Des jeunes nous parlent

Des enjeux qui nous préoccupent

Les sujets qui animent la société préoccupent les personnes qui fréquentent les centres de formation professionnelle et d’éducation aux adultes. Pour preuve, voici un résumé des opinions exprimées par de jeunes adultes du Centre de formation agricole Saint-Anselme.

La famille 

Famille et agriculture sont indissociables dans l’esprit des jeunes rencontrés. Essentielle et à la base de tout, la famille inculque les valeurs, notamment celle du travail collectif. « Mes parents, je les ai toujours vus travailler ensemble sur la ferme et ça me donne le goût de bâtir quelque chose avec mon chum et nos enfants », dit l’une des élèves. « Je suis sorti de l’armée en raison de la famille. J’ai une petite fille de 19 mois et je voulais être plus souvent avec elle, la voir grandir, passer du temps avec ma conjointe aussi. Avec une ferme, tu travailles chez toi, tu as ta famille à ta portée et c’est un legs pour les générations à venir », lance un autre. « La famille, c’est le pilier de l’entreprise. On est trois et c’est important pour moi qu’on essaie de toujours travailler ensemble, de s’accorder », note un troisième étudiant. 

Le marché du travail

Ici encore, les interventions des élèves sont ­intimement liées au domaine agricole. Ils sont nombreux, par exemple, à rappeler que les ­perspectives d’emploi sont intéressantes en agriculture. « Si tu veux une job, tu vas t’en ­trouver une, c’est sûr ! », affirme un membre du groupe. « Si tu es une personne travaillante et que tu as de bonnes valeurs, c’est certain que tu vas arriver à te placer », complète une camarade de classe. Un autre ne manque pas de souligner que ­plusieurs des étudiants en agriculture ont dans leur mire la reprise de la ferme familiale, ajoutant par ailleurs que beaucoup de ­producteurs n’ont pas de relève et cherchent des acheteurs. « L’agriculture, il n’y a pas juste toi qui en vis, il y a toute la société aussi. Le monde dépend des agriculteurs ! », conclut une élève. 

L'argent

« Pour moi, l’argent, ce n’est pas la première chose essentielle; pourvu que tu sois capable de t’occuper de ta famille et que tu aies des buts, c’est ça l’important », exprime spontanément un jeune homme au fond de la salle. « Pas besoin d’être riche pour être bien ! », renchérit son voisin, spécifiant que les salaires ne sont généralement pas très élevés en agriculture. Unanimement, la classe s’entend pour dire que le choix d’une carrière dans le secteur agricole est davantage fondé sur la passion que sur l’argent. Certains croient toutefois bon d’insister sur le fait que de posséder une entreprise agricole est une affaire de gros sous. « Tu investis des sommes énormes, ça coûte cher et il faut que tu sois prêt à ça. Il y a de nombreuses dépenses à couvrir et tu dois prendre des risques », résume une élève.

La conciliation famille-travail-études

« C’est dur !, réagit une jeune femme plongée dans la réalité de la conciliation travail-études. Quand tu fais le train tous les matins avant de venir à l’école, puis tous les soirs… Que tu sois aux études ou non, il y a des factures à payer. Je suis parfois en retard à l’école en début de journée; je fais ce que je peux ! » Pour s’ajuster à l’horaire de la garderie et rendre possible son retour à l’école, un ex-militaire en réorientation de carrière confie que sa conjointe a dû modifier son quart de travail. Il passe en outre trois heures par jour sur la route pour suivre sa formation. « J’ai deux boulots et, à travers ça, je veux voir ma famille ! », enchaîne une autre élève. Plusieurs relèvent enfin la nécessité de prévoir d’avance certaines activités familiales et l’obligation d’annuler lorsque des imprévus surviennent…

La politique québécoise

Quelques élèves ont clairement dressé un mur entre eux et la politique. « Je n’ai pas le temps de penser à ça ! Mais je crois quand même que c’est important », laisse entendre la première à prendre la parole. Ici, toute la question de l’absence de cours d’éducation civique refait surface. « Il faudrait mettre un peu plus l’accent là-dessus à l’école, qu’il y ait des cours pour parler de politique. Je ne connais rien là-dedans et si je savais ce que c’est, je serais peut-être plus intéressé », commente l’un de ceux qui avouent ne pas avoir décidé s’ils iront voter l’an prochain. Un autre s’avance sur le thème de l’agriculture. « On insiste ­beaucoup sur la santé et l’éducation; l’agriculture, c’est tabou pour le gouvernement qui craint de créer des guerres. La ­population ne comprend pas trop les enjeux », expose-t-il.