a de l’eau, de l’alcool et du méthanol, or le méthanol est dangereux pour la santé, il faut l’extraire et si on n’a pas une vision précise de la température, on ne peut pas savoir quand il sort».

La distillerie tourne 24h/24 avec trois salariés, mais dispose d’une capacité de production limitée à quelque 300 grandes bouteilles par mois, faute d’infrastructures suffisantes.

Jake Muhleman dit miser sur une collecte de fonds prochaine pour développer l’activité.

Cocktails 

La consécration est venue en 2015, lorsque Tambour original a reçu la médaille d’argent au San Francisco World Spirits Competition, le concours de liqueurs le plus prestigieux d’Amérique du Nord. La boisson est aujourd’hui offerte dans une trentaine de bars et de magasins de spiritueux de la côte Est des États-Unis.

Au Bénin, les débuts ont été plus difficiles. Jake a réussi à convaincre quelques supermarchés et bars, qui étaient peu habitués à vendre du sodabi. Le prix surtout était un frein : 8 000 francs CFA la bouteille de 37,5 cl (12 euros), contre 800 à 1 000 FCFA le litre acheté au village (1,5 euro).

Khaled Baaklini, propriétaire du «Code Bar», un établissement branché de Cotonou, a été le premier à élaborer des cocktails avec du sodabi. «C’est un produit raffiné, un vrai spiritueux», s’enthousiasme ce Béninois d’origine libanaise.

«C’est génial que cet Américain mette en valeur un produit typiquement béninois», s’enthousiasme Khaled. «Personne n’avait pensé à faire ça avant lui».

Mode

Fashion Week de Londres: bain de jouvence et jeu de fléchettes

LONDRES — Des jeunes pousses, de l’orange et des fléchettes: retour sur les tendances et moments forts de la Fashion Week de Londres, dont trois jours de défilés étaient consacrés aux collections masculines pour la saison automne-hiver 2018-2019.

Place aux jeunes!

Privée de ses grandes signatures pour cause de réorganisation stratégique, à l’instar de Burberry qui proposera un défilé mixte en février, la Fashion Week masculine s’est reposée sur ce qui fait sa marque de fabrique depuis sa création en 2012: les jeunes talents.

Londres est la «capitale de la créativité», a clamé Caroline Rush, la patronne du British Fashion Council, qui organise la Fashion Week, en lançant l’événement.

Exemple? le projet «Man», sorte d’incubateur de la mode qui se targue d’avoir accompagné la crème de la nouvelle génération britannique, et qui a notamment mis à l’honneur cette année le label «Art School».

Ce collectif de créateurs a présenté une collection gender fluid, avec des hommes arborant crânement des robes asymétriques à décolletés en V dévoilant leurs torses velus.

Alerte orange

Rien de tel qu’une couleur vitaminée pour rester en forme pendant l’hiver. Écharpes, tee-shirt, vestes et pantalons: What We Wear, la griffe du rappeur londonien Tinie Tempah, a orné d’orange (carotte) un vestiaire hip hop et raffiné, classe et confortable.

De l’orange aussi, parant longs manteaux et moufles à trois doigts, chez Christopher Raeburn. Le crack de la mode éthique et du recyclage a insufflé une nouvelle vie à des combinaisons de mécaniciens treuillistes de la Royal Air Force, transformées en blousons streetwear modernes.

À noter également la palette marron, jaune et noire d’Hussein Chalayan, ou l’ocre et le gris fusain d’Oliver Spencer. Ce dernier, apôtre d’un casual chic typiquement british, a fait défiler des mannequins de tous âges, histoire de représenter toutes les strates de la société.

Cow-boy des villes et dystopie

Après le métrosexuel ultra-soigné, le lumbersexuel bûcheron, l’heure serait-elle au cowboy urbain? Pas impossible, si on en croit Astrid Andersen. La petite princesse du sportswear a coiffé ses mannequins de chapeaux de cow-boys façon Stetson.

Jouant sur les contrastes, la jeune styliste les agrémente de longues doudounes bleu électrique ou de survêtements rehaussés de motifs tartans.

