Projets résidentiels

Le marché de Québec toujours à contre-courant

Pendant près de 10 ans, alors que le marché de la cons­truction vivait des hauts et des bas au Québec, le marché de la Capitale-Nationale continuait sa progression, contre vents et marrés. La région de Québec a même traversé la crise économique mondiale de 2008-2009 sans presque ralentir sa cadence, poussée par son faible taux de chômage.

Maintenant que la province au grand complet traverse une période de grande prospérité, que son taux de chômage est au plus bas et que l’industrie de la construction tourne à plein régime, la région de Québec fait toujours aussi bonne figure sur le plan économique. Par contre, le marché de l’immobilier et, par extension, celui de la construction résidentielle passent à travers une phase de réajustement nécessaire.

Premier recul des prix

Ainsi, depuis le début de l’année, le prix des résidences est à la baisse dans la grande région de Québec, certaines maisons se vendant même sous le prix de l’évaluation municipale. Paul
Cardinal, directeur de l’analyse de marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), estime que le marché de Québec tend à se rééquilibrer après des années de forte progression. Selon bien des analystes, ce réajustement était nécessaire pour éviter une bulle immobilière semblable à celle que vivent les marchés de Toronto et de Vancouver.

Dans le cas des copropriétés et des immeubles locatifs, la baisse serait plutôt attribuable à une augmentation de l’offre. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le nombre de mises en chantier de logements locatifs neufs a atteint des niveaux record en 2015 et 2016. Au cours de ces deux années, la région s’est enrichie de 2500 nouveaux appartements, alors que la moyenne annuelle est autour de 1300 unités. En 2017, on en dénombre déjà presque autant. Résultat, le taux d’inoccupation dans les immeubles locatifs récemment construits est passé de 4,8 à 8,4 %. 

Les bébé-boumeurs dictent le marché

Le marché risque de prendre quelques années à se redresser. Le seul segment du marché locatif qui se porte bien est celui des résidences pour personnes âgées. On s’attend à ce que l’offre continue de s’accroître au cours des deux prochaines années dans ce segment de marché, en raison de l’augmentation prévue du nombre de personnes âgées de 75 ans et plus. Plusieurs
projets de résidences ont déjà été annoncés depuis le début de l’année, notamment par le Groupe Maurice et Logisco. 

La bonne nouvelle est que les prévisions économiques sont favorables et que la situation de plein emploi que nous vivons actuellement restera au beau fixe pour les prochaines années en raison des nombreux départs à la retraite. Reste à voir si les prochaines augmentations des taux d’intérêt qui sont à prévoir pour contrer l’inflation auront un effet dissuasif sur les acheteurs de première maison, qui sont déjà pénalisés par le resserrement des règles hypothécaires. L’avenir nous le dira !