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Routes Americas 2019

Les avantages du centre de prédédouanement pour les voyageurs

Selon un sondage SOM, 95 % des résidents de la région de Québec se disent très ou assez favorables à l’installation d’un centre de prédédouanement américain à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB). Cet appui una­nime de la population n’a rien de surprenant, considérant les avantages que cette infrastructure apportera à la population.

Pour les voyageurs qui prennent un vol direct de Québec vers un aéroport des États-Unis, cela signifie beaucoup plus de liberté et beaucoup moins de tracas. Toutes les mesures de contrôle, y compris les fouilles de sécurité, se font avant le départ. «Dès que vous passez le poste de prédédouanement, c’est comme si vous étiez en territoire américain, explique Gaëtan Gagné, président et chef de la direction de YQB . Si vous ou une personne qui vous accompagne est refusée, cela entraîne aussi beaucoup moins d’impacts négatifs, car vous n’avez pas à prendre le prochain vol pour retourner à la maison.»

Lorsqu’un avion dont les passagers ont été prédédouanés atterrit aux États-Unis, il n’est pas considéré comme un vol international mais comme un vol intérieur. Les passagers n’ont pas à repasser par le poste de douane, pas plus que leurs bagages, ce qui accélère grandement le processus, surtout lorsque vous avez une correspondance.

De nouvelles destinations directes

Présentement, l’Aéroport international Jean-Lesage offre des vols réguliers vers cinq grandes villes américaines, à savoir Chicago, Fort Lauderdale, Miami, New York (Newark) et Philadelphie, qui possèdent toutes des infrastructures douanières. Grâce au futur centre de prédédouanement, les compagnies aériennes pourront offrir des vols directs vers d’autres aéroports américains qui ne disposent pas de centre de contrôle douanier ou dont les services douaniers ne fonctionnent que durant des heures limitées en semaine. On peut penser à une ville telle que Washington D.C. avec l’Aéroport nationale Ronald-Reagan. Au total, ce sont environ une centaine de destinations potentielles qui pourraient être desservies à partir de YQB.

Pour la communauté d’affaires de Québec, le centre ouvre les portes de nouveaux marchés, notamment pour l’exportation de marchandises prédédouanées. D’ailleurs, une quarantaine d’entreprises, qui figurent parmi les chefs de file de leur secteur respectif, ont appuyé unanimement le projet de centre de prédédouanement. 

À l’heure actuelle, il existe des centres de prédédouanement américains dans huit aéroports du Canada, dont l’Aéroport Pierre-Élliot-Trudeau. Avec la construction du centre de prédédouanement de Québec, il ne sera plus nécessaire de se rendre à Montréal pour profiter de tous ces avantages.

Routes americas 2019

Les plateformes en ligne révolutionnent le monde du voyage

Imaginez si une seule et même compagnie possédait Amazon, Google, Paypal, Youtube, Expedia et d’autres sites web majeurs. Impossible, direz-vous ? C’est pourtant le cas du Groupe Alibaba, une société chinoise fondée en 1999 par Jack Ma. Outre AliExpress, que la plupart des Nord-Américains connaissent pour le commerce en ligne, le géant asiatique peut compter, entre autres, sur son propre service de paiement sécurisé (Alipay), son site d’hébergement vidéo (Youku) et son agence de voyage en ligne (Fliggy).

Fliggy

Auparavant connue sous le nom d’Alitrip, Fliggy compte présentement 270 millions d’utilisateurs enregistrés et rassemble 35 fournisseurs de voyages, qui ont toute la flexibilité pour offrir des promotions aux membres. «La principale force de Fliggy est le big data, c’est-à-dire les mégadonnées sur les utilisateurs qui fréquentent les sites du Groupe Alibaba», explique Raphaël Lanfant, directeur des partenariats stratégiques pour le groupe. 

Ces précieuses données permettent aux compagnies aériennes, aux hôtels et autres clients de Fliggy de mieux cibler les clients selon leurs intérêts et leur profil, mais aussi de faire du reciblage afin de les solliciter à nouveau sur les autres sites du groupe et même leur offrir un programme de loyauté en convergence. «Les utilisateurs peuvent accumuler les points plus rapidement en additionnant tous ceux des commerces participants , ajoute-t-il.

Fliggy n’a pas de projet de conquérir le marché nord-américain, qui est déjà bien desservi par Expedia, en offrant ses services de réservation en ligne aux consommateurs du Canada et des États-Unis. Elle souhaite par contre convaincre des hôtels occidentaux de s’afficher sur sa plateforme pour rejoindre les 140 millions de voyageurs internationaux chinois qui atteindront 220 millions d’ici dix ans.

