Alimentation

Distillerie de Québec: mettre un peu d’histoire en bouteille

Discrets avant le lancement de leurs produits à la SAQ, les fondateurs de la Distillerie de Québec parlent aujourd’hui avec fierté du chemin parcouru depuis cinq ans, alors que l’idée de se lancer dans la microdistillation a germé dans la tête de Christophe Légasse et David Lévesque.

Fiers de leur gin Trait-Carré et de leur vodka Cap Diamant, qui «reçoivent un très bon accueil» depuis leur apparition sur les tablettes de la Société des alcools du Québec début juin, le duo ne compte pas s’arrêter là. «On travaille sur un gin vieilli en fût de chêne qui devrait sortir à temps pour les Fêtes. On est aussi en élaboration d’un rhum et d’un whisky, mais c’est beaucoup plus long à produire, car le rhum doit vieillir au moins un an, et le whisky au moins trois ans en barrique», expliquent MM. Légasse et Lévesque.

Le nom donné à leur gin et à leur vodka n’est pas le fruit du hasard, mais reflète plutôt le désir de «faire rayonner la ville». «On veut mettre l’histoire dans la bouteille. Il y a eu des distilleries à Québec après la Conquête, à Québec même, puis à Beauport et à L’Islet», signale David Lévesque. 

Installée dans le parc industriel de Charlesbourg depuis août 2016 — elle partage un entrepôt avec la Brasserie Générale —, la Distillerie de Québec démarre ses opérations à l’hiver 2017. À la suite d’un agrandissement d’ici quelques mois, ses fondateurs comptent proposer la dégustation et la vente sur place de leurs produits, ce qui est permis depuis peu en raison d’un changement dans la réglementation. 

Alimentation

Régal Express

On a goûté: panier de fruits brassicole

Quoi de mieux qu’une bière aux fruits pour se rafraîchir et pour combattre cette chaleur tenace et persistante? Si vous croyez, effectivement, que ce type de liquide est l’antidote parfait, Archibald a la solution pour vous : une gamme fruitée découlant de sa traditionnelle bière blanche, la Joufflue. 

Cette dernière, déjà présente depuis longtemps sur le marché, reproduit sans grand éclat, mais efficacement, ce que doit être une witbier (ou blanche belge). Celle-ci, douce et mélangeant bien les notes de citron et d’orange, est plutôt agréable en bouche. 

Par souci de satisfaire les buveurs avides de nouveautés, la microbrasserie de Lac-Beauport a eu l’idée de lancer trois variantes fruitées de la Joufflue. Vendu en emballage de 12 canettes de 355 ml, le Mix Joufflue devrait satisfaire tout un chacun. 

Tout d’abord, on se laissera séduire par la Joufflue à la framboise, facile à boire, et qui, à ma plus grande surprise, évite le côté sucré du petit fruit rouge. Le résultat, une bière légèrement acide, ne tombe pas dans le piège trop facile de la bière «bonbon» qui vient souvent gâcher certaines bières aux fruits. 

La deuxième variante, celle au fruit de la passion, nous transporte dans un territoire totalement différent : celui des bières sûres. Ce style de bière étant particulièrement populaire ces dernières années au Québec, l’idée est judicieuse. Pour votre humble serviteur qui n’a pas suivi cette vague, l’impression surette est sans doute trop présente, mais force est d’admettre que les amateurs du genre devraient apprécier. 

Toutefois, c’est sans l’ombre d’un doute la troisième variété, celle au citron et basilic, qui m’a procuré le plus de satisfaction. Ici, mes attentes ont été complètement déjouées, dans le bon sens! Alors que je m’attendais à une invasion citronnée — une banalité présente dans plusieurs bières dites «d’été», c’est plutôt le côté herbacé du basilic qui prend le dessus, avec en prime des notes poivrées très appuyées. 

Pas de doute, ce Mix Joufflue remplit son mandat et évite de belle façon les pièges des bières aux fruits sucrées et répétitives. Stéphan Lévesque (collaboration spéciale)

Le Mag

Labyrinthes: perdre le nord

Défi amusant pour les uns, activité angoissante pour les autres… les labyrinthes prennent des allures d’expédition où il faut se creuser les méninges tout en faisant preuve d’un certain laisser-aller… et de patience! Se perdre dans un dédale de chemins qui finissent en cul-de-sac ou qui nous font tourner en rond s’avère une expérience paradoxale, fantasque, à la fois comique et insensée. Bienvenue dans l’univers des labyrinthes!

