Pauline Turgeon, coordonnatrice, Barbara Michel, directrice générale, Marc-Alain Olivier, Denise Goyette, fondatrice, et Me Jocelyn Vallerand, c.r., président du Relais d’Espérance.
Pauline Turgeon, coordonnatrice, Barbara Michel, directrice générale, Marc-Alain Olivier, Denise Goyette, fondatrice, et Me Jocelyn Vallerand, c.r., président du Relais d’Espérance.

Le relais d’espérance célèbre ses 40 ans

Marc-Alain Olivier : l’usager devenu employé

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
Fidèle au poste à chaque matin, Marc-Alain Olivier multiplie les tâches au Relais d’Espérance. Son titre officiel: adjoint administratif. Mais il est aussi homme à tout faire, informaticien, préposé aux rénovations, livreur, aide-comptable… et intervenant fantôme. Pourquoi ce rôle? «Les habitués du Relais connaissent mon passé et se confient à moi.»

La vie n’a pas fait de cadeau à Marc-Alain. Aîné d’une famille dysfonctionnelle, il a rapidement appris à se défendre avec ses poings, répétant ainsi le modèle paternel. «Dès l’âge de cinq ans, je savais que mon père mettait fin aux arguments du poing droit», raconte-t-il. Adepte de l’école buissonnière, le jeune Marc-Alain a cumulé les embûches et les délinquances. Alternant entre les rechutes et les excès, entre les séjours derrière les barreaux et sur un lit d’hôpital, il vivait sa vie de jeune adulte sans se soucier des impacts, sans ralentir. «J’ai toujours brûlé la chandelle par les deux bouts. Je savais que j’avais des problèmes, mais ça m’a pris du temps à le réaliser.»

À l’âge de 37 ans, père monoparental, son cœur a lâché. Un infarctus qui sonne l’alarme et l’entraîne vers une longue dépression. Jusqu’au jour où il a mis son orgueil de côté pour demander de l’aide. «C’est un travailleur social qui m’a parlé du Relais d’Espérance, pour briser mon isolement et m’aider à remonter la pente.»  

Sauvé par le Tai Chi  

Il s’est donc inscrit à des cours de Tai Chi offerts au Relais d’Espérance. «Ça m’a sauvé. Je suis rapidement devenu un habitué.»

De fil en aiguille, il s’est impliqué, a redoublé d’efforts et a, graduellement, repris sa vie à main. Lorsqu’on lui a proposé de suivre programme de réinsertion sociale, il a saisi la balle au bond. «Je voulais travailler au Relais, a-t-il insisté. Ça a été le déclic! Comme j’étais habile de mes mains, je suis devenu homme à tout faire. Et je le suis toujours, plusieurs années plus tard!»

Marc-Alain Olivier a célébré ses 30 ans de sobriété avec l’équipe du Relais d’Espérance.

Un exemple à suivre

Sobre depuis plus de 30 ans, l’homme a retrouvé la santé, bien qu’elle soit toujours fragile. «Le passé laisse des traces», dit celui qui essaie de rester actif, notamment par son travail.

Un emploi qui le valorise et le rend fier. En fait, pour les usagers qui fréquentent le lieu, Marc-Alain est un exemple à suivre. «Je n’aime pas le mot exemple, ni modèle, puisque je ne l’ai pas été dans ma vie. Mais j’espère que mon parcours peut inspirer les gens. Je veux leur donner espoir et courage.»

Ce dernier n’hésite pas à partager son vécu et son expérience. Il raconte en détails les moments de sa vie qui l’ont marqué, tant les plus beaux, comme la naissance de son fils et la fierté qu’il a toujours en parlant de lui, que les plus difficiles, allant de la violence familiale, l’alcoolisme et la dépression.

Malgré cela, l’homme continue son travail au quotidien. «Ici, je me sens utile. Je travaille avec une équipe formidable et je leur offre du support. Chaque jour est différent et apporte de nouveaux défis.»

Lors de son entretien avec Le Soleil, il était confiné à la maison, mais travaillait à distance et se gardait occupé.

Soutenir les plus démunis en période de crise  

Bien que les activités du Relais d’Espérance soient actuellement suspendues, le travail en coulisses se poursuit, et ce, 12 mois par année. Des boîtes de denrées ont été préparées ces derniers jours et des employés se relaient afin d’offrir le service d’écoute téléphonique. Comme bien d’autres organismes, le Relais d’Espérance a plus que jamais besoin de dons et de soutien.

Fondé à Québec en 1980, le Relais d’Espérance est un organisme de première ligne à Québec accueillant des personnes vivant des difficultés psychologiques, sociales, physiques et économiques. Pour souligner son 40e anniversaire, l’organisme vous propose un nouveau rendez-vous mensuel, afin de mettre en lumière à la fois les gens qui ont bâti le Relais, mais aussi ceux qui en bénéficient.

Cette série est rendue possible grâce à un précieux donateur, Stéphane Savard. Faites comme lui et donnez généreusement au Relais d’Espérance en cliquant ici.

 Prochain rendez-vous : 2 mai