Port de Québec

Terminal de conteneurs en eau profonde: se préparer aux nouvelles réalités

Dernier port en eau profonde en remontant le Saint-Laurent, le port de Québec a une longue histoire. Port de vrac et de transbordement, il joue un rôle clé sur la route entre l’océan Atlantique et les Grands Lacs depuis des décennies. Avec l’ouverture du nouveau canal de Panama, une nouvelle génération de navires plus grands s’impose rapidement sur les routes commerciales maritimes. Le Saint-Laurent doit s’adapter à cette nouvelle réalité et le port de Québec a les atouts pour offrir une réponse efficace avec son projet de terminal de conteneurs.

«Notre projet de terminal de conteneurs est un projet structurant qui va nous permettre de consolider la compétitivité du Saint-Laurent face aux ports américains. Cet agrandissement s’inscrit parfaitement dans notre mission d’interface entre les routes de l’Atlantique et les marchés de l’Ontario et du Midwest américain», explique Mario Girard, président-directeur général du Port de Québec, qui est convaincu que Québec a des atouts à jouer dans la nouvelle donne du commerce maritime nord-américain. 

Le port de Québec fait aujourd’hui partie du top 5 des ports canadiens. Il est le lieu de transbordement de 27 millions de tonnes en moyenne chaque année. En contact avec 300 ports situés dans 60 pays, il est au cœur de plusieurs chaînes logistiques internationales, notamment avec le minerai de fer, le nickel ou les céréales. 

L’ouverture du nouveau canal de Panama

Après neuf ans de travaux titanesques, la construction d’un nouveau canal de Panama a permis l’ouverture en juin 2016 d’une voie de transit plus large et plus profonde. Une nouvelle génération de navires plus grands peut désormais emprunter ce passage qui est passé de 12 à 15 mètres de profondeur d’eau. Limités ­jusque-là à une capacité de 4000 conteneurs EVP (équivalent Vingt Pieds), les nouveaux navires de type New Panamax peuvent aujourd’hui transporter jusqu’à 14 000 conteneurs EVP. 

Très rapidement, les effets de ces nouvelles possibilités se sont fait sentir sur le commerce maritime nord-américain. Les principaux ports américains de la Côte Est n’ont pas hésité à investir massivement au cours des
10 dernières années pour se conformer à cette nouvelle donne.

Le port de New York / New Jersey a ainsi investi 2,1 milliards de dollars pour amener les quais et les canaux de navigation à 15 mètres de profondeur. Il a également surélevé le pont de Bayonne de plus de 50 pieds pour permettre le passage des géants des mers. Ces travaux ont nécessité un investissement de 1,6 milliard de dollars.

Les conditions gagnantes du Port de Québec pour le Saint-Laurent

Une année après l’ouverture du canal de Panama, la moyenne des porte-conteneurs en action sur la Côte Est a déjà passé de 4000 EVP à 6000 EVP. Les experts prévoient qu’elle montera rapidement à 10000 EVP. Rappelons qu’en 1990, les plus gros porte-conteneurs avaient une capacité de près 5000 EVP, capacité qui a quadruplé en moins de 20 ans. Aujourd’hui, les ports de Norfolk et de New York / New Jersey connaissent une augmentation soutenue du trafic conteneurisé.

Le port de Québec se doit de profiter de ses atouts. «Avec une profondeur 16 mètres, sa localisation stratégique et une pleine intermodalité, le projet de terminal de conteneurs au port de Québec s’inscrit dans une stratégie d’avenir pour un port qui dessert un marché s’étendant jusqu’aux confins des Grands Lacs et qui compte plus de 110 millions de consommateurs », insiste Mario Girard.

Le projet d’agrandissement dans le secteur de Beauport, qui ajoute 17 hectares de terre-plein et une ligne de quai de 610 mètres dotée d’une profondeur de 16 mètres, aura une capacité annuelle de 500 000 conteneurs EVP. Il dotera le Saint-Laurent d’une véritable alternative aux ports en eaux profondes de la Côte Est ­américaine. Les grandes lignes internationales de conteneurs trouveront ainsi une nouvelle option économiquement attrayante.