Chantal Demers
Chantal Demers

Les négos du secteur public

«N’attendons pas la prochaine crise», dit la CSN

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
Les services publics ont depuis trop longtemps été sous-financés et mis de côté, juge la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Or, il est « plus que temps » de renverser la vapeur et que le gouvernement réinvestisse massivement dans les réseaux de la santé et de l’éducation et dans ses organismes gouvernementaux.

Le soutien de la population

La centrale syndicale n’est pas la seule à faire ce constat. De façon générale, la population a depuis longtemps compris l’importance des services essentiels publics et s’est montrée encore plus sympathique à l’égard des travailleurs ces dernières semaines, estime la CSN. «Ce vent de solidarité a fait beaucoup de bien pour les travailleuses et les travailleurs, qui sont épuisés et à bout de ressources. Cependant, les mercis ne suffisent pas», indique la vice-présidente.

Une chaîne de travailleurs essentiels

Depuis près de trois mois, des centaines de milliers de femmes et d’hommes des réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation sont «sur la ligne de front» pour accompagner les Québécoises et les Québécois dans cette crise sans précédent. La CSN rappelle que, sans tous les autres membres du personnel du secteur public qui travaillent dans l’ombre et qui contribuent grandement au maintien et au bon fonctionnement des services à la population, rien de tout cela ne serait possible. Dans les bureaux, dans les cuisines, dans les buanderies, au service d’entretien, etc.: ils sont des dizaines de milliers et même davantage à permettre que la « chaîne des services publics ne soit pas brisée. Ce sont tous des travailleurs essentiels», insiste Mme Senneville.

Audrey Sévigny

À quand une vraie négociation?

La CSN déplore le manque d’ouverture du gouvernement à dialoguer réellement avec les principaux acteurs des réseaux. «Nous sommes face à un gouvernement qui, jusqu’à maintenant, ne privilégie pas la collaboration. Il ne négocie pas, il décide, comme en témoignent les nombreux arrêtés ministériels des dernières semaines. Nous avons pourtant aujourd’hui un exemple flagrant des dégâts que peut causer une gestion des réseaux déconnectée de la réalité du terrain.»

Mme Senneville rappelle que les revendications portées par la CSN aux tables de négociation sont, en fait, autant de solutions à apporter aux problèmes vécus dans les services publics. Par exemple, la gratuité de la formation pour les préposés aux bénéficiaires, qui a été annoncée par le gouvernement, était depuis longtemps réclamée par la CSN. «Il faut travailler ensemble; solidifier le filet social. Il faut agir maintenant avant qu’arrive une prochaine crise.»

La CSN en chiffres

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) réunit plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d'activité. Avec plus de 150 000 membres travaillant dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux, la CSN est la centrale la plus représentative dans le secteur public au Québec.