Recherche et innovation

De la recherche à la commercialisation

L’annonce a été officialisée au début d’octobre. La compagnie pharmaceutique Endoceutics installera son siège social et construira une usine de production à L’Ancienne-Lorette. Un important projet de 80 M$ qui pourrait également créer, à terme, jusqu’à 1000 emplois.

Produit phare d’Endoceutics, Intrarosa, que l’on surnomme le viagra féminin, a récemment été approuvé par la FDA (Food and Drug Administration) américaine pour sa distribution aux États-Unis ainsi que par l’Agence européenne des médicaments. Dès lors, la pression pour la commercialiser s’est accentuée. « On savait que la demande serait grande. C’est pourquoi nous voulions prévoir sa fabrication à un volume suffisant, ce qui n’est pas disponible ailleurs au monde », dit le président Dr Fernand Labrie. 

En conséquence, Endoceutics a fait l’acquisition dans la dernière année d’une usine de fabrication de médicaments à Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, afin de ­répondre rapidement à la demande. Celle-ci produit également d’autres médicaments. 

La phase 1 du projet de construction d’un complexe qui lèvera bientôt de terre à L’Ancienne-Lorette sera d’abord consacrée à la ­fabrication des applicateurs de plastique. « Tout devrait être prêt pour Noël ou tôt en 2018 », indique le Dr Labrie, confiant. À terme, les quatre phases du complexe pourraient représenter une superficie de près de 46 000 pieds carrés. Le nombre d’employés d’Endoceutics est également appelé à croître ­rapidement : des offres d’emplois circulent actuellement afin de ­recruter des employés spécialisés dans la région.

De fait, les affaires roulent vite chez Endoceutics. Pressée de commercialiser l’Intrarosa sur le territoire américain, l’entreprise de Québec est toujours en attente d’une approbation de Santé Canada. « Cela devrait se faire sous peu », de poursuivre le président. Nous voulons que ce médicament de Québec soit accessible à toutes les femmes partout dans le monde. »

Un traitement novateur

Appelé Intrarosa, le médicament d’Endoceutics s’adresse aux femmes ménopausées souffrant d’atrophie vaginale, – aussi appelée syndrome génito-urinaire de la ménopause – et qui ont, par conséquent, des douleurs lors des relations sexuelles et de la sécheresse à la région vaginale qui affectent la qualité de vie de façon significative. Présenté sous forme d’ovule, ce médicament contient de la DHEA (déhydroépiandrostérone), une molécule naturelle qui améliore l’hydratation et réduit ainsi l’irritation de la muqueuse vaginale.

Dr Labrie et son équipe s’intéressent à la molécule DHEA depuis plus de 30 ans. En 1998, des premiers résultats semblaient prometteurs et démontraient déjà son lien direct avec les symptômes de la ménopause. Or, il a fallu attendre quelques années, avant que le ­besoin de cette molécule devienne évident avec la publication d’effets négatifs des œstrogènes utilisés jusqu’à maintenant. « Le traitement à l’œstrogène était le seul disponible jusqu’à l’arrivée d’Intrarosa. Or, notre avancée avec la DHEA ­permet une approche différente, totalement sécuritaire et sans aucun effet secondaire. Il est très important que les femmes soient au courant que ce nouveau traitement existe et, surtout, qu’il n’a rien à voir avec celui aux œstrogènes », assure le Dr Labrie.  

Un potentiel énorme

Le Dr Labrie rappelle que le nombre de clientes potentielles est immense. Aux États-Unis seulement, 32 millions de femmes ménopausées souffrent d’atrophie vaginale. Du nombre, seulement 3 % sont actuellement traitées. Fernand Labrie espère vendre son médicament à au moins 25 % des femmes souffrant d’atrophie vaginale. « C’est un minimum, ça veut dire 8 millions de femmes aux États-Unis et 800 000 au Canada. Et le potentiel est encore beaucoup plus grand. »

Le viagra féminin

Endoceutics poursuit par ailleurs ses études afin d’établir si l’Intrarosa peut également améliorer le niveau de désir sexuel et l’atteinte de l’orgasme. Un peu à l’instar du Viagra qui, à l’origine, était destiné à traiter des troubles tout autres que la dysfonction érectile, le médicament du Dr Labrie n’était destiné qu’au traitement de l’atrophie vaginale pendant ses premières études. Ses effets positifs sur la libido et la fonction sexuelle ont représenté une « surprise » pour l’équipe d’Endoceutics. Jusqu’ici, plus de 265 millions de dollars ont été investis en recherche et développement dans ce projet.

Plus de détails sur le site Internet Endoceutics.com