Musée de la civilisation

Dans les coulisses d’une exposition

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
Lancée le 26 juin, la plus récente création du Musée de la civilisation, Histoires de pêche, met à l’honneur une activité profondément ancrée dans l’identité qué­bé­coise. Conçue par l’équipe du Musée, l’exposition s’intègre d’ailleurs à une programmation qui, elle aussi, est actuellement 100% locale et originale. Petite visite en coulisses…

En vedette cet été, Histoires de pêche tiendra l’affiche jusqu’au 6 septembre 2021. Prévue depuis quelques années déjà, l’exposition représente l’aboutissement d’un travail de longue haleine effectué ici même, principalement par le personnel de l’établissement. Inspirée par le regain de popularité que connaît la pêche récréative auprès des jeunes, la réalisation de l’exposition a été facilitée par les collections d’objets acquises par le Musée au fil du temps.

«La collection d’articles de pêche du Musée de la civilisation est probablement la plus belle et la plus complète au Québec. Nous souhaitions la mettre en valeur», raconte Anouk Gingras, chargée de projet d’exposition. «Le momentum était là et il y avait quelque chose d’inté­res­sant à faire. Les premières démarches ont commencé il y a trois ou quatre ans pour un lancement qui, sans la COVID, aurait eu lieu le 1er avril, jour du poisson d’avril. Comme il n’y avait aucun partenariat à l’international dans ce cas, nous partions de zéro.» 

Les articles les plus significatifs sont sélectionnés.  
L’exposition regroupe plus de 350 objets.

Offrir une expérience qui se distingue 

Il ne suffit évidemment pas de choisir un thème; il faut savoir le décliner et en déterminer le fil conducteur. «L’histoire à présenter doit être organisée. Un peu à la manière d’un arti­cle de journal, mais en trois dimensions, on introduit d’abord les visiteurs. Pour Histoires de pêche, on amorce le parcours en dressant un historique des débuts de la pêche sportive au Québec avec des objets d’épo­que et à travers les moyens de transport», note Mme Gingras.       

Pièce de résistance de l’exposition, le lac virtuel transporte en­suite le public dans l’ambiance d’un voyage de pêche. Le pari fait par l’équipe du Musée de la civilisation: susciter l’émo­tion chez les visiteurs afin de favoriser la rétention de l’information. En collaboration avec une firme externe, la reproduction d’un lac de 150 m2 en salle, agrémenté de sons et entouré de toiles sur lesquelles sont projetées des images, permet de créer un environnement onirique. 

«La trame d’Histoires de pêche invite également les gens à découvrir les types de pêche sportive – à la mouche, à la ligne, urbaine et blanche – grâce à quatre petits films. Nous en pro­fitons pour montrer des objets. Au total, quelque 350 articles composent l’exposition. Le défi consiste à révolutionner la façon de les présenter, de renouveler les pratiques pour que le public ait accès à un produit moderne et qui soit différent», conclut la chargée de projet.    

Le travail de toute une équipe

Une à deux semaines sont nécessaires pour procéder au démontage de l’exposition précédente avant que l’équipe chargée d’en installer une nouvelle puisse se mettre à l’œuvre. À ce moment toutefois, le personnel du Musée et les entreprises externes sont depuis long­temps déjà mobilisés. Effec­­tivement, plusieurs personnes participent à la création et à la réalisation d’une exposition; c’est plus d’une centaine d’employés et de fournisseurs qui touchent à un projet d’exposition à un moment ou à un autre de sa réalisation. 

Voici les principales fonctions de la «brigade»:     

  • CHARGÉ DE PROJET D’EXPOSITION. Coordonne le projet, de l’idéa­tion à la réalisation. Il agit comme chef d’orchestre, gère l’équipe, fait la conception, participe à déterminer le contenu.
  • CONSERVATEUR. Sélectionne les objets les plus significatifs selon le propos de l’exposition et rédige les cartels expli­catifs. Le conservateur entre également en contact avec les prêteurs et s’assure du respect et du maintien des conditions optimales de con­servation des objets (température et humidité stables, sécurité, etc.).
  • DESIGNER. Organise de manière concrète l’exposition. Il dessine le parcours de l’exposition, le mobilier et les vitrines.
  • CHARGÉ DE PROJET NUMÉRIQUE. Élabore un parcours ludique à l’intérieur de la salle. Les visiteurs peuvent ainsi accéder à un jeu interactif
    et éducatif sur leur appareil intelligent. 
  • CHARGÉ DES ACTIVITÉS ÉDUCATIVES. Planifie les activités destinées aux familles et aux groupes scolaires, de même que les visites guidées.
  • CHARGÉ DE PROJET CULTUREL. Met en place une programmation parallèle reliée à l’exposition, par exemple en proposant des conférences, des projections et des ateliers. 
  • TECHNICIEN EN MUSÉOGRAPHIE. Manipule les objets avec précaution, en fabrique les supports et les installe dans l’exposition.
  • TECHNICIEN EN AUDIOVISUEL ET ÉCLAIRAGE. Participe à la réalisation et à l’installation des systèmes en audiovisuels et interactifs, ainsi qu’au plan d’éclairage.
  • RÉDACTEUR. Prépare les grands textes de l’exposition.
  • GRAPHISTE. Met en forme les textes pour les rendre attrayants pour les visiteurs.
  • TRADUCTEUR. Rédige la version anglaise des textes.
  • RÉVISEUR LINGUISTIQUE. Passe en revue tous les écrits pour s’assurer qu’il ne subsiste aucune faute.

LE DÉFI DU TRANSPORT DES OBJETS
Le défi du transport des objets constitue une différence majeure entre les expositions dites «maison» et celles qui proviennent de l’extérieur. «Dans ce dernier cas, ce sont les objets qui doivent être accompagnés par des personnes! Toutes sortes d’articles précieux, fragiles ou encore de grande taille sont appelés à voyager jusqu’ici avec les précautions, la sécurité et les permis qui s’imposent, accaparant une bonne part du budget», relève Anouk Gingras.

À VOIR PRÉSENTEMENT

  • La tête dans le nuage
  • Histoires de pêche 
  • Le temps des Québécois
  • Broue. L’homme des tavernes
  • Nom d’une Bobinette !
  • C’est notre histoire

Entrevue et rédaction : Johanne Martin

 www.mcq.org