Le modérateur Michael J. Bell de Korn Ferry et Javier Suarez, président exécutif de Jetlines

Routes Americas 2019

Les compagnies aériennes à bas prix à l’assaut du marché canadien... YQB dans la mire

Jusqu’à tout récemment, le Canada était l’un des rares pays dans le monde qui n’était pas desservi par des transporteurs aériens à bas prix (low-cost carrier). Cette situation est toutefois en train de changer avec la création de Swoop, filiale de Westjet, l’été dernier, et l’arrivée prochaine de Jetlines, qui offrira ses premiers vols au cours de l’année.

Hier, lors de la deuxième journée du forum Routes Americas 2019, le modérateur Michael J. Bell s’est entretenu avec les dirigeants de ces deux nouvelles compagnies aériennes, qui entendent bien se tailler une place dans le marché canadien. Leur principal atout: un prix qui défie toute concurrence.

Récemment nommé président exécutif de Jetlines, Javier Suarez a souligné le fait que deux transporteurs aériens détiennent présen­tement à eux seuls 80% du marché canadien. «C’est une situation plu­tôt unique, a-t-il indiqué. Il y a donc de la place pour de nouveaux joueurs. Au Mexique, où j’étais à l’emploi de VivaAerobus, les transporteurs à bas prix sont majoritaires.»

Québec dans les plans

Si le siège social de Jetlines est situé à Vancouver, la compagnie aérienne compte rapidement s’attaquer au marché québécois. Peu de  temps après l’entrevue, Jetlines signait avec l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec une entente de principe pour offrir des vols nationaux et internationaux à bas prix à partir de Québec.

Dès 2020, le transporteur souhaite desservir le marché montréalais en offrant des vols intérieurs et vers le sud. «Les Canadiens sont impatients de pouvoir profiter de vols à faible coût, soutient le pré­sident de Jetlines. Ce n’est pas pour rien que plusieurs d’entre eux se rendent à Plattsburgh pour prendre l’avion à destination des Caraïbes.»

Retenu à Calgary en raison de la tempête, Steven Greenway, président de Swoop, a pris part au débat par téléconférence. Il a imputé le faible nombre de transporteurs aériens dans le paysage canadien aux coûts d’opération très élevés  et des grandes distances à parcourir pour une population relativement petite. «Nous parvenons à garder nos frais d’opération bas en offrant des vols plus courts mais avec plus de départs, a-t-il expliqué. La plupart de nos vols durent de trois à quatre heures, le plus long fait six heures.»

Des prix alléchants

Il faut dire que les prix offerts sur le site de Swoop pour des vols inté­rieurs sont des plus concurrentiels. À peine 59$ pour un aller simple entre Winnipeg et Hamilton ou encore 69$ entre Hamilton et Halifax. À ce prix-là, ça coûte moins cher que d’y aller en autobus.

On ne connaît pas encore les tarifs qu’exigera Jetlines pour les mêmes destinations mais, s’il faut en croire Javier Suarez, ils seront les plus bas sur le marché.