Ma résidence, mon chez-moi

Résidences pour aînés: l’âge d’or des gens de 65 ans et plus

Il y a longtemps qu’on nous parle du vieillissement de la population et de ses conséquences, nous y sommes finalement arrivés. Depuis 2016, le nombre de Canadiens âgés de 65 ans et plus dépasse celui des résidents de 14 ans et moins. Cette situation est attribuable au poids démographique des baby-boomers, dont les plus âgés ont atteint l’âge de la retraite en 2011, ce qui a entraîné la plus forte augmentation du nombre d’aînés au pays en 70 ans.

Ce n’est encore que la pointe de l’iceberg! Le vieillissement de la population continuera de s’accentuer au cours des prochaines années pour atteindre son point culminant en 2031. Le nombre de Canadiens de 65 ans et plus, qui étaient de 5,9 millions en 2016, grimpera à 9,6 millions en 2031 pour représenter 23 % de la population.

Le marché s’adapte

Depuis le temps qu’on en parle, les promoteurs immobiliers ont pris les moyens pour répondre à la croissance fulgurante dans le marché des résidences pour personnes âgées en construisant d’immenses complexes. Selon le Rapport sur le marché des résidences de personnes âgées, publié en mai 2017 par JLR Solutions foncières, le Québec compte actuellement 1837 résidences privées pour aînés pour un total de 121 210 places disponibles. On estime que 87% des résidents ont 75 ans et plus. Près de 100 000 logements locatifs devront être construits dans les 15 prochaines années afin de garder les mêmes conditions de marché.

Ce cahier spécial vous donne un bon aperçu de l’offre toujours plus grande de résidences dans la grande région de Québec. Depuis environ trois ou quatre ans, ce secteur de marché soutient une industrie de la construction qui doit composer avec un surplus de condominiums et de logements locatifs. Dans la RMR de Québec, qui comprend la rive-sud, le taux d’inoccupation est passé de 5% à 7,6%, soit une augmentation de 50% en à peine un an. C’est dans l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery que l’on constate la plus forte croissance, alors que le taux d’inoccupation est passé de 6,9% à 11,4%. Malgré tout, le marché demeure très favorable pour les promoteurs.

«La hausse du taux d’inoccupation au Québec s’explique surtout par les changements survenus dans les RMR de Montréal et de Québec, où le taux a beaucoup augmenté», explique Kevin Hughes, économiste pour le Québec à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Cette année encore, il y a entre les diverses régions de la province d’importantes différences dans l’état du marché, son orientation, l’offre et la popularité des logements pour aînés.» 

Avec toutes les résidences qui seront construites au cours des prochaines années, il faudra sans doute commencer à penser à ce qu’il en adviendra après 2031, lorsque le nombre de personnes âgées commencera à décroître. C’est pourquoi certains promoteurs envisagent la mixité avec d’autres générations. Mais tout ça, c’est encore bien loin !