Denise Goyette a fondé le Relais ­d’Espérance afin d’accueillir les personnes seules, démunies et exclues.

Le relais d’espérance célèbre ses 40 ans

Denise Goyette: accueillir les gens, sans préjugé, ni tabou

Denise Goyette a toujours aimé recevoir les gens. Les écouter, les soutenir. À preuve, lorsque Le Soleil s’est présenté à sa résidence pour une entrevue, elle avait sorti la vaisselle des grandes occasions, préparé le café et acheté quelques mignardises.

Bien qu’elle se déplace désormais avec une canne, la nonagénaire défend quiconque de ­l’aider. «Je suis moins rapide et stable qu’avant, mais j’ai encore ma tête et mon cœur», répond celle qui a fondé le Relais ­d’Espérance il y a 40 ans.

Encore aujourd’hui, après avoir entendu des milliers de témoignages et tenu à bout de bras, pendant plusieurs années, son organisme communautaire, elle se sent toujours interpellée par la détresse des gens. «Surtout celle des gens qui sont seuls et exclus», renchérit-elle. 

De service à organisme reconnu

Comme sa clientèle, le Relais d’Espérance a changé et évolué au fil des années. D’abord associé au centre paroissial et appelé le Service d’entraide humanitaire de Québec, il était principalement dédié à la communauté gaie exclue par la société. C’est d’ailleurs la perte de son emploi, à la suite d’une entrevue télévisée sur son appartenance à la communauté gaie, qui lui a ­donné l’idée de fonder son organisme.

«Mais je ne voulais pas être exclusive, ni être catégorisée. Je voulais accueillir tous ceux et celles qui se sentaient isolés. D’où le changement de nom», relate-t-elle.

Organisme de première ligne, le Relais d’Espérance a vu le jour en 1980 sur la rue de Montmartre, dans le quartier Saint-Sauveur. Depuis ses premiers balbutiements jusqu’à aujourd’hui, son service de première ligne permet aux personnes en situation de vulnérabilité de briser l’isolement afin d’amorcer une démarche personnelle de réinsertion.

«Je les recevais tous personnellement. Au départ, je n’avais pas un sou et j’étais seule. J’étais toujours sur place. Je faisais du troc et je négociais avec les entreprises autour pour solliciter des dons de toutes sortes: alimentaires, du mobilier, en rénovation…», se remémore la dame qui a bâti de A à Z son organisme.

Depuis 1998, l’organisme de première ligne est installé au 1001, 4e Avenue, dans le quartier Limoilou.
Le Relais d’Espérance a vu le jour en 1980 sur la rue Montmartre, à Québec.

Un lieu de passage ­apprécié à Québec

Travailleuse sociale et infirmière de formation, Denise Goyette a toujours été portée à aider les gens, avec le respect des différences et le droit à la dignité. «Mais je refusais qu’ils s’apitoient sur leur sort. Je les aidais à ce qu’ils se reprennent en main», poursuit celle qui en a fait une vocation.

Avec sa petite équipe de ­bénévoles et d’intervenants, Mme Goyette a fait grandir son organisme, tout comme sa mission. « Nous avons toujours eu le soutien et l’aide des communautés religieuses de la région. Cette aide m’a été précieuse.» 

Encore aujourd’hui, l’organisme communautaire offre une pluralité d’activités et de services à sa clientèle, afin qu’elle puisse réintégrer la société. «Ils entrent quand ils en ressentent le besoin. Certains en font un ­rendez-vous hebdomadaire, d’autres viennent sporadiquement. Ils peuvent échanger ou garder le silence. Nous les référons à d’autres organismes lorsqu’ils en font la demande», résume la fondatrice.

Passer le flambeau

En 1998, alors que son «bébé» atteignait la majorité, Denise Goyette a tiré sa révérence. «J’étais fatiguée. Il était temps pour moi de passer le flambeau et de me reposer». 

Depuis, l’organisme est déménagé sur la 4e Avenue dans Limoilou, afin de répondre aux besoins d’une clientèle grandissante, et a délaissé les événements religieux et les célébrations à grand déploiement. Les paniers de nourriture ont fait place à l’implantation d’un service de distribution alimentaire et une fondation a aussi été mise sur pied, permettant de développer le volet philanthropique. L’organisme a d’ailleurs été associé à l’été dernier au populaire BBQ du maire, afin d’amasser des fonds. 

Mais, 40 ans plus tard, le mot de bienvenue demeure le même: «Un accueil inconditionnel pour tous».

Fondé à Québec en 1980, le Relais d’Espérance est un organisme de première ligne à Québec accueillant des personnes vivant des difficultés psychologiques, sociales, physiques et économiques. Pour souligner son 40e anniversaire, l’organisme vous propose un nouveau rendez-vous mensuel, afin de mettre en lumière à la fois les gens qui ont bâti le Relais, mais aussi ceux
qui en bénéficient.  

Cette série est rendue possible grâce à un précieux donateur, Stéphane Savard. Faites comme lui et donnez généreusement au Relais d’Espérance au www.lerelaisdesperance.org/donnez.html

Prochain rendez-vous : 26 mars