Oser pour réussir

SADC Rouyn-Noranda : Pénurie de main d’œuvre, à l’attaque!

Pour faire face au problème de pénurie de main d’œuvre, la SADC de Rouyn-Noranda a pris le taureau par les cornes. Travaillant en amont depuis 2018, le programme RH+ fournit aux entreprises de la région les outils nécessaires à la rétention de la main d’œuvre qualifiée. Depuis, RH+ fait des petits.

La SADC de Rouyn-Noranda couvre un important territoire au cœur de l’Abitibi-Témiscamingue, une région dont l’économie est étroitement liée au secteur minier. «Rouyn-Noranda est bâtie sur une faille minière. Depuis longtemps, ce secteur d’activités représente un moteur économique important en plus d’offrir des salaires extrêmement compétitifs assurant la santé financière de plusieurs entreprises de services de la région», affirme Jocelyn Lévesque, directeur général de la SADC de Rouyn-Noranda. Malgré que le marché du travail soit très vigoureux, plus de 2600 emplois sont à combler en Abitibi-Témiscamingue et les entreprises de tout secteur confondu peinent à attirer – et à conserver – une main d’œuvre qualifiée.

  • Taux de chômage à Rouyn-Noranda: 3,9%
  • Taux de chômage moyen au Québec: 5,4%

Attraction vs rétention

Plusieurs comités issus d’organismes municipaux et gouvernementaux se penchent depuis longtemps sur le développement de l’attractivité de la région. «Nous sommes en compétition avec tout le Québec pour attirer les travailleurs. En raison de la distance qui nous sépare de Montréal et malgré que nous profitions d’une importante richesse culturelle, ce n’est pas toujours évident.» Voilà pourquoi, entre autres, la SADC de Rouyn-Noranda décidait en 2018 de s’attaquer en amont au problème de la main d’œuvre qui, disons-le, semble frapper de la même façon l’ensemble des régions du Québec. «C’est un défi d’attirer de la main d’œuvre mais c’est tout aussi important de savoir la retenir.»

«Pendant que plusieurs entreprises multiplient les démarches pour attirer de la main d’œuvre à l’extérieur du Québec, voire à l’international, d’autres y vont d’une surenchère au niveau des offres salariales afin de conserver leurs employés ou de pouvoir recruter chez le concurrent.» Pour Jocelyn Lévesque, la vraie question s’est vite posée. «Les entreprises ne devraient-elle pas plutôt investir dans leurs propres façons de faire afin que les employés aient le goût de rester?»

Le programme RH+

Créé par la SADC en partenariat avec le Centre local d’emploi (aujourd’hui Service Québec), le programme RH+ propose la mise en commun d’outils RH permettant aux entreprises - de 20 employés et moins - d’améliorer leurs pratiques et, du coup, d’augmenter le niveau de satisfaction au travail de leurs employés. «On diminue ainsi de beaucoup l’absentéisme et on augmente la rétention à long terme. Les employés sont plus motivés et par conséquent plus productifs.» Par ricochet, l’entreprise affiche un meilleur rendement et voit ses besoins de recrutement diminuer. «C’est une approche gagnant-gagnant. Si l’entreprise privilégiant de bonnes pratiques doit malgré tout aller en recrutement, elle devient beaucoup plus attractive et développe une meilleure capacité à accueillir des nouveaux employés.»

Poser le bon diagnostic

Plusieurs outils ont été développés afin d’aider la SADC, ses partenaires et consultants à poser le bon diagnostic auprès des nouvelles cohortes participant chaque année au programme. «Le plan d’action peut viser une réorganisation du travail, les communications, l’implication des employés, l’amélioration des processus, le développement des compétences et plus encore», résume Jocelyn Lévesque.

Lors de la présentation du plan d’action, on détermine précisément les interventions que l’entreprise pourra faire elle-même avec les outils lui étant offerts par la SADC et le Centre Local d’emploi. «Les interventions plus complexes – voire plus sensibles – sont effectuées par un consultant en RH – Le Bleu communication humaine ou CC Consultants, conseil et créativité – pour lequel une banque de 10 heures est mise à disposition.»


Amélioration continue

En 2019, une cohorte de huit entreprises de 20 employés et moins participe au programme. «Un tel encadrement justifie normalement un investissement de plusieurs milliers de dollars au privé. Avec nos partenaires, nous sommes en mesure de l’offrir pour 100$ par participant. L’année suivante, tous sont prêts à recommencer», poursuit Jocelyn Lévesque.

Un an après avoir effectué les changements inclus au plan d’action initial, on propose aux entreprises de repasser à travers chacune des étapes pour établir un nouveau diagnostic. «Ça ira de l’évaluation des nouvelles pratiques RH à un sondage de satisfaction auprès des employés en passant par l’auto-évaluation des pratiques de leadership des gestionnaires et finalement, la proposition d’un plan d’actions basé sur les nouveaux résultats», résume le directeur qui n’est pas peu fier du succès du projet. «Quatre autres projets RH+ ont été lancés en régions, trois autres ailleurs au Québec et même le Nord est Ontario démontre actuellement un intérêt marqué pour le programme.» Chapeau Rouyn-Noranda!

www.sadcrn.ca

Les SADC et CAE, ce sont plus de 400 professionnels et au-delà de 1000 bénévoles qui travaillent depuis plus de 35 ans au développement économique des régions du Québec. Leur mission? Soutenir des projets et des entreprises innovantes pour des collectivités prospères. Pour mieux connaître l’impact de ce réseau, Coopérative nationale de l'information indépendante (CN2I) est fière de vous présenter quelques histoires à succès.