La fourrure

Plus de 400 ans de fourrure à Québec

De la traite des fourrures de l’époque de la Nouvelle-France jusqu’à la création de vêtements au design novateur et fantaisiste, l’industrie de la fourrure a toujours fait partie intégrante de l’histoire du Québec, plus particulièrement de celle de la ville de Québec.

L’histoire de la fourrure à Québec est plus actuelle que jamais. Retracée dans l’ouvrage ­marquant le 150e anniversaire du magasin Laliberté lancé plus tôt cette ­année et rédigé par l’historien Jean-Marie Lebel, elle est aussi au cœur de la nouvelle exposition présentée au Musée de la civili­sation : De trappeurs à entre­preneurs : 4 siècles de commerce à Québec. Cette exposition rappelle que la fondation de la ville de Québec est née et a ­survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Ce sont plus de 25 millions de peaux de castor qui ont transité par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

Du poste de traite de la Nouvelle-France, le marché de Québec s’est véritablement développé par la suite avec l’apparition des premiers tanneurs et des maîtres tailleurs de fourrure. C’est que l’industrie de la fourrure a connu ses heures de gloire dans la région. Au 19e siècle, plusieurs entreprises se spécialisant dans la transformation de la fourrure et dans son commerce ont vu le jour. C’est le cas de J.B. Laliberté, de la Compagnie Paquet et de Fourrures Prémont, pour ne nommer que celles-ci. Une chapelière sur la rue de Buade, qui reviendra plus tard Holt Renfrew, a aussi attiré bon nombre de clients en devenant le fournisseur officiel de fourrures pour la reine Victoria. 

Un commerce faste

Le traditionnel commerce des peaux s’est alors transformé en celui du vêtement de fourrure, dont la confection s’est raffinée au fil du temps. Ces entreprises locales contribuent à l’enrichissement de la région et à faire croître sa réputation. Les gens viennent de partout pour acheter leurs confections de fourrure. 

Or, après des années fastes, l’industrie de la fourrure a connu des moments difficiles à la fin du 20e siècle, non seulement dans la région de Québec, mais aussi partout au pays. La concurrence mondiale, le prix élevé des peaux et la mauvaise presse faite à la fourrure ont eu raison de plusieurs fabricants et détaillants qui ont dû fermer leurs portes.

Holt Renfrew

Le retour de la fourrure

Mais cette industrie liée au patrimoine n’a pas dit son dernier mot : la fourrure effectue un retour en force ces dernières années. Deux facteurs peuvent l’expliquer : les techniques de confection, à la fine pointe de la technologie, proposent des coupes et des styles plus audacieux, colorés, et des vêtements plus légers, plus faciles à porter. Aussi, portée à bout de bras par le Conseil canadien de la fourrure (CCF), les campagnes prônant la fourrure comme matière authentique et écologique se multiplient.  

Contrairement aux matières ­synthétiques utilisées dans la fabrication des fausses fourrures, les peaux véritables ne contien­nent aucun procédé pétrochimique nuisible à l’environnement. Durables pendant plusieurs décennies, les fourrures de qualité peuvent être remodelées, recyclées et réutilisées à plusieurs fins. Elles seront d’ailleurs biodégradables lorsque leur durée de vie sera épuisée. 

Quoi voir ? Exposition De trappeurs à entrepreneurs. 4 siècles de commerce à Québec présentée au Musée de la civilisation, en collaboration avec la Chambre de commerce de Québec, jusqu’au 28 octobre 2018.