Limoilou

Limoilou: un quartier vivant et revitalisé

Avec ses étroites ruelles grouillantes d’activités, de chats et de jeux d’enfants, avec ses rues aux grands arbres fleuris et ses immeubles à logements aux escaliers en colimaçon, Limoilou est un quartier qui rassemble bon nombre de jeunes familles, d’entrepreneurs et d’habitués. Et qui est en pleine effervescence.

La communauté bigarrée de Limoilou est l’une de ses forces: c’est que le quartier, qui reçoit une véritable dose d’amour de ses citoyens depuis quelques années, a d’ailleurs son propre mot-clic, tel un slogan : #Limoilove. Une façon pour la collectivité de se réapproprier son quartier, notent les observateurs. 

De quartier agricole à lieu tendance

Limoilou n’a pas toujours été branché. Le quartier a d’abord eu une vocation agricole, rappelle la Société historique de Limoilou. Son histoire a débuté en même temps que celle de Québec puisque c’est sur les berges de la rivière Saint-Charles que Jacques Cartier a établi son campement d’hiver en 1535, à l’emplacement actuel du parc Cartier-Brébeuf. 

Au fait, savez-vous d’où vient le nom Limoilou? Le nom rend hommage à Jacques Cartier et fait référence au manoir Limoilou, situé près de Saint-Malo en Bretagne, où il a vécu les dernières années de sa vie. 

Jusqu’au début du 20e siècle, le quartier avait essentiellement une vocation agricole. Il a ensuite connu un véritable boum industriel, attirant les résidents par milliers en quête d’un gagne-pain. Si le quartier est quadrillé comme à New York avec des simples numéros de rues et d’avenues, c’est notamment en raison de son développement accéléré à cette époque. Une seule terre, qui couvrait tout le Vieux-Limoilou, avait alors été divisée en centaines de lots sur le même modèle, informe l’historien Réjean Lemoine, dans son ouvrage «Limoilou, un quartier effervescent».  

Le sac de magasinage Limoilou, une initiative de la SDC Limoilou, est vendu au coût de 16$ dans certains commerces.

Des ruelles vivantes

Encore aujourd’hui, les ruelles font partie intégrante du paysage de Limoilou. Servant à la fois de cour arrière, de terrain de jeux, de stationnement et de lieu de transit, elles sont de véritables milieux de vie où enfants, piétons, cyclistes et voitures se côtoient chaque jour. Limoilou compte aussi de nombreux parcs et grands espaces verts, que ce soit le Domaine Maizerets, le lieu historique national Cartier-Brébeuf ou encore le parc linéaire de la Rivière-Saint-Charles.

Un fort sentiment d’appartenance

Le quartier subit une nouvelle métamorphose depuis quelques années. Qualifié de quartier «trendy» par le New York Magazine en 2014, Limoilou a rapidement développé un fort sentiment de fierté au sein de sa communauté. Outre le fameux #Limoilove qui se multiple sur les réseaux sociaux, les habitants tout comme les amoureux du quartier affichent leur sentiment d’appartenance. Comment? En achetant le nouveau sac de magasinage à son effigie, lancé le mois dernier par la SDC Limoilou, et vendu dans différents commerces du secteur. Ou d’autres produits ciblés comme les macarons d’Article 721, la bière Limoilove et l’indémodable t-shirt «Limoilemonde», créé et popularisé par la marque locale Baltrakon il y a une dizaine d’années et sur lequel Limoilou apparaît aux côtés des villes New York, Londres, Tokyo et compagnie. Même sans slogan ni identification, les résidents du quartier affichent leur appartenance en encourageant l’économie locale. 

Le Gros Loup comme figure emblématique

Connaissez-vous le Gros Loup? Il trône depuis 2016 à l’intersection de la 3e Avenue et du chemin de la Canardière, en remplacement de l’horloge presque mythique. Conçue et réalisée par l’artiste Guillaume Tardif, cette œuvre d’art représentant un loup incarne une présence bienveillante qui veille du haut de son socle et observe les gens et leur quartier. Sculptée dans du fer forgé et de la dentelle mécanique des retailles de lames de patin, l’œuvre fait écho au patrimoine architectural du quartier, dont les fameux garde-corps et escaliers en colimaçon.  

Pourquoi l’emblème du loup? De l’expression «Limoilou les gros loups» jusqu’au loup empaillé qui a été sauvé des flammes de l’incendie des Fourrures Roméo Falardeau en 2014, il semble que le loup est central dans l’iconographie du quartier et transcende les générations. Et qu’il est là pour rester.