Croisière automne 2018

Partir en croisière, une affaire de retraités?

Selon un sondage publié en janvier 2017 par l’Association américaine des agents de voyage et réalisé auprès de plus de 1500 Américains, le tiers des milléniaux ont rapporté avoir séjourné sur l’eau au cours des cinq années précédentes, contre 18% pour les baby-boomers. Les croisières, une affaire de retraités? Pas seulement…

Récemment, le géant de l’industrie Uniworld a été le premier à offrir une gamme complète de croisières réservées aux 25 à 40 ans. Un message clair appelé à devenir une tendance. Les jeunes bénéficient de revenus plus élevés et les ­séjours sur l’eau se révèlent une option des plus intéressantes pour voyager. Pour ce faire, les compa­gnies s’appliquent moins à vendre une croisière, mais une expérience, car c’est ce que les milléniaux recherchent.

Les croisières ne sont plus ce qu’elles étaient il y a deux ou trois décennies encore. Les navires ont été rénovés et ceux qui sortent des chantiers sont mieux adaptés. Les attractions proposées sur certains paquebots rivalisent même avec les parcs d’amuse­ment pour faire vivre aux passa­gers des sensations fortes: ­parcours d’accrobranche, karting, glissades d’eau, murs d’escalade, tyrolienne, théâtre aquatique et jeux gonflables pour les enfants.

Famille et découverte

On s’emploie à séduire ceux qui voyagent en famille afin que petits et grands y trouvent leur compte, tout comme la clientèle qui a envie d’aventure et de découverte. De plus en plus, le marché est segmenté et les croisiéristes veillent à en offrir pour tous les goûts. Les séjours thématiques gagnent en popularité et des cours de toutes sortes sont maintenant proposés sur les bateaux. Les milléniaux souhaitent pouvoir raconter quelque chose à leur retour.    

Signe des temps, le groupe Uniworld suggère par exemple, pour son volet réservé aux 25-40 ans, des itinéraires fluviaux. Les séjours se déroulent essentiellement en Europe, avec des arrêts à Paris, à Amsterdam et à Budapest. Le navire y fait escale au moins une nuit pour permettre aux passagers de profiter de la vie nocturne des villes, alors que les voyages traditionnels prévoient plutôt des arrêts de jour, les déplacements étant effectués de nuit.

Le Québec en retard

Au Québec, pour convaincre les milléniaux, force est de constater qu’il reste du travail à faire. Seulement 5% des passagers des croisières organisées sur le Saint-Laurent ont entre 18 et 35 ans. Les bateaux qui y circulent sont plus petits et offrent moins d’activités. Le portrait pourrait cependant changer si les croisié­ristes exploitaient davantage le volet expédition en proposant des excursions qui incluraient des sorties en kayak ou de l’escalade de glace.