La forêt au cœur de notre vie

Se connecter à la forêt pour combattre le déficit nature!

Notre société va vite, parfois trop vite! Le temps nous manque et, pour bien des gens, ce sont les activités en nature demandant plus de temps et d’implication qui sont sacrifiées en premier. Les télévisions, jeux vidéo et autres écrans pour petits et grands sont des options attrayantes. De plus, l’accès des enfants à la nature, surtout en ville et en milieu défavorisé, est parfois difficile. Cette situation est tellement répandue et a un impact si important chez les enfants (et les adultes) qu’on lui a donné un nom : le déficit nature.

Plusieurs chercheurs se sont penchés sur les conséquences de ce déficit. Un essai rédigé dans le cadre d’une maîtrise en environnement à l’Université de Sherbrooke énumère de façon frappante plusieurs de ses effets sur la société et la santé publique: sédentarité, obésité, difficultés d’attention, désordres liés au stress, troubles du comportement, méconnaissance de la nature jusqu’à sa phobie, destruction des habitats naturels, etc. Parallèlement, des études ont démontré que passer du temps en nature permet de réduire le stress de façon notable, d’augmenter le niveau d’attention et le sentiment de bien-être, de favoriser la pratique d’activités physiques et un comportement social positif.


Il semble donc tout indiqué de prendre le temps d’aller en nature plus souvent. Certains en ont compris l’importance, puisqu’il y a un regain de popularité pour les activités pratiquées en plein air ces dernières années. On voit également émerger de nouvelles expériences comme la sylvothérapie, qui consiste à prendre un « bain » de forêt, et parfois même à faire des « câlins » aux arbres, pour améliorer notre santé mentale et physique.

Toutefois, la nature n’est pas accessible à tous, et ce, pas uniquement en période de confinement. Pensez aux gens qui habitent en ville et qui n’ont pas de milieu naturel à proximité ou aux gens qui n’ont pas de voiture. Ceci illustre toute l’importance de verdir notre environnement. En plus de nous servir de lieux paisibles où l’on peut décompresser, les boisés urbains nous rendent plusieurs services tels que la purification de l’air, la production d’oxygène, la réduction des gaz à effet de serre et la diminution des îlots de chaleurs, en plus de favoriser les contacts sociaux et d’inciter à l’activité physique, pour ne nommer que quelques-uns de leurs nombreux bienfaits. Heureusement, plusieurs organismes contribuent à verdir nos villes. Par exemple, l’Association forestière des deux rives (AF2R) réalise divers projets de verdissement communautaire, comme des plantations d’arbres dans des cours d’école afin d’avoir un impact positif et direct sur le quotidien des enfants.

Un groupe d’élèves d’une école primaire de Québec lors d’une activité nature de l’AF2R au parc national de la Jacques-Cartier.

Il ne fait aucun doute qu’un intérêt, voire une passion pour les milieux naturels, se développe dès le plus jeune âge. Il est donc important de mettre les enfants en lien avec la nature afin de les familiariser avec celle-ci. Cette vision se trouve au cœur de la mission de l’AF2R qui propose une panoplie d’activités en éducation à l’environnement en lien avec l’arbre et les forêts. L’offre éducative de l’AF2R permet d’apporter la forêt en classe lors d’animations, mais également d’amener les jeunes en forêt, notamment lors de visites de boisés.

Des jeunes du secondaire lors d’une visite de boisé hivernale de l’AF2R au parc de la forêt ancienne du mont Wright.

C’est également ce que font les garderies en nature, qui sont de plus en plus nombreuses au Québec. Dans ces centres de la petite enfance, les jeunes enfants passent la plupart de leur temps en milieu naturel. De cette façon, un attachement, un amour et un sentiment d’appartenance forts se créent et pourront perdurer dans le temps. Ceci est bénéfique pour les enfants eux-mêmes, mais également pour la planète puisque le fait de bien connaître et d’apprécier la nature fera en sorte que les jeunes seront plus enclins à la protéger aujourd’hui et demain.


Il apparaît évident que les jeunes et les moins jeunes gagnent beaucoup à passer du temps en nature. Que ce soit pour y pratiquer de l’activité physique ou simplement recharger ses batteries, la nature est un remède pour bien des maux. Nous gagnons tous à prendre une pause des écrans pour retrouver une meilleure connexion avec soi-même et la nature!

Kim Dubois
Chargée de projets en éducation et conservation à l’Association forestière des deux rives