Hopper

Avec 150 000 nouvelles réservations de voyage par jour, l’application Hopper n’a pas la prétention de vouloir concurrencer des géants comme Expedia et Fliggy… du moins pas pour l’instant. Toutefois, l’agence de voyage en ligne basée à Montréal gagne constamment du terrain avec sa technologie de rupture.

Au lieu de vouloir vous vendre un voyage immédiatement, Hopper vous suggère de patienter jusqu’à ce que le prix soit à son plus bas et vous avise au moment opportun à l’aide d’une notification sur votre téléphone cellulaire. Hopper se targue de prévoir les prix avec une précision de 95% jusqu’à un an à l’avance. «Notre application a été téléchargée par 32 millions d’utilisateurs jusqu’à présent et 25% de nos ventes sont faites à l’international», explique Dakota Smith, responsable de la croissance et des affaires pour Hopper.

L’efficacité de l’application tient de la connaissance des préférences du client et de son degré de flexibilité. «Environ 52% des voyageurs sont flexibles soit au niveau des dates et de la durée du voyage soit au niveau de la destination, mentionne-t-il. À l’aide d’un questionnaire, nous pouvons leur faire des recommandations personnalisées. La plupart des utilisateurs consultent Hopper tous les quatre ou cinq jours et continuent de le faire après leur voyage.»

Résultat, 40% d’entre eux sont susceptibles d’acheter un autre voyage qu’ils n’avaient pas prévu à la suite des suggestions de Hopper.

Routes Americas 2019

Le Canada veut reprendre sa place dans le top 10 des destinations touristiques

La neige n’a pas empêché la ministre canadienne du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, de venir s’adresser aux congressistes des quatre coins de l’Amérique présents lors de la seconde journée du forum Routes Americas 2019 au Centre des congrès de Québec. Elle a d’ailleurs qualifié «d’or blanc» cette ressource naturelle recherchée par les touristes.

«En 2017, le conseil consultatif du ministre des Finances, Bill Morneau, a identifié le tourisme comme un des secteurs clés de l’économie canadienne», a précisé celle qui a hérité du ministère du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie en juillet. «Depuis quelques années, le nombre de touristes qui visitent le Canada est en constante hausse. Malheu­reu­sement, notre part des revenus touristiques mondiaux a diminué. En 2000, nous étions dans le top 10 des destinations touristiques internationales, mais nous avons glissé au 18rang depuis.»

Une tournée pancanadienne

Lors de sa nomination l’été dernier, Mme Joly avait indiqué que le ministère du Tourisme avait une vocation économique. À peine quelques mois plus tard, elle mettait en place un comité consultatif présidé par l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna. Le comité compte aussi dans ses rangs l’ancien ministre des Finan­ces du Québec, Raymond Bachan, et l’ancienne ministre québécoise et canadienne, Liza Frulla. Une tournée de consultation nationale, qui s’est amorcée cet automne, mènera à l’adoption d’une nouvelle stratégie canadienne en matière de tourisme à l’été. 

«Notre objectif est de reprendre notre place dans le top 10 des destinations touristiques en créant des emplois de qualité, a-t-elle mentionné. Pour ce faire, nous allons consulter des experts de l’industrie et nous pencher sur des enjeux majeurs comme la pénurie de main-d’œuvre et l’accessibilité.»

Lever les contraintes

La ministre a également mis en lumière les mesures prises par son gouvernement afin de stimuler le tourisme. «En 2016, le Canada a levé l’exigence du visa que le gouvernement précédent avait imposée aux visiteurs mexicains. Cette mesure a eu un impact positif sur les échanges commerciaux entre les deux pays, entraînant une hausse de 50% des touristes en provenance du Mexique l’année suivante, suivi d’une nouvelle augmentation de 11% en 2018.»

Selon la ministre, le secteur du tourisme d’affaires offre un potentiel de développement d’environ 1,5 milliard de dollars. «Le Canada est le seul pays du G7 à avoir signé des ententes de libre-échange avec chacun des pays du G7», a-t-elle rappelé.

«L’année 2018 a été excellente pour l’industrie touristique canadienne, mais nous pouvons faire tellement mieux, a-t-elle conclut. L’an dernier, les recettes générées par les visiteurs internationaux ont atteint 21,3 milliards de dollars. D’ici 2030, elles pourraient atteindre 46 milliards par année.»

