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Le Québec de demain automne 2018

Ces enjeux dont on parle moins

La santé, l’éducation, la mobilité durable, l’immigration, l’emploi et l’environnement sont des enjeux importants qui tiennent le haut du pavé dans les débats de la présente campagne électorale. Toutefois, il y a aussi beaucoup d’autres enjeux dont on parle un peu moins, mais qui n’en demeurent pas moins importants, surtout pour ceux qui militent en leur faveur. Voici quelques-unes de ces revendications qui sauront peut-être capter l’attention des partis politiques qui aspirent à former le prochain gouvernement.

La gestion des déchets

Le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) considère que la consigne des contenants de boisson, la valorisation énergé­tique, la gestion des matières ­organiques et la traçabilité des matières recyclables représentent des enjeux majeurs. L’organisme demande notamment aux partis politiques de proposer des solutions aux surplus de matières récupérées auxquels font face plusieurs centres de tri depuis que la Chine a fermé ses portes à l’importation des matières ayant un taux de contamination trop élevé.

La francisation

La coalition Partenaires pour un Québec français (PQF) veut ramener la question de la langue au cœur des débats électoraux. La coalition, qui compte plusieurs syndicats dans ses rangs, allègue que «faire du français la seule ­langue commune et officielle est la condition première pour assurer l’avenir du français au Québec, seul État francophone de ­l’Amérique du Nord. Le français est de moins en moins la langue commune si l’on considère que la population dont le français est la langue d’usage est en voie de ­descendre sous la barre des 50% à Montréal et des 80% dans ­l’ensemble du Québec», peut-on lire sur son site.

Le Québec de demain automne 2018

Élections générales au Québec: testez vos connaissances!

Plusieurs événements importants, des décisions majeures et des débats publics alimentent les campagnes électorales et font jaser les citoyens partout, autant devant les machines à café à l’usine qu’au bureau. Pour le simple plaisir de tester vos connaissances, voici quelques sujets qui ont pimenté les campagnes électorales des dernières années. Consultez les réponses à la fin… mais seulement après avoir répondu aux questions, bien entendu!

1. Un conseil municipal a fait parler de lui pour avoir adopté un code de conduite pour les immigrants vivant sur son territoire. Lequel?

A    Saint-Léonard-d’Aston

B    Hérouxville

C    L’Anse-à-Beaufils

2. Les accommodements raisonnables ont largement alimenté les débats conduisant à ce scrutin général. Lequel?

A    Mars 2007

B    Décembre 2008

C    Septembre 2012

3. Ce sujet a enflammé les débats publics conduisant aux élections générales du 14 avril 2003. 

A    La construction du Centre Vidéotron

B    Le sort du chantier Davie

C    Les défusions municipales

4. Quelle manifestation citoyenne a eu lieu à Montréal à quelques jours du scrutin du 7 avril 2014? 

A    Contre la charte de la laïcité

B    Pour la charte de la laïcité

C    Pour porter le salaire minimum à 10$ l’heure

5. Un conflit étudiant connu sous le nom du «Printemps érable» a été au cœur de la campagne électorale de cette année-là.

A    Mars 2007

B    Décembre 2008

C    Septembre 2012

Le Québec de demain automne 2018

Pour une réelle égalité des chances de réussite

Aux yeux de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente près de 38000 membres, l’école publique doit pouvoir assurer une réelle égalité des chances de réussite pour tous les élèves. Pour ce faire, la FAE revendique un financement stable, le respect de l’autonomie professionnelle des enseignantes et des enseignants et la valorisation de leur expertise.

Assurer un financement ­stable du réseau public 

Depuis 20 ans, l’école publique croule sous le poids des compressions et des réformes qui pèsent sur les épaules des enseignantes et des enseignants, à qui on demande sans cesse d’en faire davantage avec toujours moins. L’égalité des chances passe par un financement stable et continu.    