LE GRAND LABYRINTHE SERVLINKS

On retrouve plusieurs labyrinthes de toutes sortes un peu partout au Québec… mais saviez-vous que le plus grand se trouve à La Pocatière? À Sainte-Anne-de-la-Pocatière, plus précisément. Il s’agirait, selon son concepteur, du plus grand labyrinthe dans un champ de maïs au monde à l’heure actuelle! «Le record Guinness, il a été enregistré en 2014 en Californie, mais depuis, le labyrinthe [conçu par la ferme Cool Patch Pumpkins] est un peu moins grand… ce qui fait que cette année, c’est ici le plus grand!» affirme Luc Pelletier.

Son labyrinthe de 50 acres — soit quelque 20 hectares ou 202 300 mètres carrés — compte environ 8 kilomètres de chemins aménagés de façon «artisanale» par M. Pelletier. Pas de machinerie ici, il trace ses chemins à l’aide d’un taille-bordure — il a commencé à la mi-juin, pour ouvrir les trois quarts de son labyrinthe le 30 juillet (la dernière partie devrait être complétée d’ici la fin de la semaine prochaine, si tout va bien). Le tout est imaginé durant l’hiver précédent, le tracé conçu dans un fichier Excel.

Ouvert tous les jours jusqu’à l’Halloween, le labyrinthe peut aussi être parcouru à la lampe de poche les jeudis, vendredis et samedis soir, pour les plus téméraires. La soirée d’Halloween clôt la saison en beauté — ou en horreur! — avec des monstres qui peupleront le dédale pour donner quelques frissons aux visiteurs.

Alimentation

Les arômes de la Gaspésie sauvage

DOUGLASTOWN — Catherine Jacob et Gérard Mathar cueillent les trésors méconnus de la Gas­pésie et les commercialisent depuis 12 ans. Leurs épices, champignons et algues sauvages, résultats d’années d’essais dans leur propre cuisine, aromatisent les produits d’un nombre croissant de transformateurs.

Après une marche sur la terre des Jacob-Mathar, on ne regarde plus la végétation de la même manière. Dans la cour, M. Mathar nous montre du mélilot, dont les fleurs au parfum de foin coupé, correctement séchées, remplacent la vanille. Plus loin, il pointe un aulne, l’arbuste qui fournit le poivre crispé. Sur le tronc d’un bouleau, M. Mathar désigne un champignon chaga, qu’il garde à l’œil. «J’en coupe un morceau, je regarde comment ça réagit. Je le connais depuis 10 ans!»

Tout ça pousse tout seul, comme l’indique le nom de l’entreprise, Gaspésie sauvage. «Je laisse faire : ça fait des millions d’années que la nature s’arrange toute seule!» lance M. Mathar.

Dans le séchoir de Gaspésie sauvage, Catherine Jacob pèse du myrique baumier pour un client. Des algues fraîches, des pétales de roses et des boutons de marguerite attendent leur livraison dans la chambre froide. À l’étage, le fils aîné, Côme, remplit des pots d’épices à viande rouge. La composition exacte du mélange? C’est un secret. Mais sur l’étiquette, il y a tout ce que l’on a besoin de savoir : «0 % cochonneries».

Non, Gaspésie sauvage n’a pas de certification bio, prévient M. Mathar. «Ça nous coûterait 4000 $ à 5000 $ par année. C’est de la business. Si les gens ne sont pas capables de comprendre que de la cueillette sauvage, c’est mieux que de la mise en culture…»

De la Belgique à la Gaspésie

Le couple originaire de Belgique s’est installé dans la Matapédia en 2005, puis à Douglastown, près de Gaspé, en 2008. La tranquillité les a attirés. «Une région économiquement défavorisée, c’est toujours mieux pour s’installer, parce que c’est écologiquement avantagé. Là où l’homme passe, la nature trépasse, comme disait mon père. On ne sait rien faire de manière douce, c’est l’appât du gain», estime M. Mathar.

La cueillette, «en Europe, on le faisait déjà pour nous. Ici aussi, on l’a d’abord fait pour nous», dit M. Mathar. Si le couple sait comment sécher et apprêter telle plante ou tel champignon, c’est qu’il en a dans sa cuisine. «On les utilise en tout temps et on fait constamment des tests pour voir comment on va les utiliser», rapporte Catherine Jacob.

Mme Jacob désigne ses préférés : «J’adore le curry, un mélange d’épices gaspésiennes dont je me sers tout le temps. Et le mélilot, j’en mets partout : dans les crèmes pâtissières, les gâteaux…»

Mode

Coup d'oeil sur la rentrée

Déjà s’étonneront plusieurs, enfin se réjouiront d’autres, toujours est-il que la rentrée scolaire pointe son nez. Les achats sont nombreux à faire, les choix offerts, infinis. Voici un petit survol (évidemment non exhaustif) de quelques articles indispensables (et abordables) et des styles de la saison.

