Contenu commandité

Santé

Un cas de rougeole signalé à Québec

Un cas de rougeole, le premier depuis 2015, a été déclaré au cours des derniers jours à Québec, rapporte le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

L’infection aurait été acquise par une personne adulte lors d’un voyage en Asie. Celle-ci aurait été contagieuse entre le 24 mai et le 1er juin derniers, précise le CIUSSS dans un communiqué diffusé lundi.

«Durant cette période, la personne a notamment consulté à l’urgence de l’Hôtel‐Dieu de Québec les 30 et 31 mai 2019. La Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale‐Nationale travaille activement, en collaboration avec le CHU de Québec‐Université Laval, à joindre toutes les personnes ayant pu être exposées au cas et à leur donner les directives et conseils de santé appropriés. Les milieux de soins de la région ont aussi été avisés de rehausser leur vigilance face à la rougeole», écrit l’établissement. 

En entrevue au Soleil, le Dr Nicolas Brousseau, médecin-conseil à la Direction régionale de santé publique, a indiqué que près de 200 personnes ont jusqu’ici été contactées. «Il s’agit des proches de la personne, de patients et de membres du personnel de l’Hôtel-Dieu de Québec», a-t-il précisé.  

Selon le CIUSSS, «il n’y a aucune évidence de transmission de l’infection dans la région pour le moment», la personne infectée n’ayant pas fréquenté de lieux publics avant de se rendre à l’hôpital. L’établissement rappelle du reste que la couverture vaccinale contre la rougeole est d’environ 95 % dans la Capitale‐Nationale, et que la probabilité de transmission reste donc limitée. «La rougeole ne circule pas librement dans la région, réduisant ainsi les risques de transmission», souligne-t-il.

Toutes les personnes nées avant 1970 sont considérées immunisées contre la rougeole parce qu’elles y ont été exposées, et toutes les personnes nées après 1970 ont été vaccinées, résume le Dr Nicolas Brousseau. 

Plus de cas à Montréal

Dans la grande région de Montréal, ce sont sept cas de rougeole qui ont été enregistrés depuis le début de l’année. Cinq des personnes malades ont acquis le virus à l’extérieur du pays, alors que les deux autres l’ont contracté après avoir été en contact avec une personne infectée arrivant de l’extérieur.

Jusqu’ici, outre les deux épidémies de 2011 (776 cas) et de 2015 (159 cas, dont la grande majorité étaient issus d’une communauté religieuse non vaccinée), on enregistrait au Québec depuis 2001 entre 0 et 4 cas de rougeole par année. Dans la plupart des cas, la maladie est acquise à l’étranger, dans des pays où la rougeole est endémique, souligne le ministère de la Santé sur son site internet.

Très contagieuse, la rougeole se transmet par les sécrétions respiratoires d’une personne qui tousse ou qui éternue. Elle débute par une fièvre élevée et une atteinte de l’état général, puis par l’apparition de plaques rouges sur le visage et éventuellement l’ensemble du corps. L’infection est souvent accompagnée d’une toux, d’un écoulement du nez et d’une conjonctivite. Elle peut entraîner de graves complications comme la cécité, l’encéphalite ou des infections respiratoires aiguës (une pneumonie, par exemple).

SANTÉ PUBLIQUE

Opioïdes: la stigmatisation, un effet indésirable

Le recours aux opioïdes d’ordonnance est parfois nécessaire pour les personnes souffrant de douleur chronique. Malheureusement, ces substances ont mauvaise presse, ce qui a des répercussions chez de nombreux patients aux prises avec de la douleur. Honte, stigmatisation, isolement: la situation actuelle pose un réel problème.

Pourquoi avoir recours aux opioïdes d’ordonnance?

En plus d’être un traitement de première ligne pour atténuer la douleur aiguë et un outil incontournable pour réduire la douleur cancéreuse, les opioïdes médicamenteux sont fréquemment employés pour traiter aussi la douleur chronique. Utilisés à bon escient selon la posologie, ils permettent de calmer les crises de douleur intense et contribuent à améliorer la qualité de vie des patients. Souvent prescrits sur une longue période de temps pour gérer la douleur chronique non cancéreuse, les opioïdes s’intègrent généralement dans une stratégie globale de traitement de la douleur.

La stigmatisation des patients                      

La plupart des patients souffrant de douleur chronique non cancéreuse et ayant recours aux opioïdes les utilisent judicieusement. Or, dans le contexte actuel où le sujet des opioïdes est sur toutes les lèvres en raison de l’augmentation des surdoses qui leur sont associées, un sondage publié par le Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Montréal démontre qu’un patient sur cinq se dit victime de stigmatisation. À force de devoir faire face aux préjugés et de ressentir le besoin de se justifier, plusieurs patients ont affirmé éprouver de la honte et de la culpabilité, ajoutant ainsi une souffrance de plus à leur liste de symptômes.

Les préjugés entraînent l'isolement

Les mesures restrictives, la méconnaissance du grand public et la stigmatisation des patients ont fait en sorte que la prise d’opioïdes est devenue un sujet tabou. Certaines personnes souffrant d’une maladie chronique décident alors de ne pas informer leurs proches qu’elles prennent des opioïdes, de cesser la médication par peur d’être jugées, ou même de se tourner vers le marché noir... où le danger les guette. Fabriqués clandestinement, les opioïdes trouvés sur le marché noir ne sont en effet pas sécuritaires, et ceux qui y ont recours s’exposent à un risque accru de surdose potentiellement fatale.

