Cet été, découvrez en famille le fascinant univers des poisons au Musée de la civilisation.

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Musée de la civilisation: Des poisons qui fascinent

À la recherche d’une sortie originale en famille cet été? L’exposition Venenum, un monde empoisonné invite à découvrir l’univers fascinant des poisons au Musée de la civilisation. Oui, des poisons! De quoi intriguer petits et grands.

Toujours audacieux, le Musée de la civilisation présente une exposition entièrement dédiée à ­l’univers vaste et fascinant des poisons. Intitulée «Venenum, un monde empoisonné», elle parcourt plus de 400 objets, dont de nombreux animaux vivants et naturalisés. Comment rendre le poison attrayant et intéresser autant les petits que les grands à ce sujet? Voilà la question que s’est posée la chargée de projets pour le Musée de la civilisation, Anik Dorion-Coupal, et son équipe. 

«Dès que le visiteur entre dans l’exposition, il est plongé dans un univers à la fois mystérieux et complexe», dit celle qui a mandaté la firme d’effets spéciaux de Québec Rodéo FX, le dramaturge Philippe Soldevila et le réalisateur multimédia Simon Garant pour concevoir avec l’équipe du Musée une expérience immersive unique. De Socrate à Spiderman, en passant par Cléopâtre et Néron, de nombreux cas sont répertoriés dans la littérature et au cinéma. Sans oublier la fameuse pomme empoisonnée de Blanche-Neige, qui trône et tournoie sur elle-même au centre de la salle. «C’est un symbole fort: fruit de la nature qui évoque la santé et la sagesse d’une part, mais aussi la tentation et le fruit empoisonné.»

Le studio de Québec Rodéo FX a contribué à l’exposition avec notamment l’installation de tableaux animés.
Élément central de l’exposition, la pomme ­empoisonnée de Blanche-Neige «ensorcelle» les visiteurs.

À ses côtés, une chevalière à chaton dissimulant une capsule de cyanure datant de la Deuxième Guerre mondiale et une corne à boire du 15e siècle intriguent les visiteurs. La majeure partie des objets et œuvres proviennent des collections du Musée des Confluences à Lyon, qui a conçu la version originale de ­l’exposition, où elle a connu un record de  fréquentation avec 600000 visiteurs en 12 mois. 

Le Musée de la civilisation l’a ­adaptée à sa façon, avec notamment l’ajout de références nord-américaines et de spécimens vivants. Pour cela, l’équipe a collaboré avec l’Aquarium du Québec afin de mieux démontrer l’incroyable ambiguïté des poisons chez les êtres vivants et ainsi faire comprendre les mécanismes de transmission des poisons dans la nature. Les différents aquariums et terrariums deviennent des ­centres d’attraction de la jeune (et moins jeune) clientèle, constate l’équipe du Musée.

De poison à remède

Les poisons sont également paradoxaux: autant ils peuvent s’avérer mortels, qu’ils peuvent avoir des vertus pharmaceutiques ou médicinales. Certains venins ont même contribué à faire avancer la recherche en médecine et en pharmacie, rappelle-t-on. «Tout est une question de dosage», résume la chargée de projet.

L’exposition aborde également un enjeu d’actualité, soit l’écotoxi­cologie environnementale. On ­souligne combien les nombreux déchets et particules de plastiques constituent de véritables poisons pour les espèces animales et végétales qui y vivent, et affectent les écosystèmes.

L’exposition «Venenum, un monde ­empoisonné» parcourt plus de 400 objets de collections variées, mais aussi des ­espèces vivantes.

Un coup de pouce de ­l’Aquarium du Québec

L’équipe du Musée de la civilisation est habituée de manipuler des objets de collections, précieux et emblématiques. Mais lorsque débarquent une cinquantaine de poissons exotiques, de méduses et de reptiles, dont certains sont venimeux, la tâche se complexifie. C’est pourquoi elle a fait appel à l’expertise de l’Aquarium du Québec, une référence en la matière. 

Les guides animaliers de l’Aquarium du Québec ont prêté main-forte au Musée pour effectuer le choix des espèces, leur transport et la manipulation, mais aussi pour la fabrication sur mesure et pour l’entretien de la dizaine d’aquariums et de terrariums présentés dans l’exposition. 

«Avoir du vivant dans une exposition nécessite une surveillance 24h sur 24: pour l’alimentation, l’entretien, le contrôle de température, etc. Nous nous assurons de leur bien-être et le suivi est rigoureux», assure Anik Dorion-Coupal.

Des espèces recherchées

Êtes-vous capables de nommer les animaux venimeux ou toxiques? En plus des méduses, des oursins, des rascasses volantes et des rainettes jaguar – aussi appelées grenouilles tueuses –, l’impressionnant corpus compte également la plus grosse mygale observée dans l’Ouest américain et le Monstre de Gila, un des deux seuls lézards venimeux connus en Amérique du Nord.

Les méduses proviennent directement de la reproduction faite dans les bassins de l’Aquarium du Québec. Pour les autres spécimens, certains proviennent ­d’établissements partenaires accrédités Aquariums et Zoo Accrédités du Canada (AZAC) ou de fournisseurs reconnus dans l’industrie des zoos et aquariums. Parmi eux, la rascasse volante est une espèce invasive dans les Caraïbes, qui aurait été introduite par accident et, depuis, se multiplie à très grande vitesse puisqu’elle n’a pratiquement pas de prédateur.

D’autres étonnent. Comme les cônes, ces jolis mollusques qui semblent inoffensifs, qui sont pourtant extrêmement dangereux. Leurs venins sont des ­mélanges très complexes d’une cinquantaine de conotoxines ­différentes. Même à très faible dose, leur poison est mortel pour l’humain, d’autant plus qu’il n’existe pas d’antidote connu. Fascinant, n’est-ce pas? 

Les grenouilles dendrobates sécrètent sur leur peau un poison toxique qui peut être mortel.

VENIMEUX OU VÉNÉNEUX?

L’adjectif vénéneux qualifie une substance (essentiellement les végétaux, les champignons, les substances minérales mais aussi certains animaux comme les dendrobates) que sa nature toxique assimile à un venin. Tandis que l’adjectif venimeux qualifie pour sa part les animaux qui disposent d’un venin (du latin venenum, poison) destiné à répondre à une menace ou à attaquer une proie. Ils l’inoculent ou le projettent. 

À voir dans l’exposition: 

  • Une veuve noire
  • Un monstre de Gila
  • Un masque à gaz ­allemand datant de la Première Guerre mondiale
  • Un serpent laitier du Mexique (aussi appelé le faux serpent corail)
  • Une mygale blonde du désert

L’exposition «Venenum, un monde empoisonné» est présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 8 mars 2020.

mcq.org