Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation

UMQ: 100 ans en mouvement

Entrevue: Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation

  • Madame la Ministre, l’UMQ fête en 2019 son centenaire; que représente aujourd’hui cette institution pour le gouvernement? 

L’UMQ est un partenaire privilégié de mon ministère avec lequel il discute de dossiers sur la place, le rôle, les responsabi­lités et l’administration des municipalités. L’UMQ joue un rôle important de sensibilisation auprès du gouvernement quant aux préoccupations et aux enjeux de ses membres. 

  • Quel regard portez-vous sur le rôle que joue l’UMQ en tant que porte-parole des municipalités? 

L’UMQ regroupe des municipalités de toutes tailles et de toutes les régions qui représentent plus de 85% de la population et du territoire du Québec. Elle doit être à l’écoute des municipalités qu’elle représente et exprimer la volonté de tous les milieux, tant sur le plan culturel, communautaire, économique que social, mais aussi celle des familles, des personnes seules, des aînés, des jeunes… qui ont tous des besoins différents. 

Tout comme le fait mon gouvernement, je crois qu’il est essentiel que l’UMQ, en tant que porte-parole de municipalités, garde constamment au cœur de ses préoccupations l’intérêt des Québécoises et des Québécois. 

  • L’UMQ se veut un partenaire privilégié du Ministère; pourquoi un tel partenariat est-il important? 

Parce que l’UMQ joue un rôle essentiel pour le développement et la prospérité de toutes les collectivités du Québec. Tout comme notre gouvernement, l’UMQ fait du développement et de l’essor économique de nos régions une priorité. 

Dans le contexte actuel, où le milieu municipal se modernise et où les enjeux évoluent sans cesse, des actions communes contribuent davantage à créer des milieux de vie dynamiques qui répondent aux besoins des citoyennes et des citoyens d’aujourd’hui, et ce, dans une vision d’avenir. 

Les municipalités représentent le palier décisionnel le plus près des citoyens. Elles sont donc des témoins privilégiés de leurs préoccupations au quotidien. En ce sens, les nombreux échanges entre mon ministère et l’UMQ nous permettent de nous tenir au fait de ces préoccupations. Nous pouvons ainsi être en mesure de mieux anticiper les enjeux et les défis auxquels la population et les municipalités auront à faire face au cours des prochaines années. 

  • Depuis 2017, les municipalités sont considérées comme des «gouvernements de proximité»; en quoi cette évolution est-elle un tournant important dans les rapports entre le gouvernement provincial et les municipalités? 

Le gouvernement du Québec reconnaît l’autonomie, la responsabilisation et l’imputabilité municipale. La reconnaissance des municipalités en tant que gouvernements de proximité s’est accompagnée d’un changement de vision. Fondées d’abord sur un mandat de contrôle et de surveillance, les relations entre le gouvernement et les municipalités se sont transformées. Elles reposent à présent sur un partenariat qui s’appuie sur l’accompagnement et le soutien offert aux municipalités dans la réalisation de leur mission. 

Dans cette optique, nous devons avoir le réflexe de con­sulter les municipalités avant d’adopter ou d’implanter des initiatives qui les concernent. Cela favorise une meilleure prise en compte de la diversité des municipalités et permet de mieux adapter les politiques publiques aux besoins et aux réalités des collectivités. 

Aujourd’hui, les politiques, les programmes et les initiatives gouvernementales se sont transformés et sont axés davantage sur la proximité des collectivités. 

  • La négociation d’un nouveau pacte fiscal est au menu; comment voyez-vous cet enjeu majeur pour l’autonomie des municipalités? 

C’est un dossier prioritaire pour moi. Je souhaite que nos engagements financiers reflètent les besoins des municipalités et des citoyens. Pour ce faire, nous travaillerons de concert avec nos divers partenaires. 

Nous avons toujours l’objectif de transférer l’équivalent d’un point de TVQ aux municipalités. Je crois que nous arriverons à une entente dont les mesures de soutien et les outils économiques et fiscaux permettront à l’ensemble des municipalités de relever les défis auxquels elles doivent s’attaquer, tout en tenant compte des attentes de la population. 

Ce transfert concrétise également notre vision des muni­cipalités comme véritables gou­­vernements de proximité et qui sont les plus aptes à prendre des décisions au diapason des besoins de leurs citoyens. Nous considérons les municipalités comme des partenaires de premier plan et nous reconnaissons l’expertise locale et la fine connaissance des enjeux quotidiens qui se développent au sein de ces territoires.