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La fourrure

La fourrure joue la fantaisie

Matière prisée par les créateurs de mode, la fourrure fait place à la fantaisie, à l’audace et à l’exubérance. Mais elle peut également être discrète, classique et intemporelle. À chacun sa fourrure !

La fourrure n’en finit pas de se renouveler. De l’ancien manteau long, lourd et informe, qui gardait bien au chaud des hivers canadiens, il ne reste que peu de choses, sinon qu’il est toujours aussi chaud, authentique et durable. 

Au fil des décennies, grâce à de nouvelles techniques de confection, le manteau a considérablement perdu du poids, tout en prenant du style ! Tantôt rasé, teint, tressé, tricoté, découpé, etc. : le poil des peaux se plie aux caprices des créateurs et des fabricants. 

Cette saison n’y fait pas exception. Sur les podiums internationaux, la fourrure des collections 2017-2018 est ultra colorée. Hautement créative, elle se décline dans des teintes vivifiantes, du rose fuchsia à l’orange mandarine, en passant par le bleu électrique. De quoi faire le plein de vitamines ! 

Ces couleurs vives et fantaisistes s’inscrivent dans la tendance de l’opulence, du luxe et du glamour qu’affectionnent les maisons de couture cette année, comme Prada, Alexander McQueen, Dries Van Noten et Sonia Rykiel. Il va sans dire que cette mode pour la fourrure ne passe pas inaperçue.

Fourrure XXL

Un courant qui se poursuit cette année est celui des manteaux surdimensionnés, aux épaules larges et structurées. Sur les passerelles, les mannequins filiformes semblaient pratiquement avoir emprunté le manteau de leur copain. 

Certes, cette tendance à la coupe XXL n’est pas réservée à la fourrure. Les manteaux de ­lainage et les doudounes d’hiver n’y échappent pas non plus. Le mot d’ordre : s’envelopper de confort. Exit le blouson sportif des années précédentes; place au manteau doudou. Les poils longs effectuent également un retour en force, prisés par une clientèle jeune et branchée. Le style shaggy, un brin hippie, prend du galon en optant pour des peaux à poils soyeux et arrondis qui confèrent au manteau une forme de cocon savamment travaillé.

Un style durable recherché

À l’opposé de cette excentricité, la fourrure peut également être sage tout en étant contemporaine. À Québec notamment, la clientèle préfère les couleurs classiques, comme le noir, le gris et les pelages naturels ou s’offre une couleur qui va traverser les modes éphémères, comme le rouge et l’aubergine.   

La fourrure se porte aussi par accents : en cols, foulards, bordures de capuchons, manchons, chapkas, pompons, etc. Elle affiche alors sa vocation hivernale en conférant à ces accessoires une meilleure résistance au froid et au vent. Mais saviez-vous que la fourrure se porte aussi à l’intérieur ? Propulsée par les maisons de couture, la fourrure prend aussi la forme d’une minaudière, d’une boutonnière, d’une jupe courte ou encore de poignets de veston. Bref, la fourrure n’en finit plus de se métamorphoser !

La fourrure

Plus de 400 ans de fourrure à Québec

De la traite des fourrures de l’époque de la Nouvelle-France jusqu’à la création de vêtements au design novateur et fantaisiste, l’industrie de la fourrure a toujours fait partie intégrante de l’histoire du Québec, plus particulièrement de celle de la ville de Québec.

L’histoire de la fourrure à Québec est plus actuelle que jamais. Retracée dans l’ouvrage ­marquant le 150e anniversaire du magasin Laliberté lancé plus tôt cette ­année et rédigé par l’historien Jean-Marie Lebel, elle est aussi au cœur de la nouvelle exposition présentée au Musée de la civili­sation : De trappeurs à entre­preneurs : 4 siècles de commerce à Québec. Cette exposition rappelle que la fondation de la ville de Québec est née et a ­survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Ce sont plus de 25 millions de peaux de castor qui ont transité par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

Du poste de traite de la Nouvelle-France, le marché de Québec s’est véritablement développé par la suite avec l’apparition des premiers tanneurs et des maîtres tailleurs de fourrure. C’est que l’industrie de la fourrure a connu ses heures de gloire dans la région. Au 19e siècle, plusieurs entreprises se spécialisant dans la transformation de la fourrure et dans son commerce ont vu le jour. C’est le cas de J.B. Laliberté, de la Compagnie Paquet et de Fourrures Prémont, pour ne nommer que celles-ci. Une chapelière sur la rue de Buade, qui reviendra plus tard Holt Renfrew, a aussi attiré bon nombre de clients en devenant le fournisseur officiel de fourrures pour la reine Victoria. 

Un commerce faste

Le traditionnel commerce des peaux s’est alors transformé en celui du vêtement de fourrure, dont la confection s’est raffinée au fil du temps. Ces entreprises locales contribuent à l’enrichissement de la région et à faire croître sa réputation. Les gens viennent de partout pour acheter leurs confections de fourrure. 

Or, après des années fastes, l’industrie de la fourrure a connu des moments difficiles à la fin du 20e siècle, non seulement dans la région de Québec, mais aussi partout au pays. La concurrence mondiale, le prix élevé des peaux et la mauvaise presse faite à la fourrure ont eu raison de plusieurs fabricants et détaillants qui ont dû fermer leurs portes.