Le canal de Lachine et ses environs

Journée maritime Québécoise 2018

Transport maritime: la Voie maritime du Saint-Laurent

Le réseau Grands Lacs–Voie maritime du Saint-Laurent est une des régions très actives dans le commerce maritime mondial. Porte d’entrée vers l’Ouest canadien et le Midwest américain, le Saint-Laurent est un passage obligé pour desservir un important bassin de population.

Nés à la fin de l’ère glacière il y a moins de 10 000 ans, le réseau des Grands Lacs et le Saint-Laurent peuvent être considérés comme un réseau hydro­logique jeune. Cette jeunesse fait que l’érosion n’a pas encore réussi à régulariser l’écoulement des eaux entre le lac Supérieur et l’océan Atlantique. Il reste de nombreuses chutes et rapides qui sont des obstacles à la navigation.

Vers une Voie maritime

Lors de sa première exploration, Jacques Cartier fut arrêté par les rapides de Lachine à la hauteur de ce qui deviendra Montréal. Sa quête du passage vers l’Asie s’arrêtera là. Il n’atteindra pas la grande mer dont lui parlaient les premières nations. Il faudra attendre le régime français pour voir la première tentative de contourner ces rapides.

Les travaux commencés en 1680 ne seront achevés qu’un siècle plus tard par les Anglais. Ce canal profond de 2,5 pieds comprendra cinq écluses. Il sera remplacé dès 1825 par le canal Lachine. Une dizaine d’années plus tard,  le premier canal Welland, entre les lacs Ontario et Érié, sera ouvert. La jeune province anglaise du Canada construira ensuite une série de canaux pour contourner les principaux rapides du fleuve.

Avant le début du 20e siècle, l’U.S.-Canadian Deep Commission est créée avec pour objectif d’étudier la création d’une voie maritime. En attendant les résultats, le canal de Beauharnois est creusé pour une future centrale électrique, il sera assez profond pour laisser passer des navires, mais un nouvel ­obstacle survient dans les années 1940: les compagnies de chemin de fer américaines usent de leur influence pour retarder la création d’une voie maritime.

Le phare du haut-fond Prince situé au milieu du fleuve Saint-Laurent, à l’embouchure du fjord du Saguenay.

Construction et exploitation

Finalement, en 1954, les travaux de construction de la voie maritime du Saint-Laurent débutent.
Il faudra exproprier 6500 personnes et déplacer 550 habitations ainsi que modifier quatre ponts de Montréal pour arriver au bout des travaux. La voie s’ouvre à la navigation le 25 avril 1959. Deux mois plus tard, la reine Elisabeth II et le président américain Dwight Eisenhower inaugureront officiellement la Voie maritime par une courte croisière sur le yacht royal Britannia.

Au fil des années, cette nouvelle route maritime sera améliorée, des canaux seront reconstruits pour accueillir des navires plus imposants. Les marchandises transportées iront en augmentant. La jauge brute totale enregistrée atteint 25,1 millions de tonnes pour la première saison de navigation. Elle se montera à 57,7 millions de tonnes 20 ans plus tard.

Dès 1978, la Voie maritime canadienne devient autonome sur le plan de l’exploitation, grâce aux revenus tirés des péages et de ses investissements. L’apport du gouvernement fédéral est encore nécessaire au niveau des investissements d’infrastructure.

Autoroute H2O

Le réseau Grands Lacs-Voie ­maritime du Saint-Laurent est connu aujourd’hui sous le nom d’Autoroute H2O. Depuis plus de 50 ans, elle a permis à plus de 2,5 milliards de tonnes de marchandises, d’une valeur estimée à 375 milliards $, de transiter entre le Canada, les États-Unis et une cinquantaine d’autres pays. Près d’un quart de ce trafic se fait à destination de ports d’outre-mer, en particulier en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Depuis ses débuts, la Voie maritime conserve un dossier quasi vierge d’incidents de navigation, grâce à des améliorations cons­tantes et un entretien méticuleux. Son activité engendre de très fortes retombées économiques. Elle donne de l’emploi à plus de 230 000 personnes au Canada et aux États-Unis.

Une flotte sans cesse renouvelée, des investissements conséquents dans les infrastructures et la technologie des écluses permettent à la Voie maritime de voir l’avenir avec confiance. Les atouts du transport maritime dans un monde toujours plus sensible à l’environnement assurent à l’Autoroute H2O un avenir serein.