Routes Americas 2019

Les compagnies aériennes à bas prix à l’assaut du marché canadien... YQB dans la mire

Jusqu’à tout récemment, le Canada était l’un des rares pays dans le monde qui n’était pas desservi par des transporteurs aériens à bas prix (low-cost carrier). Cette situation est toutefois en train de changer avec la création de Swoop, filiale de Westjet, l’été dernier, et l’arrivée prochaine de Jetlines, qui offrira ses premiers vols au cours de l’année.

Hier, lors de la deuxième journée du forum Routes Americas 2019, le modérateur Michael J. Bell s’est entretenu avec les dirigeants de ces deux nouvelles compagnies aériennes, qui entendent bien se tailler une place dans le marché canadien. Leur principal atout: un prix qui défie toute concurrence.

Récemment nommé président exécutif de Jetlines, Javier Suarez a souligné le fait que deux transporteurs aériens détiennent présen­tement à eux seuls 80% du marché canadien. «C’est une situation plu­tôt unique, a-t-il indiqué. Il y a donc de la place pour de nouveaux joueurs. Au Mexique, où j’étais à l’emploi de VivaAerobus, les transporteurs à bas prix sont majoritaires.»

Québec dans les plans

Si le siège social de Jetlines est situé à Vancouver, la compagnie aérienne compte rapidement s’attaquer au marché québécois. Peu de  temps après l’entrevue, Jetlines signait avec l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec une entente de principe pour offrir des vols nationaux et internationaux à bas prix à partir de Québec.

Dès 2020, le transporteur souhaite desservir le marché montréalais en offrant des vols intérieurs et vers le sud. «Les Canadiens sont impatients de pouvoir profiter de vols à faible coût, soutient le pré­sident de Jetlines. Ce n’est pas pour rien que plusieurs d’entre eux se rendent à Plattsburgh pour prendre l’avion à destination des Caraïbes.»

Retenu à Calgary en raison de la tempête, Steven Greenway, président de Swoop, a pris part au débat par téléconférence. Il a imputé le faible nombre de transporteurs aériens dans le paysage canadien aux coûts d’opération très élevés  et des grandes distances à parcourir pour une population relativement petite. «Nous parvenons à garder nos frais d’opération bas en offrant des vols plus courts mais avec plus de départs, a-t-il expliqué. La plupart de nos vols durent de trois à quatre heures, le plus long fait six heures.»

Des prix alléchants

Il faut dire que les prix offerts sur le site de Swoop pour des vols inté­rieurs sont des plus concurrentiels. À peine 59$ pour un aller simple entre Winnipeg et Hamilton ou encore 69$ entre Hamilton et Halifax. À ce prix-là, ça coûte moins cher que d’y aller en autobus.

On ne connaît pas encore les tarifs qu’exigera Jetlines pour les mêmes destinations mais, s’il faut en croire Javier Suarez, ils seront les plus bas sur le marché.

Routes Americas 2019

Une opération de charme et de visibilité pour Québec

L’Aéroport international Jean-Lesage de Québec et Québec Destination affaires sont les hôtes, du 12 au 14 février, du plus important forum de développement aérien des Amériques. Présenté pour la première fois au Canada, l’événement réunit au Centre des congrès de Québec quelque 800 délégués, 300 aéroports, 80 lignes aériennes et 50 offices de tourisme.

Québec a déployé son manteau blanc pour accueillir, en plein cœur du Carnaval, le plus important forum de développement aérien des Amériques. Cette opération de charme aura, à n’en pas douter, un impact sur le développement de nouvelles liaisons aériennes avec d’autres villes du continent ainsi que sur l’augmentation du trafic aérien à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB).

C’est nulle autre que la vice-première ministre du Québec qui a été choisie comme présidente d'honneur de cet événement. Dans son discours inaugural, Geneviève Guilbault n’a d’ailleurs pas manqué de vanter les charmes de la capitale, invitant les congressistes à prendre part aux festivités du Carnaval et à découvrir la richesse historique et patrimoniale du Vieux-Québec. «La grande région de Québec figure parmi les régions du Canada qui connaît la croissance la plus forte et la plus stable», a-t-elle mentionné hier au Centre des congrès.

Le centre de prédédouanement nécessaire

La ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale a bien sûr tenu à souligner la croissance de l’Aéroport international Jean-Lesage, qui accueille annuellement quelque 1,7 million de passagers, en tant que plaque tournante du transport aérien dans l’Est du Canada. «Le gouvernement du Québec a jusqu’à présent investi 65 millions de dollars dans la modernisation de l’aéroport, y compris 50 millions pour l’agrandissement du terminal international.»

