Le match de l’emploi

Main d’œuvre: Des pertes majeures si on ne fait rien...

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
«Le plus inquiétant, voire apeurant, affirme Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), arrivera après la pandémie. Les secteurs du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie vivront des moments dramatiques, car la pandémie a forcé les entrepreneurs à mettre à pied des piliers de leur industrie. Si ces gens d’expérience dans leur domaine ont trouvé un emploi ailleurs, rien n’indique qu’ils reviendront au bercail. On pourrait voir des entreprises fermer leurs portes.»

Dans le vrai marché de l’emploi, avance-t-il, il faut quelques années pour former des ouvriers spécialisés. S’il y a eu des formations accélérées pour les préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, ça ne peut pas se faire dans le monde du tourisme, de l’hôtellerie ou la restauration. Si les piliers de l’industrie s’en vont, la perte des employés d’expérience sera très dure à vivre, même si plusieurs peuvent occuper les postes qui rouvriront.

Steeve Lavoie, président et chef de la direction CCIQ, soutient que les projets doivent s’additionner et non s’opposer pour la relance.

La pénurie perdure

Sur les territoires de la Chambre de Commerce et d’industrie de Québec et de la Chambre de commerce de Lévis, le problème de recrutement d’employés n’est pas nouveau. Depuis quelques années, le bas taux de chômage dans la grande région de Québec et de la  Chaudière-Appalaches avait montré une pénurie de personnel dans de multiples secteurs. 

Sur la Rive-Sud, Marie-Josée Morency, vice-présidente et directrice générale de la Chambre de commerce de Lévis, soumet le même constat. Elle relate une initiative du directeur du Sheraton et du centre des congrès de Lévis qui a offert de prêter ses employés pour les entreprises, sachant qu’il pourrait les perdre. En même temps Teknion cherchait du personnel. «Je les ai mis en con­tact en espérant que les deux organisations y trouvent leur compte. Ça fait partie de notre rôle», souligne-t-elle.

Mme Morency soutient que la formation en entreprise et la requa­lification pourraient s’avérer une solution utile, car cela développe les capacités des nouveaux employés, amène une motivation plus grande, une rétroaction immé­diate facilitant la rétention du personnel.

Marie-Josée Morency, vice-présidente et directrice générale de la Chambre de commerce de Lévis, insiste sur la nécessité de travailler en collaboration.

Des deux côtés du fleuve, les chambres de commerce misent sur les moyens de mettre en lumière des solutions pratiques et innovantes pour le recrutement de nouveaux employés. Les entreprises doivent déjà jouer avec les horaires, la conciliation travail-famille, la mise en place de conditions de travail attrayantes. Elles n’ont pas le choix de développer de nouvelles pratiques que ce soit le télétravail, l’automatisation des tâches ou le développement des technologies pour sortir de la crise.

La CCIQ planche sur des moyens de rapprocher les petits entrepreneurs des grands consortiums pour les grands chantiers, comme celui du tramway, car ce sont des donneurs d’ouvrage. M.Lavoie insiste aussi sur la nécessité de travailler en collaboration, pandémie ou pas. «Tous les projets doivent s’addi­tionner et non s’opposer pour la relance, pour que la ville et la région vivent un meilleur avenir économique», affirme-t-il. Mme Morency insiste aussi sur la nécessaire collaboration entre tous les acteurs du monde du travail pour redonner un élan à toute l’économie régionale.

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