«L’effort budgétaire doit être à la hauteur des promesses faites par les différents partis politiques en cette période électorale. Les coupes des dernières années, qui se sont élevées à 1,5 milliard de dollars entre 2010 et 2016, continuent de nuire au travail réalisé par les acteurs du monde de l’éducation. L’école publique peine à remplir sa mission, car elle n’en a simplement pas les moyens», fait valoir le président de la FAE, Sylvain Mallette.    

Mettre fin au financement public des écoles privées

Le gouvernement du Québec a choisi de financer les écoles privées à même les fonds publics, soit environ 500 millions de dollars par an, privant le réseau public de sommes importantes et récurrentes. En alimentant la concurrence entre les réseaux public et privé, l’État oblige les écoles publiques à mener certaines opérations pour retenir les meilleurs élèves.  

«Pour assurer l’égalité des chances, il faut aller vers une fin graduelle du financement public des écoles privées. Nous respectons les parents qui font le choix de l’école privée, mais ils devraient en assumer la facture, comme dans plusieurs autres provinces canadiennes, soutient M. Mallette. En maintenant le financement des écoles privées, les enseignantes et les enseignants du réseau public sont confrontés injustement à des besoins plus nombreux en raison d’une population d’élèves plus hétérogène, avec des moyens insuffisants.» 

Le Québec de demain automne 2018

Assurer des soins ­sécuritaires aux patients

Assurer des soins de qualité et sécuritaires aux patients constitue une priorité pour les professionnelles associées à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). Afin d’y parvenir, des projets-ratios ont été implantés dans chacune des régions du Québec, une initiative qui suscite l’enthousiasme.

«Ces projets sur les ratios professionnelles / patients représentent l’un des leviers importants dans l’amélioration des soins de santé, confirme la présidente de la FIQ, Nancy Bédard. Cette demande, qui chemine depuis trois ans, a fait ses preuves ailleurs dans le monde, notamment en Californie et en Australie. Au total, sur tout le territoire québécois, 13 projets ont démarré cet été et quatre autres verront le jour au cours de l’automne.»

Unités de médecine, de chirurgie, CHSLD, salles d’urgence, soins à domicile, inhalothérapie, établissements privés conventionnés: tous les types de milieux ont été intégrés à la démarche. Dans les faits, le nombre et la composition des équipes de soins ont été revus, de même que les conditions nécessaires à la prestation de soins sécuritaires. La durée des phases de préimplantation et d’implantation est de six mois.    

Le Québec de demain automne 2018

Des priorités pour les professions réglementées

L’environnement socioéconomique se transforme et exige une évolution des pratiques dans toutes les sphères du monde du travail. Les ordres professionnels, dans leur fonction de protection du public, font face à différents défis, lesquels représentent autant de priorités pour le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) qui profite de la campagne électorale pour interpeller les principaux partis politiques.

Des professionnels immigrants mieux intégrés

La trajectoire d’intégration des personnes immigrantes qui arrivent au Québec comprend de nombreuses étapes. Pour les quelque 10% d’entre elles souhaitant pratiquer l’une des 54 professions réglementées au Québec, il faut d’abord obtenir un permis d’un ordre professionnel. Fortement sollicités pour combler certains besoins de main-d’œuvre spécialisée, les candidats formés à l’étranger doivent donc constituer une priorité pour la société. 

Dans les circonstances, il convient d’agir prestement dans le but de faciliter l’accès de ces nouveaux arrivants aux stages et à la formation d’appoint requis, dans plusieurs cas, afin d’assurer l’atteinte des standards de pratique québécois. 

«C’est une question importante de protection du public et d’équité envers les professionnels formés ici, au Québec», explique la ­présidente du Conseil interprofessionnel du Québec, Mme Gyslaine Desrosiers. 

Afin d’accélérer ce processus, le Conseil demande au gouvernement de prévoir une provision budgétaire significative afin de financer adéquatement l’accès aux stages et à la formation d’appoint donnée dans nos établissements d’enseignement. Cet investissement est le principal moyen d’accélérer l’accession de ces nouveaux arrivants à un emploi de plein potentiel. 