Airoldi Collection

Vendue dans les magasins Aubainerie (qui regorgent d’ailleurs de vêtements à bas prix pour la rentrée), la collection pour les 3 à 8 ans (filles et garçons) du designer et styliste Jean Airoldi est charmante, avec des vêtements stylés, confortables, et résistants. Cool pour les enfants, abordable pour les parents, c’est oui.

www.aubainerie.com et liste des magasins sur le site

Le Mag

Quoi de neuf?

Des zombies dans Limoilou

Attention! Les zombies envahiront Limoilou les 14 et 15 septembre. Pour sa 14e édition, la Marche des zombies de Québec quittera la haute-ville pour faire peur aux gens réunis au Patro Roc-Amadour. L’événement se déroulera désormais sur deux jours, si bien qu’on parle pour la première fois d’un Zombie Fest. Dès 17h le vendredi, le site apocalyptique pourra être visité. Le lendemain, les lieux seront animés par des ateliers de maquillage et des prises de photos de zombies à partir de 10h. La marche débutera à 18h15 pour culminer vers 19h au Bar Quartier de Lune. En soirée, place à la musique de DJ Kommandandt et à une fête de zombies à faire frissonner. Info : facebook.com/marchezombiesquebec  Daphné Bédard

Plein air

Parc régional du Poisson blanc: îles à louer pour aventuriers

NOTRE-DAME-DU-LAUS — Sur les médias sociaux, les images font rêver. Un chapelet d’îles toutes plus jolies les unes que les autres, baigné par un vaste plan d’eau parfait pour les sports de pagaie. Un attrait virtuel irrésistible qui a propulsé dans la réalité le Parc régional du Poisson blanc haut sur la liste des destinations à visiter de bien des amateurs de canot, de kayak et de surf à pagaie.

Situé à la limite ouest de la région des Laurentides, à une soixantaine de kilomètres au sud de Mont-Laurier et à la frontière avec l’Outaouais, le Parc régional du Poisson blanc est à la fois isolé et en même temps assez près de la civilisation. Suffisamment loin en forêt pour avoir ce petit côté sauvage qui dépayse, mais assez proche pour s’y rendre aisément en voiture, en environ cinq heures à partir de Québec.

Proximité du grand centre oblige, c’est d’ailleurs du côté d’Ottawa et de ses environs que viendrait la grande partie de la clientèle du Parc actuellement, nous a raconté un des souriants et serviables employés sur le terrain. Fondé officiellement en 2008, le Poisson blanc a réellement pris de l’élan à partir de 2012 au moment de l’inauguration du pavillon d’accueil baptisé Le Bastion, un impressionnant chalet en bois qui sert de centre nerveux à l’organisation.

Ce qui fait qu’au moment de planifier un séjour de stand up paddle (SUP) pour les récentes vacances estivales, les magnifiques images d’Instagram du Parc (@parcpoissonblanc) me sont revenues en tête. Sauf que ce séjour a bien failli ne jamais avoir lieu… 

Voyages

Visite de la maison d'été de Roosevelt au Nouveau-Brunswick

À quelques centaines de mètres du Maine, une petite île du Nouveau-Brunswick accueillait chaque été Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis de 1933 à 1945.

Dans le parc international de l’île Campobello, la visite de son manoir d’été de 34 pièces et de deux autres cottages est offerte gratuitement. 

Notre photographe Jean-Marie Villeneuve a appris que le président aimait faire de la voile et de la randonnée dans cette île de pêcheurs. Lui, sa femme Eleanor et leurs cinq enfants se sont liés d’amitié avec les habitants de l’île, qui comptait de nombreux autochtones. 

Le parc est financé et géré conjointement par le Canada et les États-Unis : un pertinent rappel de la grande amitié qui lie les deux pays, en ces temps où les relations entre Trudeau et Trump sont plutôt tendues. 

Plein air

Le festival plein air Basecamp s'amène à la Vallée Bras-du-Nord

BLOGUE / Organisé afin de rejoindre et de regrouper un maximum d'amateurs d'activités de plein air, qu'importe leurs intérêts et leurs compétences, le festival Basecamp se tiendra pour une toute première fois en sol canadien, du 21 au 23 septembre prochains à la Vallée Bras-du-Nord.

Présenté par The North Face depuis deux ans à différents endroits aux États-Unis, le festival Basecamp n'avait pas encore passé la frontière. «On importe le concept au Canada», raconte avec satisfaction Loick Martel-Magnan, un des membres de l'organisation.

Au programme, du vélo de montagne, de l'escalade, du canot et du kayak, de la course en sentier, de la randonnée, sans compter la pratique du yoga et de la slackline.

Au pays, la chaîne de magasins La Cordée s'ajoute comme partenaire de présentation.

«Il existe déjà des événements pour certaines disciplines, mais nous on veut regrouper toutes les communautés de plein air. Des gens de tous les niveaux», précise Martel-Magnan. «On ne veut pas être élitiste, bien au contraire!»

