Contenu commandité
Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Le relais d’espérance célèbre ses 40 ans

Marc-Alain Olivier : l’usager devenu employé

Fidèle au poste à chaque matin, Marc-Alain Olivier multiplie les tâches au Relais d’Espérance. Son titre officiel: adjoint administratif. Mais il est aussi homme à tout faire, informaticien, préposé aux rénovations, livreur, aide-comptable… et intervenant fantôme. Pourquoi ce rôle? «Les habitués du Relais connaissent mon passé et se confient à moi.»

La vie n’a pas fait de cadeau à Marc-Alain. Aîné d’une famille dysfonctionnelle, il a rapidement appris à se défendre avec ses poings, répétant ainsi le modèle paternel. «Dès l’âge de cinq ans, je savais que mon père mettait fin aux arguments du poing droit», raconte-t-il. Adepte de l’école buissonnière, le jeune Marc-Alain a cumulé les embûches et les délinquances. Alternant entre les rechutes et les excès, entre les séjours derrière les barreaux et sur un lit d’hôpital, il vivait sa vie de jeune adulte sans se soucier des impacts, sans ralentir. «J’ai toujours brûlé la chandelle par les deux bouts. Je savais que j’avais des problèmes, mais ça m’a pris du temps à le réaliser.»

À l’âge de 37 ans, père monoparental, son cœur a lâché. Un infarctus qui sonne l’alarme et l’entraîne vers une longue dépression. Jusqu’au jour où il a mis son orgueil de côté pour demander de l’aide. «C’est un travailleur social qui m’a parlé du Relais d’Espérance, pour briser mon isolement et m’aider à remonter la pente.»  

Sauvé par le Tai Chi  

Il s’est donc inscrit à des cours de Tai Chi offerts au Relais d’Espérance. «Ça m’a sauvé. Je suis rapidement devenu un habitué.»

De fil en aiguille, il s’est impliqué, a redoublé d’efforts et a, graduellement, repris sa vie à main. Lorsqu’on lui a proposé de suivre programme de réinsertion sociale, il a saisi la balle au bond. «Je voulais travailler au Relais, a-t-il insisté. Ça a été le déclic! Comme j’étais habile de mes mains, je suis devenu homme à tout faire. Et je le suis toujours, plusieurs années plus tard!»

Le relais d’espérance célèbre ses 40 ans

Denise Goyette: accueillir les gens, sans préjugé, ni tabou

Denise Goyette a toujours aimé recevoir les gens. Les écouter, les soutenir. À preuve, lorsque Le Soleil s’est présenté à sa résidence pour une entrevue, elle avait sorti la vaisselle des grandes occasions, préparé le café et acheté quelques mignardises.

Bien qu’elle se déplace désormais avec une canne, la nonagénaire défend quiconque de ­l’aider. «Je suis moins rapide et stable qu’avant, mais j’ai encore ma tête et mon cœur», répond celle qui a fondé le Relais ­d’Espérance il y a 40 ans.

Encore aujourd’hui, après avoir entendu des milliers de témoignages et tenu à bout de bras, pendant plusieurs années, son organisme communautaire, elle se sent toujours interpellée par la détresse des gens. «Surtout celle des gens qui sont seuls et exclus», renchérit-elle. 

De service à organisme reconnu

Comme sa clientèle, le Relais d’Espérance a changé et évolué au fil des années. D’abord associé au centre paroissial et appelé le Service d’entraide humanitaire de Québec, il était principalement dédié à la communauté gaie exclue par la société. C’est d’ailleurs la perte de son emploi, à la suite d’une entrevue télévisée sur son appartenance à la communauté gaie, qui lui a ­donné l’idée de fonder son organisme.

«Mais je ne voulais pas être exclusive, ni être catégorisée. Je voulais accueillir tous ceux et celles qui se sentaient isolés. D’où le changement de nom», relate-t-elle.