Le Québec de demain automne 2018

La fonction publique manque de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre ne touche pas que le secteur privé. La fonction publique peine également à recruter et à retenir ses employés.

Alors que certains partis politiques proposent de réduire une fois de plus la taille de l’État et ainsi diminuer l’accessibilité de la population à des services publics de qualité, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) estime plutôt qu’il y a 15 000 postes à pourvoir dans les cinq prochaines années. Cette évaluation a été réalisée par le Secrétariat du Conseil du Trésor. «Après des années d’austérité, on a atteint la limite. Couper davantage, ce serait nuire aux services à la population», lance le président du SFPQ Christian Daigle à l’intention du prochain titulaire du Conseil du trésor.

Plusieurs corps de métiers et professions sont touchés par le manque de main-d’œuvre. 

«Nous avons un manque criant dans plusieurs domaines : des agents de secrétariat, des ouvriers, des inspecteurs, des techniciens en informatique, en ingénierie, en foresterie, etc. Toutes les régions cherchent à recruter», affirme M. Daigle.

Offrir de meilleures conditions salariales

La principale raison pour laquelle le gouvernement du Québec peine à recruter du personnel serait que les conditions d’attraction et de rétention ne sont pas assez généreuses par rapport au secteur privé, aux villes, aux ­universités et au gouvernement fédéral, soutient le SFPQ.

«Les jeunes font quelques années au sein de la fonction publique et se font ensuite recruter par des firmes privées qui leur offrent de meilleurs salaires. On est vu comme le club école en génie civil et en informatique !», illustre le président.

Les fonctionnaires québécois gagnent en moyenne 20,4% de moins que ceux du fédéral et 39,7 % de moins que ceux des municipalités. «Les salaires stagnent. Nous avons encore du rattrapage à faire si on veut augmenter notre pouvoir d’attraction et être compétitif», poursuit le président.

Le Québec de demain automne 2018

Le Québec de demain

À deux semaines du scrutin général pour renouveler le mandat des 125 députés de l’Assemblée nationale, plusieurs électeurs n’ont pas encore décidé pour qui ils voteront. Le débat de jeudi a sûrement contribué à faire pencher la balance en faveur d’un chef ou d’un autre dans l’esprit de certains, mais il y a fort à parier que celui du 20 septembre convaincra d’autres indécis. Dans toute élection, il y aura toujours un faible pourcentage d’électeurs qui hésiteront jusqu’à la dernière minute dans l’isoloir avant d’arrêter leur choix.

Voterez-vous pour le chef ou pour le candidat? Pour l’idéologie du parti ou pour son programme? Certaines organisations attendent que les partis en lice se prononcent sur des enjeux bien précis qui les concernent avant de donner ou non leur appui. Syndicats, ordres professionnels, mouvements sociaux et autres groupes d’intérêt ont des revendications qu’ils jugent essentielles pour définir le Québec de demain. 

Plusieurs organisations ont déposé des mémoires dans lesquels ils posent des questions et prennent clairement position dans une problématique donnée. Pour eux, des changements importants s’imposent pour faire évoluer notre société. Santé, éducation, transport collectif, développement durable, immigration, solidarité sociale, équité salariale et bien d’autres sujets alimenteront les promesses électorales jusqu’au 1er octobre.

Groupe Capitales Médias (GCM) a voulu donner une voix à quelques-uns de ces groupes pour leur permettre d’exprimer leurs attentes envers ceux et celles qui aspirent à former le prochain gouvernement. Publié dans les six quotidiens de GCM et diffusé sur leur application et leur site web respectifs, ce dossier spécial retiendra à coup sûr l’attention de nombreux candidats. L’avenir nous dira s’ils sauront en prendre acte.

Dans ce cahier, nous vous proposons aussi un jeu questionnaire pour tester vos souvenirs sur quelques débats qui ont enflammé les conversations au cours des élections des 15 dernières années. À vous de vous prêter au jeu.