Plan d’action en cas de surdose

À un moment où on souhaite plus que jamais prévenir les surdoses d’opioïdes, il serait nécessaire de faire tomber les préjugés envers les personnes qui en consomment. Une consommation non stigmatisante est une consommation sécuritaire qui se fait en présence d’autres personnes ou lorsque les proches en sont informés afin de limiter les risques de décès en cas de surdose.

Chaque utilisateur d’opioïdes devrait avoir en sa possession de la naloxone injectable ou intranasale, un antidote spécifique aux opioïdes, afin que celle-ci puisse être administrée par quelqu’un de son entourage. La naloxone est offerte gratuitement dans les pharmacies et auprès de certains organismes communautaires du Québec.

Santé publique

Les opioïdes d'ordonnance: à utiliser avec précaution

Avec la crise des opioïdes qui sévit, particulièrement dans l’Ouest canadien, la couverture médiatique entourant ce sujet donne une piètre figure à ces médicaments pourtant fort utiles dans le traitement de la douleur. Il est important malgré ce contexte de ne pas oublier que les opioïdes d’ordonnance, utilisés adéquatement à des fins thérapeutiques, demeurent indispensables chez certains patients souffrant de douleur aiguë, cancéreuse ou chronique.

Les opioïdes, c’est quoi exactement?

Les opioïdes sont des médicaments d’ordonnance aux propriétés analgésiques qui peuvent aussi procurer un effet euphorisant. Ils agissent sur les neurotransmetteurs du cerveau responsables du contrôle de la douleur. La famille des opioïdes est grande, on y retrouve par exemple l’oxycodone, la morphine, l’hydromorphone, le fentanyl et la codéine.

Un traitement de choix pour de nombreux patients      

Les opioïdes sont un traitement efficace pour atténuer la douleur des patients causée par un cancer, une intervention chirurgicale, un accident ou une blessure importante. Chez les patients atteints de douleur chronique non cancéreuse, comme les maux de dos et les symptômes liés à l’arthrose, les opioïdes constituent un choix de deuxième intention. Il existe d’autres types de traitements à explorer en amont avant d’y avoir recours. En tout temps, la prise d’opioïdes en cas de douleur chronique devrait faire partie d’une stratégie globale de gestion de la douleur et être jumelée à des traitements complémentaires, comme la physiothérapie et les soins interdisciplinaires.

Utilisés adéquatement selon la posologie, les opioïdes présentent un risque limité de dépendance et de surdose. La vigilance reste toutefois de mise, autant chez les patients que chez les médecins. Plusieurs facteurs sont à prendre en considération, comme la prise d’alcool pendant le traitement qui accentue ces risques ou la combinaison avec d’autres médicaments pouvant interagir de façon négative. Pour éviter toute complication, mieux vaut donc aborder la question ouvertement avec les professionnels de la santé et aviser votre médecin ou votre pharmacien si vous observez un changement dans votre état de santé mentale ou physique pendant la prise d’opioïdes.

Quand le marché noir s’en mêle      

Il arrive que, chez certains patients, la posologie prescrite ne soulage pas entièrement la douleur ressentie, les poussant ainsi à rechercher de nouvelles façons de se procurer des opioïdes, dont l’achat de ces médicaments sur le marché noir. Cette situation peut être exacerbée si la personne a des problèmes de santé mentale ou vit une situation psychosociale difficile.

Or, le recours aux opioïdes du marché noir peut avoir de graves conséquences sur la santé. Utilisés de façon abusive ou non encadrée, ils peuvent créer une dépendance et même mener à une surdose accidentelle.

De plus, la composition des opioïdes trouvés sur le marché noir n’est jamais connue. Fabriqués dans des laboratoires clandestins, certains peuvent contenir des doses fatales de fentanyl ou d’autres substances dangereuses.

5 signes courants de surdose d’opioïdes

  • Étourdissements et confusion
  • Somnolence extrême ou incapacité à se réveiller
  • Difficultés respiratoires
  • Lèvres et ongles bleus
  • Aucune réaction au bruit ou à la douleur

Si vous croyez être en présence d’une personne victime d’une surdose, appelez le 9-1-1.

La prévention: une responsabilité collective

Même si le Québec est la province la plus épargnée par la crise des opioïdes jusqu’à présent, les données montrent que les décès attribuables aux intoxications par opioïdes y sont en hausse. Il est donc essentiel de miser sur la sensibilisation et sur l’éducation auprès de toute la population.

Si votre médecin vous a prescrit des opioïdes, assurez-vous de lui avoir fourni vos antécédents médicaux complets. Respectez toujours la posologie, rangez vos médicaments dans un endroit difficilement accessible par les autres, et surtout, n’offrez jamais un comprimé à un proche. Une fois vos médicaments périmés, rapportez-les à la pharmacie. Enfin, si vous sentez que la posologie recommandée n’est plus suffisante pour soulager votre douleur, parlez-en à un professionnel de la santé sans tarder.

Il est également important d’informer votre entourage de votre consommation d’opioïdes afin d’obtenir son soutien en cas de besoin. Aussi, savoir intervenir en cas de surdose et administrer de la naloxone (un antidote spécifique aux opioïdes) peut être un atout.