Enseignement privé 2019

Les écoles privées s’outillent pour affronter les enjeux en éducation

Chaque année, les écoles privées membres de la Fédération des établissements d’enseignement privés organisent des colloques afin de discuter d’enjeux en matière d’éducation. L’année dernière, un colloque a permis de réfléchir à la question des sextos et d’outiller les intervenants en milieu scolaire afin de prévenir et traiter ces situations délicates, en collaboration avec les corps policiers. En 2019-2020, trois colloques sont prévus.

Le premier aura lieu cet automne à Drummondville les 2 et 3 décembre prochains et portera sur la gouvernance. Les écoles privées québécoises sont des organismes à but non lucratif autonomes, et gérés par des conseils d’administration constitués de bénévoles. Les membres du conseil d’administration ont un rôle clé à jouer et, pour bien les outiller, la Fédération leur offre depuis deux ans des cahiers d’administrateurs.  

C’est également très pertinent compte tenu que 40% du budget des établissements d’enseignement privés subventionnés provient de l’État. Il devient donc très important d’exercer ces fonctions dans les règles de l’art. «D’ailleurs, M. Michel Nadeau, un administrateur québécois de renom, et directeur général de l’institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques sera présent au cours du colloque pour nous faire part des tenants et aboutissants d’une saine gouvernance», annonce la directrice générale de la FEEP, Mme Nancy Brousseau.

Puis, le 11 février 2020, le phénomène de la douance fera l’objet d’un colloque, dont l’endroit demeure à déterminer. Les établissements mettent beaucoup d’efforts depuis dix ans pour personnaliser l’enseignement de chaque enfant dans ce qu’il est. Le personnel des écoles privées a été formé pour bien accompagner les élèves ayant des difficultés à l’école. Toutefois, peu d’attention a été apportée aux besoins spécifiques des élèves à haut potentiel. 

Mme Nancy Brousseau, directrice générale de la FEEP

«Pourtant ces jeunes ne démontrent pas nécessairement de la facilité à l’école. Plusieurs d’entre eux s’ennuient et ont de la difficulté à rester motivés. D’autres doivent composer avec une double exceptionnalité, par exemple un haut potentiel et de l’hyperactivité, ce qui complique le diagnostic», ajoute Mme Brousseau. 

Quelques écoles privées offrent déjà de ces programmes personnalisés, permettant aux élèves doués d’aller plus rapidement. C’est le cas notamment du Collège François-de-Laval à Québec. D’autres écoles, comme le Collège Saint-Bernard à Drummondville, ont mis en place des façons de faire qui permettent à chaque élève de progresser à son rythme, une formule intéressante notamment pour des jeunes à haut potentiel. 

Finalement, le troisième et dernier colloque, sur la santé mentale, sera offert le 19 mars 2020 à Drummondville. Les jeunes vivent dans un monde où règne l’anxiété, le mal du siècle. Ils sont confrontés aux réseaux sociaux, où ils suivent la vie des autres en direct, et s’y comparent tout le temps, vivent les succès des autres, et ce, sans compter les exigences des parents. Certains enfants vivent le deuil d’un parent ou d’un ami et traversent une période plus sombre, d’autres doivent composer avec des troubles alimentaires. «Depuis quelques années, nous offrons un choix de formation aux employés des services de garde et aux surveillants au secondaire, pour qu’ils puissent davantage contribuer à identifier et à soutenir les jeunes qui vivent des moments difficiles », mentionne Mme Brousseau. 

Outre d’instruire, les établissements doivent prendre l’éducation dans son sens large, et les intervenants doivent occuper un rôle plus important dans la prévention et l’accompagnement des jeunes qui traversent des moments plus difficiles. La FEEP travaille notamment à la production d’un guide pour entretenir un climat de bienveillance dans le milieu scolaire. «Ça prend des tuteurs pour que l’arbre pousse droit. Le développement professionnel de tout le personnel qui œuvre dans les écoles est une priorité pour bien accompagner les jeunes tout au long de leur parcours scolaire», termine Mme Brousseau.