Ce qui fait qu'une attention particulière est portée pour que les néophytes comme les experts y trouvent leur compte. Il sera en effet possible d'y arriver tout équipé pour s'amuser en compagnie de sportifs aguerris qui ont les même intérêts, ou encore de s'y amener pour s'initier à une nouvelle discipline, en format tout inclus.

Alimentation

De grands chefs internationaux rendent un dernier hommage à Joël Robuchon

POITIERS — Des centaines de grands chefs français et étrangers, dont une délégation du Japon, se sont rassemblés vendredi dans la cathédrale de Poitiers pour rendre un dernier hommage à Joël Robuchon, cuisinier le plus étoilé du monde, mort le 6 août à 73 ans.

Souriant, de noir vêtu comme à son habitude, le chef aux 32 étoiles (au sommet de sa carrière), devenu ambassadeur et emblème mondial de la gastronomie française, dominait sur un poster géant la façade de la cathédrale Saint-Pierre.

De grands restaurants et hôtels de Paris ou Monte Carlo avaient fait déposer de somptueuses gerbes, tout comme des anonymes dont l'un avait écrit «À celui qui a éduqué nos papilles».

Les obsèques de Joël Robuchon, qui a succombé à un cancer à Genève, ont eu lieu la semaine dernière dans l'intimité, selon le voeu de la famille, qui voulait aussi rendre un hommage public dans la ville natale de ce chef «affectueusement attaché» à sa région du Poitou (centre-ouest).

Vestes blanches de cuisinier, ou noires des ateliers Robuchon, costumes de deuil, les chefs se sont retrouvés dans cette cathédrale qui domine la ville haute.

Parmi eux, les multi-étoilés Michel Guérard, André Dutournier, Alain Ducasse, mais aussi Jacques Maximin. C'est sa fille, Françoise Bernachon-Bocuse, qui représentait Paul Bocuse, l'autre grand chef français disparu cette année, en janvier.

«Au Panthéon des grandes toques»

«Avec lui j'ai tout réappris, tout recommencé à zéro. Il était un artisan hors pair, un palais d'exception, l'excellence dans la simplicité», a raconté, la voix secouée par l'émotion, le chef Eric Briffard, ancien second de Robuchon.

Une délégation du Japon, un pays dont Joël Robuchon était épris et où il avait ouvert trois restaurants étoilés à Tokyo, était aussi présente. Tout comme son fils franco-japonais Louis Robuchon-Abe.

Hirohisa Koyama, 69 ans, chef japonais avec 5 restaurants à Tokyo et Osaka, collaborait avec Robuchon depuis 30 ans. «À ma connaissance, il est le premier chef français à avoir maîtrisé la sauce soja... Au Japon on nous demande de plus en plus de cuisine française. C'est l'impact de Joël Robuchon. En France je ne sais pas, mais au Japon il est le Dieu de la cuisine française», dit-il en japonais, traduit par sa fille.

Vestes blanches, cols bleu-blanc-rouge: une centaine de titulaires du titre de Meilleur Ouvrier de France, comme l'était Joël Robuchon, étaient aussi présents.

«Très vite, tu as senti et anticipé ce mouvement planétaire autour de la gastronomie. Ton empreinte et ta marque sont indélébiles», a lancé sous les voutes gothiques de la cathédrale le chef français Guy Savoy.

«Joël Robuchon a rejoint Paul Bocuse dans le Panthéon des grandes toques. Il ne dissociait pas une vocation professionnelle d'une vocation spirituelle», a dit du très pieux chef le critique gastronomique Périco Légasse.

L'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, également originaire de la région, a voulu donner une nouvelle impulsion à un projet auquel tenait le défunt: la création d'une école internationale de cuisine dans le Poitou. «Nombreux sont ici les amis, les disciples, prêts à s'impliquer pour donner vie à son rêve», a-t-il lancé.

La présence de Régis Lebrun, PDG du groupe alimentaire Fleury Michon avec qui Joël Robuchon a longtemps travaillé, rappelait aussi le sens des affaires du cuisinier qui avait su ouvrir des restaurants à Las Vegas, Macao ou encore Bangkok.

«Vous nous avez ouvert le chemin, un grand merci à vous. Reposez-vous en paix. On est là!», a lancé sous les ovations Eric Bouchenoire, qui fut le fidèle second de Joël Robuchon pendant une trentaine d'années.

La cérémonie se tenait à quelques centaines de mètres du lieu où la vie de Joël Robuchon avait commencé, dans une maison de la «Grand Rue» où il habitait avec ses parents. Il devait ensuite rejoindre une école cléricale, mais sa découverte de la cuisine l'avait détourné de la prêtrise à laquelle il se destinait.