Journée internationale de la Francophonie

Marie Laberge, écrivaine

Très tôt, les mots tiennent une place importante dans la vie de Marie Laberge. «Beaucoup plus qu’un outil, la langue française est aussi objet de beauté», affirme l’écrivaine. La complexité de la langue ne l’a jamais empêchée de s’amuser. «Pour frapper l’esprit, il n’est pas nécessaire de mettre des mots rares, obsolètes ou des néologismes.»

«Bien que j’aime les textes bien ciselés, je n’hésite pas à utiliser des mots qui ne vont pas nécessairement ensemble pour créer du rythme ou une image forte.» Quel impact ont pour un écrivain les nouveaux mots qui arrivent au dictionnaire? «Très peu. Rien ne m’empêchera jamais d’utiliser des québécismes qui ne figurent pas au dictionnaire. Quand je cherche à savoir si je dois mettre un mot en italique ou pas, il m’est arrivé de voir que l’exemple au dictionnaire était tiré de mon œuvre», rigole-t-elle. 

Et que pense Marie Laberge de tous ces anglicismes qui font leur entrée dans le vocabulaire? «J’ai mes humeurs vis-à-vis l’anglicisation de la langue, surtout en France. Ils n’ont pas là-bas la même peur de perdre que nous».

Les raccourcis
Selon elle, les jeunes ont un autre rapport à la langue. Ils ont été élevés avec des écrans, utilisent des programmes en anglais sur Internet, se parlent en code sur les réseaux sociaux, écrivent au son leurs textos. «On prend des raccourcis. Je crois que le souci de communiquer avec raffinement, précision, de finir sa phrase, de finir son sens… tout ça devrait être enseigné. Si la langue s’appauvrit, la force que ça va demander pour la ramener à sa richesse, je ne suis pas sûre que tout le monde va l’avoir.» 

  • C’est important une Journée internationale de la Francophonie? «L’amour du français n’est pas le même pour tout le monde sur la planète. Pour plusieurs, c’est encore la langue des envahisseurs. Si on peut unir tout ce monde dans l’amour de notre langue, ça veut dire qu’il y a bien des âpretés dans la vie qu’on peut éliminer.