Exposition «Mon sosie a 2000 ans».

Musée de la civilisation

Exposition «Mon sosie a 2000 ans»: les sosies créent l’engouement

En lançant le projet d’exposition Mon sosie a 2000 ans en 2016, et par le fait même en invitant les gens à soumettre leur photo, l’équipe du Musée de la civilisation ne s’attendait pas à une telle réponse. Ce sont plus de 108 000 clichés qui ont été reçus de la part du public, afin de trouver les 25 sosies aux œuvres d’art antiques de l’exposition.

Qui sont ces gens qui ont répondu à l’appel du Musée? La plupart de leurs photos composent l’immense fresque à l’entrée de l’exposition. Celle-ci rassemble des gens de tous les âges, de toutes nationalités, qui ont envoyé leur portrait par courriel, par la poste ou qui ont pris la pose dans le photomaton qui avait été installé au Musée. «Certaines personnes ont envoyé plusieurs photos, d’autres se sont costumés pour personnifier les bustes. Nous avons vraiment été surpris par l’ampleur de la réponse du public», affirme la chargée de projet d’exposition pour le Musée de la civilisation, Coline Niess. 

Après plusieurs semaines de tri et une sélection méticuleuse, 25 citoyens du monde entier ont été retenus pour leur ressemblance avec les œuvres d’art sélectionnées. Ces œuvres proviennent des collections du Musée d’art et d’histoire de Genève et de la Fondation Gandur pour l’Art, à Genève. Ces sculptures sont principalement des antiquités gréco-romaines et des masques funéraires égyptiens qui composent la collection exposée, précise Coline Niess.

«Outre les traits physiques, nous avons aussi pris en considération l’émotion qui dégageait du visage et l’âge du candidat», poursuit la chargée de projet. Résultat: des sosies trouvés qui impressionnent, certains sont même presque parfaits, avec une morphologie quasi identique.

Collaborateur au projet et spécialiste des sosies, l’artiste photographe québécois François Brunelle a par la suite immortalisé les premiers visages sélectionnés. 

La scéance photo du petit Justin avec le photographe François Brunelle.

Des profils variés

Parmi les photos retenues, plusieurs proviennent de Québec et ses environs. Le ­premier duo présenté dans l’exposition met d’ailleurs en vedette Jean Potvin, un abonné du Musée. «Dès qu’on a reçu sa photo, on a su qu’on avait un match parfait», relate Mme Niess.

Ce duo fait partie de la section des sosies «presque parfaits». Sept duos y sont présentés, ayant tous des ressemblances physiques étonnantes, qui surprennent même au premier regard. «L’effet est d’autant plus spectaculaire en comparant les photographies et les bustes en trois dimensions de chacun, qui ont près de 2000 ans de différence», poursuit Mme Niess. 

Parmi les autres visages retenus durant la sélection, on retient au passage celui d’un romancier new yorkais, d’une chef cuisinière ontarienne, d’une actrice du New Jersey, d’une ambulancière de Montréal, d’un mannequin de Phœnix et d’une archéologue franco-belge qui font tous partie de la sélection.

Poursuivre la réflexion

«Notre sélection a d’abord été basée d’abord sur la photo, mais nous avons poussé plus loin la démarche dans certains cas, en présentant des récits de vie qui se rejoignent à différents niveaux, des personnalités communes, etc. La thématique du sosie va plus loin que la ressemblance physique», poursuit la chargée de projet. 

L’exposition propose aussi une réflexion sur l’art du portrait. Existe-t-il un parallèle entre les stèles funéraires de l’Antiquité et les égoportraits, les fameux selfies? À vous de le découvrir!

L’exposition Mon sosie a 2000 ans est présentée au Musée de la ­civilisation jusqu’au 12 mai 2019.

La scéance photo du petite Marguerite.

«On vient jouer à la statue»

Du haut de ses deux ans et demi, la jeune Marguerite Tremblay ne comprenait pas pourquoi on la prenait en photo ce matin-là, dans un studio improvisé dans une salle du Musée de la civilisation. «Je suis venue jouer à la statue», lançait-elle pourtant fièrement. 

Résidente de Québec, la fillette a été sélectionnée lors du concours Mon bébé a 2000 ans organisé par Le Soleil afin de trouver les deux bambins qui ressemblaient aux deux bustes d’enfants. Bien que sa jolie chevelure bouclée avait été remontée et que les bobépines l’irritaient, elle prenait la pose sagement. 

De son côté, Justin Verret, un joli blondinet d’un an et demi, semblait moins apprécier le brouhaha de la séance photo. Cherchant sa mère du regard, le bambin au visage joufflu aurait bien voulu courir dans la salle, plutôt que de jouer à la statue. «Ça fait partie du jeu! Les enfants sont spontanés et authentiques», a philosophé le photographe François Brunelle et collaborateur au projet, qui a tout de même réussi à lui croquer le portrait.

La fierté des grands-­mamans

Dans les deux cas, ce sont des proches qui ont soumis les candidatures de leurs petits-enfants. «Quand j’ai vu l’image dans le journal, j’ai tout de suite reconnu Justin», s’est exclamée son arrière-grand-maman Martre qui avait envoyé cinq photos.

Lectrice assidue du Soleil, Magalie, la grand-maman de Marguerite, était émue d’assister à la séance photo. «Je suis fière qu’elle ait été choisie et j’ai bien hâte de voir l’exposition. C’est un beau souvenir de famille.» 

Justin Verret, un an et demi, Québec.
Marguerite Tremblay, deux ans, Québec.