Pavillon des Premiers-Peuples, campus de Val-d’Or.

L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC CÉLÈBRE SES 50 ANS

Tisser des liens avec les peuples autochtones

Grâce à leur présence active dans les régions du Québec, les établissements du réseau de l’Université du Québec tissent des liens avec les populations autochtones. Une offre de formation, de même que des mesures de soutien et d’encadrement spécifiques aux réalités géographiques, culturelles et socioéconomiques des peuples autochtones se déploient pour les accompagner dans leurs projets.

Depuis les années 70, l’UQAC et l’UQAT font figure de pionnières dans la province en raison du choix qu’elles ont fait d’élaborer des programmes qui tiennent compte des approches d’apprentissage et de transmission des connais­sances propres aux Autochtones. Aujourd’hui, ces deux établissements regroupent d’ailleurs la plus forte concentration d’étudiants autochtones inscrits aux études supérieures au Québec.

En 2016, l’UQAT a même fran­chi un pas supplémentaire en créant l’École d’études autochtones.
À ce jour, il s’agit du seul département universitaire québécois à considérer les études autochtones avec une approche holistique. Depuis les sciences de l’envi­ronnement jusqu’à la gestion, en passant par les études autochtones, les sciences de la santé et le tourisme, tous les cours proposés y sont ensei­gnés dans une perspective autochtone. 

Aménagements particuliers et recherche

Donner un meilleur accès à l’université aux étudiants autochtones, un milieu qui leur inspire généralement une certaine méfiance, passe également par des aménagements particuliers. Ceux-ci peuvent consister à leur enseigner dans leur communauté, à leur offrir un espace de rencontre, à leur créditer un cours d’introduction aux langues autochtones, ou encore à les aider à concilier travail, famille et études. Ces dispositions ont notamment pour effet de valoriser l’identité de ces étudiants.

Le réseau de l’Université du Québec apporte enfin une contribution importante à la recherche réalisée en collaboration et en partenariat avec les peuples autochtones – qui représentent 140 000 personnes au Québec –, voire par les peuples autochtones eux-mêmes. Dans les faits, les chercheurs associés au réseau effectuent le tiers de la recherche universitaire québécoise portant sur les enjeux autochtones en sciences sociales et humaines ainsi qu’en sciences naturelles et génie.

De la formation et des services

À l’Université du Québec, différentes formations et une multitude d’initiatives permettent de répondre aux besoins des peuples autochtones, contribuant à la fois à leur essor et à une compréhension plus juste de leur environnement.

  • Depuis l’été 2017, l’UQAM offre, en collaboration avec l’UQAT et l’Université de Montréal, un cours d’été sur les enjeux liés aux mondes autochtones dans la communauté atikamekw de Manawan. L’UQAM propose également un programme de certificat en éducation à la petite enfance à des éducatrices en milieu autochtone, une école d’été sur la gouvernance autochtone au féminin, de même qu’une concentration de premier cycle en études autochtones. Parallèlement aux services d’accueil et de soutien dédiés aux Autoch­tones, le groupe étudiant le Cercle des Premières Nations se veut un centre de ressources, d’entraide et de rendez-vous entre étudiantes et étu­diants non-autochtones et autochtones.
  • Lieu d’accueil, d’encadrement et de consultation, le Centre des Premières Nations Nikanite permet à l’UQAC d’offrir la formation universitaire aux populations autochtones à
    travers divers programmes d’études (certificat en techno­linguistique autochtone, perfectionnement en transmission d’une langue autochtone, baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, programme court de premier cycle en intervention jeunesse autochtone). De plus, le Centre anime le colloque sur la persévérance et la réussite scolaires chez les peuples autochtones.
  • À l’UQAR, dans le cadre de la formation en travail social, des cours comme celui en Culture autochtone ou Enjeux et défis contemporains autochtones visent à intégrer des méthodes et des approches d’intervention sociale adaptées aux cultures autochtones, plus particulièrement celles de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent. 
  • L’UQO propose aux étudiants une maîtrise ainsi qu’un diplôme d’études supérieures spécialisées en sciences sociales du développement avec concentration en études autochtones.
  • À l’ENAP, un microprogramme de 2e cycle en administration publique portant sur la gestion en contexte autochtone a été lancé en septembre 2017. Cette année sont venus s’ajouter un deuxième microprogramme et un programme court en gestion publique en contexte autochtone. Ces microprogrammes sont offerts en partenariat avec l’UQAT, l’UQAC et le Conseil en Éducation des Premières Nations.
  • Grâce à sa formule d’enseignement flexible et personnalisée, la TÉLUQ donne accès à une formation universitaire de qualité aux étudiants des peuples autochtones. Tous les programmes y sont offerts à distance et, de ce fait, les étudiants peuvent suivre leurs cours tout en demeurant dans leur communauté.