Ambiance plus sombre chez Liam Hodges. Fidèle à ses racines hip-hop et néo-punk, le créateur ancre sa garde-robe dans un futur angoissant et incertain peuplé de smileys style «killer clown» qu’il imprime sur de grands pulls noirs démesurés.

Le vêtement que vous ne porterez pas...

est un ensemble haut et chapeau à collerette composé de deux grandes cibles de fléchettes — sport très prisé des Britanniques —, porté avec, en guise de collier, une longue multiprise sur une robe tapis aux couleurs chatoyantes.

La création est signée Rottingdean Bazaar, un label créé par James Theseus Buck et Luke Brooks, deux anciens élèves de la prestigieuse école londonienne Central Saint Martins, dont le style provocateur et volontiers surréaliste fait de plus en plus parler.

Vivienne Westwood: la mode.com

Grande absente de cette Fashion Week, la prêtresse punk-écolo de la mode britannique a choisi de ne dévoiler sa nouvelle collection, baptisée «Don’t get killed», que par une série «d’images» et «vidéos» diffusées sur internet, stratégie numérique oblige.

Au menu, des ceintures portées en écharpe, des combinaisons kaki militaire sur fond de coupes rétro et fantaisistes. Créatrice militante, Vivienne Westwood n’oublie pas la politique avec moult références anti-Brexit, comme cette paire d’escarpins frappés des drapeaux européen et britannique.

Mode

Dans la garde-robe en 2018

On le répète souvent, la mode, on en fait bien ce qu’on en veut. Cette sage devise demeure (heureusement) toujours vraie: pas question pour personne d’être une «victime de la mode», point final. Ceci étant dit, des styles et des tendances en vogue en 2018 se pointent déjà le bout du nez, et on commence l’année en vous en proposant un petit survol avec deux experts: Magaly Lamarre, styliste (notamment pour Laurier Québec) et créatrice des événements Prêt-à-[re]porter, et Justin Bellavance, également styliste (notamment pour les Galeries de la Capitale). Comme je vous le dis souvent, on prend des notes.

Articles clés

› N’importe quoi de rouge! Nos stylistes s’entendent, c’est LA couleur de la saison. On choisit le rouge pour les vêtements, les chaussures, les sacs à main, et on l’utilise en accent (foulard, ceinture, bijoux, etc.) si on veut le porter plus discrètement.

› Les trenchs revisités, déstructurés, découpés, surdimensionnés, bref, qui sortent de l’ordinaire. On privilégie le look urbain, et les plus audacieuses le choisiront même en plastique!

› Le sac banane, sport ou chic. Oui, oui, un sac banane… MAIS porté en bandoulière, sur le devant, et pas à la taille. Attendez-vous d’en voir dans tous les styles et toutes les matières.

Voyages

Le «plus grand casino d’Europe» devrait ouvrir à Chypre en 2021

NICOSIE — Un complexe touristique comprenant un casino et présenté comme le plus grand du genre en Europe doit ouvrir ses portes à Chypre d’ici 2021 et fouetter l’économie de l’île méditerranéenne.

Melco International (Macao) et son partenaire chypriote Cyprus Phassouri Limited ont présenté à Nicosie ce projet qui verrait le premier casino ouvrir ses portes en République de Chypre, membre de l’Union européenne depuis 2004.

Avec un coût estimé à 600 millions d’euros, ce complexe, dont la construction est prévue à Limassol, sur la côte sud du pays, serait le plus grand du genre en Europe. Il comprendra un hôtel de 500 chambres, 11 restaurants, 136 tables de jeu, 1200 machines et d’autres installations sur une surface de plus de 6000 m².

Le projet devrait «avoir un impact significatif sur le PIB du pays», a déclaré le président chypriote, Nicos Anastasiades, lors de la présentation.

«La contribution, au sens large, du casino à l’économie à partir de la deuxième année d’opération est estimée à 700 millions d’euros, soit 4% du PIB», a-t-il ajouté.

