Ma résidence, mon chez-moi

Mieux-vivre: la maison de retraite de demain

La génération des baby-boomers arrive à l’âge de la retraite. En plus d’accentuer le vieillissement de la population, cette génération demande aussi une adaptation des résidences pour personnes âgées. Bien-être et autonomie sont au cœur de leurs préoccupations et les maisons de retraite de demain devront s’adapter à cette nouvelle réalité.

La maison de retraite de demain devra proposer des solutions intelligentes en matière technologie du bien-être (welfare-technology comme le dise les anglophones). Ces innovations permettront aux personnes âgées d’être les plus indépendantes et autonomes possibles. Ce type de maison n’est plus seulement un rêve, il commence à se concrétiser.

Un exemple au Danemark

Le Danemark a été un des précurseurs des maisons de retraite puisque certaines ont plus de 150 ans d’histoire. Se basant sur cette longue expérience, mais surtout sur le développement des nouvelles technologies,
la municipalité d’Aalborg, la troisième plus grande ville du Danemark avec ses 130 000 habitants, vient de construire ce qu’elle appelle «La maison de retraite du futur».

«Le mot d’ordre aujourd’hui pour les personnes âgées et le Conseil des personnes âgées est: vivre sa vie − toute la vie. Pour cela, nous pensons que l’on devrait pouvoir être assisté à la fois physiquement et mentalement», déclare Gordon Türsen, représentant du Conseil des personnes âgées d’Aalborg. «La maison de retraite du futur», qui utilise les dernières recherches dans la robotique et où la technologie est partout, répond à cette aspiration.

La maison accueille aujourd’hui près de 700 personnes dans un complexe qui mélange appartements de divers types, bureaux administratifs, restaurants ouverts au public et bien d’autres services. Si la domotique traditionnelle occupe une place prépondérante, les technologies avancées assurent aussi confort et sécurité.

Des planchers sensibles qui permettent de donner l’alarme en cas de chute, des tablettes interactives au service des résidents pour commander les différentes fonctions de leur logement comme les stores, l’éclairage ou l’ouverture des portes, mais aussi pour commander leur repas ou se divertir, se conjuguent à d’autres aides technologiques afin d’assurer un séjour sécuritaire, paisible et confortable.

Évolution au Québec

Ce nouveau type de résidence pour aînés reçoit aussi un écho favorable ici, au Québec. La dernière proposition de la CAQ qui, avec ses «maisons des aînés», veut remplacer tous les CHSLD, va dans cette direction. Ces lieux se voudront modernes, à dimension humaine, avec plus de confort et de services.

Si cette proposition se veut une réponse aux désirs des baby-boomers qui ne sauraient se satisfaire de la situation actuelle, elle ne pourrait être la seule. Tout le marché des résidences pour aînés va devoir évoluer pour répondre aux aspirations de cette génération qui arrive à l’âge de la retraite. Après des années souvent passées dans des maisons unifamiliales, les baby-boomers désirent plus de commodités, moins de soucis, mais tout autant de confort.

Les nouvelles technologies seront à coup sûr une des clés du succès de ces nouvelles résidences, mais elles devront aussi assurer confort et sécurité dans un environnement fonctionnel et convivial. Les défis sont nombreux, car aujourd’hui les standards sont élevés. La climatisation, par exemple, n’est plus une option, mais une norme.

Les résidences de demain ne devront cependant pas oublier qu’elles sont avant tout des espaces de vie. Le mélange intergénérationnel, des espaces communs conviviaux et une offre de services diversifiés sont quelques-unes des clés du succès. Elles devront aussi proposer des possibilités flexibles pour que les personnes en perte d’autonomie puissent passer d’appartements autonomes à semi-autonomes, voire médicalisés sans changer de cadre de vie.

Les défis sont grands, car les besoins vont en augmentant. Dans les 20 prochaines années, la demande en lits de soins de longue durée pourrait presque doubler selon le Conference Board of Canada. Si ce chiffre représente les besoins en bout de chaîne, les besoins dans les résidences qui accueilleront les aînés suivent la même évolution.