Le match de l’emploi

Coup de sonde du côté des employeurs: Des postes à combler, des moyens pour recruter

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
Alors que le ministre du Travail, Jean Boulet, estime à 190000 à 200000 le nombre de chômeurs causés la pandémie au Québec, de nombreux secteurs économiques mul­tiplient les initiatives pour recruter, mais n’arrivent pas à pourvoir tous ces postes.

La Commission de la construction du Québec (CCQ) rapporte qu’il manque au moins 13 000 travailleurs dans l’industrie de la construction. Les besoins sont pour maintenant et les prochaines années.

Les analystes économiques s’entendent pour dire que la pandémie a un effet sur l’emploi, mais la situation pénible du recrutement date déjà de plusieurs années. Bien des entreprises ont dû se tourner vers l’immigration pour répondre à leurs besoins.

Selon les données de Statistiques Canada et l’analyse des spécialistes de Québec International pour la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, le marché de l’emploi fait du sur-place. Pourtant des entreprises s’en sortent mieux que d’autres.

Besoin de forces fraîches

Fondée en 2013 par François Dion, Levio (www.levio.ca) a pignon sur rue à Québec, à Sherbrooke, à Montréal et ailleurs dans le monde. Elle se spécialise dans la transformation des organisations. Malgré certaines contraintes, l’entreprise compte 1000 employés et continue systématiquement de recruter pour répondre à sa croissance.

François Dion, président-directeur général de Levio, poursuit le recrutement pour répondre à la forte croissance de l’entreprise.

«Levio s’attèle à recruter des talents dans divers domaines autant au Québec qu’à l’étranger. La pandémie a causé des soubresauts, mais l’entreprise en forte croissance a toujours une centaine de postes à combler», confirme M. Dion, le président-directeur général. «Nous prenons des mesures pour garder nos employés: flexibilité des horaires, conditions salariales, formation et d’autres avantages.»

Avec les travailleurs étrangers, non seulement l’équipe se charge de l’intégration dans l’entreprise, mais aussi de l’intégration dans la communauté pour s’assurer que le nouvel employé se retrouve dans un milieu agréable pour lui et sa famille.

Du côté de Mon avenir TI (www.monavenirti.org), organisme cha­peautant quelque 58 sociétés dans la grande région de Québec, le directeur général Louis-André Marceau souligne qu’il y a plus d’offres d’emplois que de demandes depuis quelques années déjà. Selon les données de TECHNO Compétences, les offres d’emploi ont baissé au début de la pandémie, environ 2500 offres, mais elles ont recommencé à croître pour dépasser les 4000 postes maintenant.

Louis-André Marceau, directeur général de Mon Avenir TI affirme que la pandémie montre les avantages de la technologie.

Des TI aux soins de santé

«Le domaine des technologies de l’information est toujours en effervescence, précise M. Marceau. C’est pour cela que Mon Avenir TI continue ses efforts de promotion dans les écoles, cégeps et univer­sités pour faire valoir ces emplois et encourager la persévérance des étudiants. Maintenant, on ne parle pas de pénurie, mais d’opportunité de travail dans des domaines aussi divers que le géospatial, les jeux vidéo ou les assurances. Il n’y a pas uniquement des docteurs en informatique, mais aussi des gens avec un diplôme d’étude professionnelle, du cégep ou de l’université. Pour les jeux vidéo, il y a plus que des programmeurs, il y a les techniciens, tout le volet idéation, artistique, et la gestion des finances.»

La pandémie a permis un dédouanement de l’utilisation des technologies dans les entreprises avec le télétravail et dans la vie quotidienne avec les applications de gestion des finances personnelles. «Ça sauve du temps et du papier», lance-t-il.

Du côté des résidences pour personnes âgées autonomes, les besoins sont aussi criants, mais pas seulement pour les soins infirmiers, mais aussi les services alimentaires, l’entretien, l’administration ou les loisirs, indique Sarah Ouellette, conseillère en communication pour le Groupe Maurice qui compte quelques dizaines de résidences au Québec.

 «Le contexte actuel rend plus difficile le recrutement dans le secteur des soins, mais nous vivons tout de même de belles réussites. Notre approche humaine nous permet de créer des liens solides avec les chercheurs d’emplois. Nous concentrons nos efforts à faire connaître nos milieux de vie dynamiques, notre clientèle ainsi que nos conditions d’emplois avantageuses, notamment une rémunération compétitive, des horaires stables et des outils de travail à la fine pointe de la technologie , répond-elle.

Recherche et rédaction, Yves Therrien