Des établissements actifs à l’égard de la recherche 

La rencontre des peuples autochtones, c’est aussi une recherche riche et variée qui aide à bâtir des ponts. Depuis longtemps déjà, le réseau de l’Université du Québec réalise des travaux qui font de lui un vecteur de changement social. 

  • L’UQAM abrite le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines (GRIAAC), étroitement associé au Centre interuniversitaire d’études et de recherche autochtone de l’Université Laval.
  • À l’UQTR, au cours des dernières années, plusieurs projets de recherche ont été menés avec les communautés autochtones en sciences de l’éducation, en sciences de l’environnement, en psychoéducation, en sciences infirmières et en génie.
  • Le Centre des Premières Nations Nikanite de l’UQAC aura l’occasion d’intensifier encore davantage son enga­gement en recherche dans le cadre de son partenariat avec la nouvelle Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment.
  • À l’UQAT, au sein de l’École d’études autochtones et du laboratoire de recherche sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones – Mikwatisiw, l’équipe professorale mène des travaux sur les enjeux territoriaux et environnementaux, la foresterie autochtone et le développement nordique.
  • À l’INRS, un chercheur s’intéresse à la citoyenneté des jeunes des peuples autochtones au Québec, aux espaces au­toch­tones à Montréal et dans d’autres villes de la province, ainsi qu’à l’autonomie territoriale et à la violence contre les femmes autochtones au Canada et en Amérique latine. Une autre travaille quant à elle avec les communautés autochtones nordiques et urbaines. Celle-ci mène des projets en lien avec le mode de vie et les besoins des femmes inuites. Ses travaux touchent notamment les dynamiques contemporaines sociale, culturelle, économique et de genre dans les communautés autochtones, de même que les rôles des femmes dans le développement de leur territoire.
  • À la TÉLUQ, une chercheuse possédant une expertise en écotoxicologie travaille sur la santé autochtone.
Dans le cadre d’un cours terrain, une vingtaine d’étudiants se sont rendus dans la communauté de Manawan.
Cohorte finissante au certificat en intervention et en prévention des dépendances chez les jeunes des Premières Nations (UQAC, 2018).
Lancement de la première cohorte des programmes gestion en contexte autochtone de l’ENAP: Mira Levasseur-Moreau, directrice de la gouvernance au Centre en éducation des Premières Nations (CEPN); Eve Bastien, chargée du post­secondaire au CEPN; Michelle Jacob, coordonnatrice des programmes en administration publi­­­que «gestion en contexte autochtone», ENAP; Juliette Champagne, directrice de l’enseignement et de la recherche, ENAP; et Marco Bacon, directeur du Centre des Premières Nations Nikanite, UQAC. Absent de la photo (en visioconférence): Hugo Asselin, directeur de l’École d’études autochtones, UQAT.
Myriam Fillion, professeure au Département Science et Technologie de la Télé-université, possède une expertise en écotoxicologie et travaille sur la santé autochtone.

Établir le «DIALOG»

Le rapprochement avec les peuples autochtones trône au cœur de la mission de DIALOG, un réseau international de recherche et de connaissances relatives à ces populations. Trois établissements du réseau de l’Université du Québec et de nombreux chercheurs s’y rattachant y participent, dont l’INRS, qui en est le maître d’œuvre, de même que l’UQAM et l’UQAT. DIALOG vise à développer une meilleure compréhension de la réalité des peuples autochtones et des relations entre Autochtones et non-Autochtones. Il mise sur la coconstruction du savoir et favorise la prise en compte des besoins, des perspectives et des approches des Autochtones en matière de recherche et de politiques publiques.

Saviez-vous que...

  • C’est à l’UQAM que la professeure Lynn Drapeau a publié la première grammaire moderne de la langue innue. 
  • L’UQAT est la seule université québécoise à placer les Autochtones au cœur de sa mission institutionnelle en leur consacrant l’un des six enjeux de son Plan de dévelop­pement 2015-2020. L’Université a également réservé une place à un représentant des Autochtones à son conseil d’administration.
  • L’UQAC intervient aussi auprès des communautés autoch­tones sur le territoire de la Côte-Nord grâce à son Centre d’études universitaires de Sept-Îles.

L'UQ en chiffres :

Les peuples autochtones à l’Université du Québec, c’est…

  • 600 étudiants chaque année, dont 12% sont inscrits aux cycles supérieurs
  • 1000 diplômes accordés au cours des dix dernières années 
  • 100 chercheurs, environ, associés à des travaux sur différentes thématiques concernant les réalités autochtones 
  • 380 projets de recherche menés depuis 1999, pour un investissement global de 33,5 M$