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Industrie de la construction au Québec : place à la relève et place aux femmes !

L’industrie de la construction représente un acteur clé dans le développement économique du Québec. Plus de 153 000 personnes ont exercé un métier ou une occupation liés à la construction en 2016, sans compter les employeurs et les nombreux fournisseurs de matériaux et de services. En outre, les plus récentes statistiques évaluent à plus de 46 milliards de dollars les dépenses annuelles enregistrées dans ce secteur. En raison du vieillissement de la main-d’œuvre, des départs à la retraite et du roulement de personnel, on estime que l’industrie de la construction devra faire appel à environ 8500 nouveaux travailleurs par année pour répondre aux besoins de remplacement.

« Les perspectives d’emploi dans les métiers et occupations de la construction sont encourageantes aussi bien pour les finissants des écoles professionnelles et les jeunes que pour les femmes et les hommes intéressés par une carrière dans l’industrie », explique Audrey Murray, vice-présidente du service à la clientèle et du développement à la Commission de la construction du Québec (CCQ). « Si on regarde seulement les travailleurs âgés de 55 ans et plus, il faudra remplacer annuellement de 1500 à 3000 départs. Or, les départs à la retraite ne sont pas l’unique facteur pour expliquer le roulement de personnel. Au final, les besoins de recrutement de l’industrie s’élèvent à 7 % par année. »  

Afin d’évaluer les besoins en diplômés de chacun des métiers de l’industrie de la construction, la CCQ procède à une vaste consultation auprès de quelque 250 repré­sentants patronaux et syndicaux siégeant aux 26 différents sous-comités profes­sionnels regroupés sous son égide. En 2017, cet exercice a amené l’industrie à estimer qu’elle aurait besoin annuellement d’environ 5000 travailleurs diplômés, et ce, de 2018 à 2021. Les capacités de formation sont suffisantes pour satisfaire la demande.

Métiers en demande

À court et à moyen termes, les travailleurs de la relève auront accès à bon nombre d’emplois dans les différents domaines de la construction, notamment dans le secteur du génie civil et de la voirie. On note également des perspectives professionnelles intéressantes pour des métiers tels que mécanicien d’ascen­seur, poseur de revêtements souples et scaphandrier (plongeur professionnel). « Pour plusieurs autres métiers, cependant, les pers­pectives d’emploi demeurent plutôt bonnes, même si elles seront plus affectées par les perspectives économiques à la baisse qui sont attendues à moyen terme dans l’industrie de la cons­truction. », précise Audrey Murray.

Conditions de travail très avantageuses

Les employés du monde de la cons­truction gagnent bien leur vie ! Le salaire horaire varie de 17,21 $ à 42,41 $. De plus, ils profitent d’une couverture d’assurance étendue, d’un régime de retraite avantageux et d’incitatifs financiers pour se recycler et se perfectionner. « L’indus­trie de la construction offre des conditions de travail très avantageuses et rarement égalées par d’autres indus­tries. Des horizons prometteurs se dessinent pour les travailleurs de la relève », affirme Audrey Murray.

Favoriser la présence des femmes

Par ailleurs, la Commission de la construction du Québec et ses partenaires travaillent en étroite collaboration afin d’accroître la présence des femmes dans l’in­dustrie. Une série d’initiatives
ont été mises en œuvre grâce au Pro­gramme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la cons­truction (PAEF) 2015-2024. Lancé au printemps 2015, ce programme contient des mesures dont l’accès prioritaire à la formation, l’accès facilité à l’industrie, et l’intégration et le maintien sur les chantiers, qui visent à porter à 3 % le pourcentage de femmes dans la construction d’ici 2018.

« Les bilans des deux premières années de réalisation du PAEF ont montré des effets tangibles. La proportion des femmes diplômées dans les centres de formation se maintient avec 4,7 % des personnes diplômées l’année dernière. Seu­lement en 2016, on compte 208 femmes de plus qui travaillent sur les chantiers, et les six premiers mois de l’année 2017 ont vu l’arri­vée d’autant de femmes dans l’industrie que durant toute l’année 2016. » Actuellement, le pourcentage des personnes de sexe féminin dans l’industrie s’élève à 1,62 %, en hausse constante depuis une dizaine d’années. Sur un total de 153 700 emplois dans l’industrie de la construction au cours de la dernière année, 2494 emplois étaient occupés par des femmes.

La mixité en chantier

La CCQ a également mis sur pied la campagne d’information La mixité en chantier afin de faire évoluer les mentalités à l’égard de la place des femmes dans la construction. « La valeur d’une personne devrait toujours être établie en fonction de sa compétence à effectuer son travail et non en fonction de son sexe. Femme ou homme, c’est la compétence qui compte », mentionne Audrey Murray. La CCQ appuie aussi Chapeau, les filles !, qui fait la promotion des métiers traditionnellement masculins auprès des femmes. Enfin, la CCQ a créé le Service d’ac­compagnement pour l’intégration des femmes dans l’industrie de la construction. « Le secteur de la construction a beaucoup de métiers de qualité à offrir. Les femmes ont toutes les raisons de s’y intéresser », conclut Audrey Murray.