Selon le PDG de Melco, Lawrence Ho, ce casino —qui sera baptisé «City of Dreams Mediterranean»— est une priorité pour l’entreprise car c’est la première fois qu’elle opère en dehors de l’Asie.

L’établissement, assure-t-il, va contribuer à renforcer l’attractivité touristique de Chypre dans le monde.

Chypre est divisée depuis l’invasion en 1974 du nord de l’île par les troupes turques, en réaction à un coup d’État visant à rattacher le pays à la Grèce.

Des casinos fleurissent depuis longtemps en République turque de Chypre nord. Mais, dans la moitié sud, les tentatives de légalisation des casinos ont longtemps échoué face notamment à l’opposition de la très influente église orthodoxe.

Ce casino s’inscrit dans le cadre d’un plan gouvernemental pour relancer l’économie de l’île, membre de la zone euro et touchée par une grave crise financière en 2013, avec la création de quelque 2500 postes.

Avec l’ouverture d’un «super-casino», l’île s’attend à 300 000 touristes supplémentaires par an, ce qui développerait encore davantage un secteur touristique en plein essor, fort de plus de trois millions de visiteurs à l’année.

Alimentation

Tendances 2018: puiser dans notre «ADN culinaire»

Pour le chef Jonathan Garnier, de La guilde culinaire, il n’est nul besoin de puiser bien loin pour déterminer les tendances à venir en alimentation : on n’a qu’à regarder chez nous, à puiser dans notre «ADN culinaire», dans nos traditions, pour trouver des outils et des réponses nous permettant de manger mieux.

«On a fait le tour de certaines cuisines exotiques ou fusion. Il est maintenant temps de cuisiner à notre manière, avec ce que la terre offre autour de nous. On a les réponses à nos besoins spécifiques avec des produits locaux, saisonniers, ou encore des coupes de viande “oubliées”, qui sont moins chères», indique M. Garnier, signalant qu’il s’agit d’une façon plus responsable et économique de bien s’alimenter. 

Bien sûr, la diversité dans l’assiette demeure «primordiale», et plusieurs alternatives sont maintenant disponibles pour les gens qui ne mangent pas de viande ou de produits laitiers, notamment. «Les fauxmages sont intéressants, un tempeh bien préparé, ça fonctionne!»

Si la cuisine vegan gagne sans aucun doute en popularité, c’est avant tout le flexitarisme qui est prôné : «la consommation de viande n’est pas un problème, mais il faut mieux la consommer», souligne le chef Garnier. 

Celui qui a cofondé l’école de cuisine La guilde culinaire, à Montréal, constate une évolution dans les habitudes en cuisine : «les gens ne cuisinent pas forcément moins, mais ça dépend du moment». Ceux-ci vont prendre plus de temps la fin de semaine et en faire une activité, tandis que la «corvée» de la semaine est de plus en plus diminuée grâce à des solutions pour gagner du temps, soit les options prêtes à cuisiner ou prêtes à manger. 

«Les paniers préportionnés permettent de réduire le gaspillage alimentaire. Certaines personnes vivent dans de petits appartements, ont des mini-cuisines et doivent partager l’espace… ils ne sont pas obligés de stocker des produits. Ça répond à un manque de temps, d’inspiration et d’espace.»

Buzz noir et cuisine coréenne

Jonathan Garnier signale une «mode» qui est passée inaperçue dans les assiettes québécoises en 2017 : les produits à base de charbon actif. «Je suis surpris qu’on n’ait pas connu cet engouement au Québec, ça ne nous a même pas effleurés. Il y a eu un buzz partout ailleurs chez les glaciers, avec la “crème glacée noire” et les bienfaits associés au charbon actif. Est-ce que ça va venir chez nous ou pas?» se demande le chef.