«Vous savez probablement que le premier ministre du Canada et le président des Etats-Unis ont annoncé, en 2016, la construction d’un centre de prédédouanement à Québec», a-t-elle poursuivi. La construction de ce centre aura des impacts positifs sur le tourisme et le développement économique de la région. Il présentera un réel avantage pour les entreprises qui exportent ainsi que pour les passagers qui prennent un vol direct à destination des Etats-Unis.»

Enfin, Geneviève Guilbault a rendu hommage au président et chef de la direction de l’aéroport de Québec. «La vision et les réalisations de Gaëtan Gagné ont été récompensées en novembre dernier, lorsqu’il a remporté le Prix de l’innovation et de l’excellence lors des Grands prix du tourisme canadien.»

L’heure au bilan

Quelques heures plus tôt, Gaëtan Gagné est venu présenter le bilan des 17 dernières années de l’Aéroport international Jean-Lesage, dont l’achalandage est passé de quelque 600000 passagers en 2002 à 1,75 million en 2018. Photos à l’appui, il a expliqué la stratégie qui a permis de transformer des infrastructures aéroportuaires en un aéroport moderne à la fine pointe de la technologie, capable de répondre à la croissance du trafic aérien mondial anticipée au cours des prochaines années. 

«YQB est l’un des aéroports qui connaît la croissance la plus rapide au Canada», a expliqué celui a œuvré pendant 22 ans au sein de l’administration aéroportuaire, dont 14 ans au sein du conseil d’administration et 8 ans en tant que président et chef de la direction. « En 2017, nous avons doublé notre capacité en inaugurant notre nouveau terminal international. Avec une population de 812 000 habitants et quelque 2,7 millions de passagers potentiels dans trois bassins versants, nous saurons faire face à la demande qui, comme vous le savez, doublera d’ici 2030.» 

La croissance s’accélère pour l’Aéroport inter­national Jean-Lesage de Québec, qui vient d’annoncer une hausse de 6,2% du nombre de passagers en 2018, qui fait suite à une augmentation de 3,7% l’année précédente. 

Routes Americas 2019

Les défis du transport aérien

Le forum Routes Americas 2019 a permis d’accueillir certaines sommités mondiales de l’industrie aérienne et aéroportuaire, dont le conférencier Nawal Taneja. Fort de son impressionnante carrière de près de 50 ans dans le domaine de l’aviation, le stratège a dressé un portrait des défis qui attendent les compagnies aériennes et les admi­nistrations aéroportuaires au cours des prochaines années.

Dans sa conférence intitulée Transformation of the Global Aviation Industry: Revolutionary or Evolutionary Changes, il a expliqué que les quatre forces principales qui ont pour effet d’accélérer les transformations au sein de l’industrie sont les consommateurs de plus en plus exigeants, les nouvelles technologies, la complexité des règlements en vigueur dans les différents pays et l’émergence de nouveaux concurrents.

Sur le plan technologique, Najal Taneja compare les enjeux auxquels les compagnies aériennes et les aéroports devront faire face à ceux qui révolutionnent déjà les transports terrestres comme la plateforme Uber et la voiture autonome. « Uber compte mettre en service une flotte de taxis volants d’ici 2023», a-t-il indiqué.

«Certaines technologies comme la reconnaissance faciale auront un impact direct sur la sécurité aérienne, a-t-il poursuivi. Désormais, les passagers pourront se rendre jusqu’à l’avion sans passer par aucun point de contrôle. Toutefois, cela signifie aussi qu’ils n’auront plus de temps d’attente pour faire des achats à la boutique hors taxes.»

L’avènement des avions capables de voler plus de 20 000 kilomètres sans escale est une autre réalité à laquelle les aéroports devront s’adapter. «Des vols sans escale entre l’Australie et l’Angleterre auront un impact sur les aéroports comme Dubaï et Hong Kong, où les avions faisaient normalement escale.»

M. Taneja a aussi prévenu les compagnies aériennes que la concurrence au cours des prochaines années ne viendra pas nécessairement de nouvelles compagnies aériennes, mais plutôt de nouvelles plateformes technologiques. «Si un distributeur ou un grossiste achète 10% des places à bord des avions d’une compagnie aérienne, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais s’il fait la même chose avec des dizaines de transporteurs aériens, du coup, il devient la plus grosse compagnie aérienne au monde, et ce, sans même posséder un seul avion. Nous risquons donc de devoir repenser notre modèle commercial.»