M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale
M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

LE Match de l’emploi

Le Québec a besoin de tous ses talents !  

Avant que ne frappe la pandémie, le Québec connaissait une croissance économique particulièrement vigoureuse. Si le contexte a changé, le phénomène de rareté de la main-d’œuvre sévit toujours, côtoyant celui du chômage pandémique. Entrevue avec le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS), M. Jean Boulet.

M. Boulet, dans quelle mesure la crise sanitaire a-t-elle accentué, selon vous, les besoins de requalification de la main-d’œuvre au Québec?

La pandémie a agi comme un accélérateur de la requalification et du rehaussement des compétences parce qu’on s’est retrouvé avec du chômage, un surplus de main-d’œuvre dans certains secteurs tels le tourisme, la restauration, l’hébergement, les arts, la culture et l’industrie aérienne, par exemple. Le taux de chômage a monté, baissé un peu, mais il y a encore beaucoup de monde qui a besoin de formation soit de courte durée ou accélérée, ou encore de formations en alternance travail-études. On met beaucoup l’accent sur les façons alternatives de ­permettre aux personnes de se réorienter par des formations ­nouvelles soit au niveau professionnel, collégial ou universitaire. Il est important de faire en sorte que les individus soient en adéquation avec les besoins concrets du marché du travail.

Faites-nous, à grands traits, un rappel des programmes actuellement en place pour favoriser cette formation de la main-d’œuvre et des budgets alloués par Québec.

Dans la dernière mise à jour économique, 458 millions étaient alloués pour permettre notamment la requalification et le rehaussement des compétences. Ça nous a permis de lancer, à la fin du mois de novembre dernier, le PARAF, le Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation. À terme, ce programme devrait profiter à près de 20 000 personnes. Des sommes additionnelles ont depuis été ajoutées. Le PARAF donne accès à un soutien financier de 500$ par semaine et on assume les frais de scolarité et, le cas échéant, les frais de garde et les frais de transport. J’ai annoncé aussi un investissement de 19 millions pour stimuler les carrières dans les technologies de l’information. Tout cela vise notamment à encourager les gens, les femmes, les personnes immigrantes dans le domaine des TI. Il y a trois autres programmes qu’on déploie en collaboration avec d’autres ministères. L’Audit industrie 4.0, qu’on travaille avec le ministère de ­l’Économie et de l’Innovation pour aider à gérer le changement et le développement des compétences tout au long de la démarche de transformation numérique des entreprises. Avec le ministère de l’Immigration, on bonifie aussi ce qu’on appelle Accompagnement Québec. On considère la requalification, mais on accompagne également des personnes immigrantes pour accentuer leur régionalisation. Et récemment, j’ai annoncé quatre millions de dollars pour permettre de les accompagner dans la reconnaissance des compétences acquises à l’étranger. Finalement, il y a les programmes de rehaussement des compétences en entreprise où il est possible de rembourser de 50 à 85 % des coûts de formation par l’entremise du MTESS.     

Quels types d’emplois sont principalement visés par ces programmes? De quoi le Québec a besoin maintenant et à moyen terme?

Tous les types d’emplois où il y a de bonnes perspectives de réintégration dans le marché du travail sont visés. C’est certain qu’on a des priorités qui ont été établies à la suite du diagnostic des 500 métiers et professions en déficit de main-d’œuvre qu’on a réalisé avec la Commission des partenaires du marché du travail, mais ça tourne beaucoup autour des technologies de l’information, de la santé, de la construction et du domaine de l’éducation.

Quel message souhaitez-vous transmettre à celles et ceux qui ont perdu leur emploi et qui s’interrogent sur leur avenir professionnel? Comment ne laisser personne en marge de l’emploi et de l’économie?

Il ne faut pas hésiter et comprendre que, malgré la situation actuelle, des emplois sont disponibles. On est là pour accompagner les gens et on veut que ça se fasse dans un contexte de parcours individualisé. Il y a la plateforme numérique Je travaille, où les chercheurs d’emploi et les entreprises peuvent s’inscrire. Je pense aussi à tous les bassins de main-d’œuvre qui sont sous-­représentés dans le marché du ­travail : les travailleurs expérimentés, les personnes en situation de handicap, les personnes judiciarisées, les personnes immigrantes, les femmes, les jeunes, les prestataires d’aide sociale et les ­personnes issues des Premières Nations. La formation va permettre de créer de bonnes passerelles; ça ne peut qu’être bénéfique pour la reprise économique qui est déjà amorcée.