Si la cuisine de chez nous est à l’honneur, l’influence des Jeux olympiques de PyeongChang devrait toutefois se faire sentir dans nos assiettes. «Il va y avoir une tendance qu’on devra gérer cette année via les Jeux : la cuisine coréenne».  Raphaëlle Plante (collaboration spéciale)

Le chef Jonathan Garnier fait partie d’un panel de 13 experts réuni par la chaîne d’alimentation Loblaw (Provigo) qui a tâché d’identifier ensemble les tendances au menu chez les Canadiens en 2018. Pour en savoir plus :
www.provigo.ca/taste-the-new-next-2018 et goo.gl/giWpag

mode

Milan, capitale de l’élégance... canine

MILAN — Pull en cachemire, manteau gris en laine bouclée... Milan est connue pour être l’une des capitales de la mode. Et aujourd’hui, les fashionistas italiennes peuvent aussi habiller leurs chiens de vêtements sur mesure, assortis à leur tenue.

Ce projet un peu fou est né en février dernier de l’imagination de Giovanna Temellini, une Milanaise de 57 ans travaillant dans la mode depuis un quart de siècle. 

«Tout est né par amour», souligne cette conceptrice et prototypiste, qui donne de son temps pour aider les associations de protection des animaux.

Un soir, dans l’atelier, sa fille lui dit: «Tu fais tellement de petites choses pour tous les chiens... Mais quand il pleut, le mien a les oreilles toutes mouillées».

Le soir suivant, une de ses collaboratrices se présente avec un petit blouson avec deux petites capuches pour les oreilles, assorti à celui de sa fille.

De là naît l’idée d’un atelier de couture sur mesure pour les chiens, «Temellini Dog A Porter», pour leur créer des vêtements assortis à ceux que Giovanna conçoit pour les femmes.

Voyages

L’Albanie perd son aigle

TIRANA — Symbole de l’Albanie, l’aigle pourrait bientôt n’y être aperçu que sur le drapeau national, menacé d’extinction par un braconnage des rapaces illégal mais répandu.

En bord de route nationale, à 30 kilomètres au nord de Tirana, Asllan propose aux automobilistes une buse variable, moyennant 7 à 10 000 leks (82 à 128 dollars). L’espèce est protégée au même titre que l’aigle royal ou les vautours.

Asllan ne s’en préoccupe guère, exhibant l’animal, blessé par balle à une aile et les serres entravées : «Ce n’est pas moi qui l’ai blessé. On me l’a donné à vendre. Des acheteurs voudront le garder dans une cage, dans un bar ou un restaurant». Que ce soit pour les empailler ou les garder captifs, la vente de rapaces a pignon sur rue.

Des quatre espèces de vautours autrefois présentes en Albanie, «il n’en reste qu’une, le vautour percnoptère, avec une population aujourd’hui extrêmement réduite», dit Mirjan Topi, auteur du premier guide des oiseaux d’Albanie.

La menace pèse aussi sur l’aigle royal, dont un spécimen bicéphale frappe le drapeau de ce pays montagneux. Selon les spécialistes, il y en avait entre 100 et 200 couples il y a un quart de siècle dans le pays. Ce chiffre a depuis été divisé par deux, «un déclin dramatique», estime Mirjan Topi.

Empaillés dans les bars

«Il y a 50 ans ou même au début des années 1990, on pouvait le voir à chaque sommet», mais aujourd’hui, «il est en voie d’extinction» en Albanie, renchérit le biologiste Taulant Bino, président de la société albanaise d’ornithologie.

À l’échelle du monde toutefois, l’aigle royal n’est pas considéré comme une espèce menacée de disparition, selon la classification de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Mais en Albanie, l’endroit le plus sûr pour trouver désormais des aigles royaux, ce sont... «les bars, les restaurants ou les hôtels, empaillés», résume Mirjan Topi. Le but est «de décorer les intérieurs pour attirer les clients, au prix d’un spectacle écœurant, offert en violation de la loi, en défi à l’État et aux institutions», s’indigne le spécialiste.

À Orikum (sud), Petrit, la cinquantaine, qui ne veut pas donner son nom, est fier de son aigle acheté environ 600 dollars pour l’exposer dans son bar à côté du drapeau national et d’autres oiseaux empaillés : «C’est de plus en plus rare de trouver un aigle». Les services de l’État ont menacé de fermer son établissement s’il continuait d’exposer son trophée, mais il n’en a cure : «Je suis prêt à payer une amende, mais je veux le garder».

