Une partie de la foule admirant les multiples couleurs d’un feu d’artifice, un beau soir d’été, sous le ciel de Québec.

Grands Feux Loto-Québec

Il était une fois les Grands Feux

Ils ont le pouvoir de transporter petits et grands hors de l’espace et du temps. Chaque année, depuis 1995, en juillet et en août, les Grands Feux Loto-Québec (GFLQ) enchantent. Regard sur la présentation de ces peintures du ciel, dont l’histoire est non seulement marquée par un changement de lieu, mais aussi par l’apport de nombreux artisans qui se sont succédé, relevant au passage une multitude de défis.

Connu pour avoir été à la barre du Festival d’été de Québec, l’idée d’organiser, dans la région, des feux d’artifice qui intégreraient une compétition internationale revient à Marcel Dallaire. Président et directeur général des GFLQ de ses débuts jusqu’en mars 2010, l’homme étudiera des sites potentiels après s’être associé à Frank Furtado, initiateur des feux de La Ronde quelques années plus tôt, tout comme ceux de Toronto et de Vancouver.

Un plan d’eau était nécessaire et le parc de la chute Montmorency, avec son agora naturelle capable d’accueillir 20 000 personnes, répondait à ce critère. Jusqu’en 2011, l’endroit sera l’hôte de l’événement. Mathieu Girard, dont le nom est lié à plus de 15 présentations des Grands Feux depuis 25 ans, se souvient de la camaraderie qui s’est développée avec les artificiers des équipes étrangères, charmés par les lieux autant que par la ville de Québec. 

Des obstacles

En 1995, il y aura cinq prestations et l’année suivante, six soirées puisqu’une grande finale présentant les meilleurs moments de la compétition s’est ajoutée. Dès le départ, des défis se poseront. Les navettes de transport en commun seront par exemple utilisées pour se rendre le long de l’autoroute et sur les bretelles d’accès afin d’éviter d’avoir à payer le droit d’entrée. Les pluies diluviennes de 1996 emporteront quant à elles près du tiers des sièges.

Une quinzaine d’années s’écoulent sans trop de problèmes, mais vers 2009-2010, des débris ­retrouvés un peu partout dans le secteur à la suite des feux commencent à déplaire. Les vents dominants du sud-ouest poussent en effet ceux-ci dans la ­mauvaise direction. S’amorce alors une réflexion sur la possibilité de relocaliser l’événement. Deux années consécutives de pluie et d’orages provoquent aussi une baisse manifeste de l’achalandage.

L’aventure fluviale

Ayant à l’esprit l’expérience tentée en 2008 à l’occasion du 400e anniversaire de Québec avec des feux sur cinq barges – trois au milieu du fleuve et une autre près des berges à Lévis et à la Pointe-à-Carcy –, Marcel Dallaire envisage cette option pour le déplacement des spectacles pyromusicaux. Avant que l’aventure fluviale ne se réalise, il y aura toutefois quelques années difficiles et l’arrivée de nouveaux partenaires qui joueront un rôle majeur.

En octobre 2011, Les Croisières AML s’engageront notamment dans le dossier et seront de ceux qui assureront la relance de l’événement. L’entreprise québécoise de croisières-excursions créera un organisme à but non lucratif, Les Créations Pyro, lequel agit depuis comme promoteur des GFLQ. Le ballet coloré qui a illuminé la cascade quitte donc définitivement le parc de la chute Montmorency, 17 ans après avoir officiellement vu le jour.  

Une formule renouvelée

À partir de 2012, outre le choix du fleuve comme nouvel emplacement pour le lancement des feux d’artifice, la formule sera entièrement renouvelée. La musique est désormais radiodiffusée. Des «croisières artifices» sont ­offertes à bord du Louis-Joliet. L’organisation a délaissé le volet compétition au profit d’une approche qualifiée de festivalière, s’associant à d’autres événements et attraits touristiques. On propose aussi de l’animation sur les quais. 

«Partenaire en titre du rendez-vous depuis 25 ans, Loto-Québec a marqué la constance, souligne la nouvelle directrice générale, Isabelle Roy. Au cours des dernières années, ce qui a changé et évolué, c’est la volonté d’embarquer les gens dans l’ambiance plus tôt dans la soirée, l’ajout de thématiques et d’endroits d’où observer les feux, la participation du public et l’introduction de la danse. De 2016 à 2017, notre achalandage a d’ailleurs doublé.»

Prochain rendez-vous : 27 juillet

Recherche et rédaction : Johanne Martin

Une soirée magique, à l’été 2018.

Un degré de complexité élevé

Porte d’entrée sur le continent et voie maritime de première importance, le Saint-Laurent impose à tout événement qui s’y déroule un degré de complexité élevé. Unique en Amérique du Nord, la tenue de feux d’artifice ne fait donc pas exception. 

«On doit constamment penser sauvetage, sécurité, trafic maritime… Pendant les feux, le fleuve est littéralement fermé à la circulation dans les deux directions. Malgré le spectacle en cours, tout le monde doit être en mesure de communiquer rapidement et se tenir prêt à réagir, à intervenir en cas d’imprévu ou de situation d’urgence.»
Richard Hébert, directeur des opérations et directeur technique des communications aux GFLQ   

«La marée, le courant et les vents sont à considérer à chaque instant. Lorsque nous avons toutes les données en main, nous nous créons des repères électroniques qui nous permettent de se positionner et de demeurer en place. Les remorqueurs sont des équipements surpuissants avec lesquels il faut travailler en finesse.»
Simon Gamache, capitaine de remorqueur chez Groupe Océan 

«Agissant à titre d’intermédiaire entre le promoteur et son terrain de jeu qu’est le fleuve, le Port doit travailler de près avec la Sûreté du Québec et la Garde côtière pour contrôler le trafic maritime lors des Grands Feux Loto-Québec. Il s’agit d’une tâche qui nécessite une importante coordination des opérations à terre comme sur l’eau et qui vient s’ajouter à nos opérations usuelles et à celles de nos locataires.»
Michel Petit, maître de port, services portuaires, capitainerie, à l’Administration portuaire de Québec.

L’été 2002, l’Espagne est a l’honneur et s’éclate devant la chute Montmorency.

Saviez-vous que…

  • Depuis 1995, un total de 143 spectacles pyromusicaux ont été présentés. Chacun d’entre eux nécessite plus de 60 heures de conception et de préparation en atelier, 250 heures de montage et compte près de 4000 détonations.
  • En 2008, une figure pyrotechnique sur une musique inspirée du 400e a été imposée aux cinq équipes en compétition (Canada, Australie, Chine, Angleterre et États-Unis). Les six premières minutes de leur présentation devaient rendre ­hommage à Québec.