PECH

Une fabrique de liens citoyens

L’an dernier, en collaboration avec la Ville de Québec et le CIUSSSCN, les services de même que les activités éducationnelles de Pech ont rejoint près de 12 000 citoyens de la ville de Québec. L’organisme intervient en situation de crise psychosociale, en partenariat avec les policiers de la Ville de Québec, 24 heures par jour, sept jours sur sept. Il offre de l’hébergement transitoire, du suivi dans la communauté, du travail de rue, du soutien en logement aux personnes itinérantes ainsi que de l’accompagnement aux personnes judiciarisées. Des activités éducationnelles gratuites axées sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes et leur mieux-être de même que l’accès à une psychiatrie alternative, complètent l’offre de service.

L’expérience de Pech démontre, après plus de 25 années de pratique, que le lien social et la vie citoyenne représentent des piliers du rétablissement des personnes tout aussi important que l’accès aux traitements. Retrouver un sens à sa vie ou renouer avec ses projets personnels passe par un partage d’humanité avec les autres et par la mixité sociale.  Pech offrira cet automne la toute première ruche d’art à Québec, rendant disponible du matériel artistique gratuit sur place aux personnes du quartier désireuses d’expérimenter, de façon autonome ou en groupe, différents aspects de la création artistique.

Pech organise, depuis trois ans, la place publique l’Éphémère, qui se veut un espace citoyen d’ani­mation, d’accompagnement, et parfois de tolérance, auprès des personnes pouvant être en marge de la communauté. Ces personnes, désaffiliées et isolées par leurs problèmes de santé mentale et de toxicomanie, ou de judiciari­sation et d’itinérance, veulent, malgré leurs difficultés, réintégrer la communauté. Cette place publique, sorte de village estival, se veut une proposition originale du «vivre ensemble» qui les inclut et incorpore plusieurs publics : citoyens de Saint-Roch, étudiants, commerçants. Le directeur général de Pech, Benoît Côté, fort de cette expérience citoyenne porteuse, envisage l’ouverture d’une place publique permanente, ouverte 12 mois par année. Pour lui « l’intégration et la filiation font partie du rétablissement des personnes et le défi consiste à favoriser leur inclusion afin de  devenir une ville toujours plus solidaire ».

Les équipes de Pech pensent qu’il est possible de mettre fin à l’itinérance chronique à Québec pour peu que les organis­mes communautaires et les institutions s’arriment davantage à cet objectif et soient mieux financés pour le faire. L’approche Logement d’abord consiste à offrir un logement subventionné à la personne itinérante, l’accompagnement et le soutien dont il a besoin pour se maintenir en logement. Pour Pech, le déploiement de l’approche Logement d’abord, tel que pratiquée par ses équipes et ses partenaires communautaires actuels, conjugué à la consolidation des budgets de prévention de l’itinérance, permettrait de mettre fin à 80% de l’itinérance chronique à Québec d’ici 2029.  

Le directeur général et le conseil d’administration mijotent un projet de santé mentale innovant, qui regroupera, en première ligne, des approches alternatives tant indi­viduelles que de groupe. L’accès à des soins physiques et de santé mentale, basée sur des approches psychocorporelles d’avant-garde guide le projet. De plus, les personnes auraient accès à des groupes de gestion du stress, de gestion autonome des médicaments, de yoga, de res­tauration de l’estime de soi, à des cercles de paroles, de la massothérapie, de l’acupuncture, de l’hypnose.  Ce projet s’inscrit dans une volonté de concertation auprès des familles, des proches, des partenaires communautaires et institutionnels, afin de miser ensemble sur le rétablissement global des personnes plutôt que sur la diminution de leurs symptômes. 

Pour information :
www.infopech.org