Quant à Edmond, 35 ans, il n’est guère gêné d’être surpris dans les montagnes de Prenisht, à la frontière avec la Macédoine, avec deux cadavres de buses qu’il vient d’abattre. Il refuse de donner son nom et demande à ne pas être dénoncé. Les oiseaux étaient destinés à «décorer (son) bar pour avoir plus de clients», explique-t-il.

Vers une loi plus dure?

L’interdiction de la chasse depuis 2014 a dissuadé une grande partie des quelque 2 à 3 000 chasseurs italiens qui, selon les estimations, auraient tué plus de 150 000 oiseaux dont des centaines de prédateurs au cours de la dernière décennie.

Mais les autorités, sollicitées par l’AFP, reconnaissent l’insuffisance de la répression, la législation ne prévoyant que des sanctions administratives. Selon Ermal Halimi, spécialiste de la question au ministère du Tourisme et de l’Environnement, un durcissement est prévu avec des «peines de prison pour tout délit qui mène à la disparition d’animaux protégés».

Une autre menace, plus insidieuse, pèse sur les rapaces : les carcasses empoisonnées que les bergers déposent pour protéger leurs troupeaux des loups.

«Une seule carcasse suffit à tuer plusieurs rapaces prédateurs s’ils la trouvent avant le loup», explique Nexhip Hysolokaj, spécialiste de l’environnement dans la région d’Orikum. En mars, les cadavres de six aigles et vautours empoisonnés ont été retrouvés dans ce secteur.

Des amendes ne sont jamais délivrées pour cette technique à laquelle les bergers ne semblent pas prêts à renoncer. «Ce sont les brebis qui nous nourrissent, elles font notre fierté, mais le loup les massacre! On n’a pas le choix», dit Sado Xhelili, 83 ans, en surveillant son troupeau.

Voyages

Nager avec d’énormes requins-baleines au nord-ouest du Mexique

LA PAZ — Même si son nom peut faire peur, le grand requin-baleine attire les touristes dans la baie de La Paz au nord-ouest du Mexique, où il est possible de nager aux côtés de ce géant des mers.

«Ce sont des animaux tropicaux, très doux, avec lesquels il est possible de nager, qui vont à une vitesse maximale de 8 km par heure. Ils sont donc très lents et très dociles», explique à l’AFP Fabricio Mujica, qui organise ce genre de rencontres.

À partir d’octobre, lorsque ces requin-baleines (Rhincodon typus) s’approchent du rivage, les touristes affluent et patientent avant de pouvoir embarquer par groupe de dix sur des embarcations, pour ensuite s’approcher de ces monstres inoffensifs qui ne sont pas des cétacés, mais des poissons malgré leur taille imposante.

Ces animaux longs de quelque neuf mètres et pesant environ neuf tonnes, sont d’un tempérament tranquille et craintif.

Les embarcations doivent s’approcher d’eux avec délicatesse, moteurs éteints, pour ne pas les effrayer.

Une fois à l’eau, les touristes reçoivent les instructions de leurs accompagnateurs pour nager à leurs côtés.

«C’est une espèce très sensible aux embarcations et au bruit. Ils ont un odorat extrêmement sensible, ils détectent n’importe quel produit chimique, ou huile, et s’enfuient aussitôt, ce qui est bon, car cela leur permet de survivre», explique Mujica.

«Cette expérience est très difficile à décrire... C’est très spectaculaire», commente Eduardo Rodriguez, un touriste arrivé de Mexico pour venir nager, pour la seconde fois, avec ces requins-baleines.

Ces animaux «offrent un spectacle très singulier, et sans danger, à ceux qui viennent nager auprès d’eux», assure Mujica.

Ces activités d’observation sont régulées au Mexique par le ministère de l’Environnement qui réalise des opérations de surveillance dans le secteur et sanctionne les embarcations qui ne respectent pas les normes établies, destinées à protéger l’espèce.