Laissé à l’abandon, le Domaine à Liguori revit grâce à la Coopérative l’Affluent.

Choisir le modèle coopératif

Quand l’affluent crée des ponts

«La Coopérative de solidarité l’Affluent fait revivre le site du Domaine à Liguori. Laissé à l’abandon pendant une douzaine d’années, elle l’a remis en valeur grâce à un projet collectif qui répond aux besoins de la communauté. À travers des activités écotouristiques et culturelles, elle a créé des ponts entre les gens d’ici et ­d’ailleurs.»

Co-coordonnateur de la Coopérative située à Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix, Guillaume Néron rappelle que l’initiative repose essentiellement sur la valorisation et la gestion d’un lieu historique. Par l’entremise, entre autres, d’une auberge de jeunesse et d’un café – et par l’organisation d’activités –, l’entreprise vise à favoriser une économie locale et régionale. Pour ce faire, elle mise sur plusieurs partenariats et sur la force de la collectivité. 

«Nous assurons l’animation du site à l’année; c’est notre terrain de jeu! L’idée, c’est d’offrir des produits et services abordables. L’auberge représente un espace intergénérationnel où tout le monde se sent bien et qui porte la signature d’artisans d’ici dans son aménagement. Le café culturel met aussi nos artistes à l’avant-plan. Pour le volet alimentaire, nous travaillons sur des circuits courts avec des producteurs du coin à 95%», résume M. Néron. 

Si les valeurs sociales de la coopérative s’affirment dans les occasions d’échanges des résidents avec la clientèle de passage, elles s’expriment également dans la transmission de savoir-faire. «Beaucoup de membres veulent partager leurs connaissances. Nous avons par exemple lancé un cercle de tricot qui réunit jeunes et moins jeunes. Des ateliers de poterie ont aussi eu lieu, tout comme des activités avec l’école », illustre le cocoordonnateur. 

L’offre alimentaire du café culturel est assurée par des producteurs locaux.

L’écotourisme: un pilier

Pour la Coopérative l’Affluent – dont la mission se déploie depuis l’an -dernier seulement –, les considérations environnementales occupent évidemment une place importante. Dans l’éventail d’activités de plein air proposé – de la randonnée au canyoning – auxquelles s’ajoute l’exploitation d’unités de prêt-à-camper et de terrains de camping, le principe de développement durable est déterminant. L’écotourisme fait figure de pilier pour l’entreprise.  

«Différents projets sont en cours, signale Guillaume Néron. Parce que le site est un parc public, des travaux extérieurs sont effectués en continu dans le respect de l’histoire du Domaine à Liguori et suivant une mise en commun de la vision des membres. Mentionnons que nous avons remis en marche une cabane à sucre avec des repas traditionnels. Nous nous chargeons de l’animation et la Coopérative de l’Arbre veille à la production de sirop.»

Des cours de yoga sont entre autres proposés par la coopérative.

En progression

Sans sollicitation, la Coopérative compte aujourd’hui 80 membres. L’achalandage sur le site est en progression et 90% de la clientèle qui s’y présente le fait pour la première fois. Deux emplois permanents ont été créés – en plus de quelques autres à temps partiel ou saisonniers – et l’entreprise est en voie d’atteindre sa viabilité économique. Symbole fort dans la communauté, l’Affluent table sur l’adhésion sociale et la gouvernance participative.

«Lieu de rassemblement, c’est par la collaboration et le travail en complémentarité que la Coopérative grandit, conclut M. Néron. Chaque fois qu’on développe un projet, on interpelle la communauté. On croit que cette approche inclusive, qui fait appel à la solidarité, est un modèle d’avenir. Comme on la porte ensemble et qu’elle est au service des gens, elle rend l’organisation plus résiliente, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des ambitions financières.»

Secrets de réussite

Un conseil: «Il ne faut pas avoir peur de travailler en équipe et de s’ouvrir aux idées. Même si ça semble plus complexe au départ et plus long pour la mise en place, le résultat en vaut la peine. On ne doit pas se décourager, car la force du groupe donne des assises solides.»

Un apprentissage: «Plus les membres s’intègrent, plus ils s’approprient le projet, plus on progresse et qu’on développe un véritable sentiment d’appartenance. On ne savait pas où la Coopérative allait nous mener, mais je dois constater que ça nous a rendus plus forts.» 

Octobre est associé à la Semaine de la coopération. En collaboration avec Desjardins, Groupe Capitales Médias met en lumière quelques succès d’entrepreneurs qui ont choisi le modèle coopératif. 

Premier texte d'une série de trois.