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Biodiversité et changements climatiques

Les 8 et 9 juin, l’attention se tournera vers Charlevoix à l’occasion du Sommet réunissant les chefs d’État des sept pays industrialisés formant le G7. Les quelque 30000 citoyens répartis dans les 13 municipalités de Charlevoix se préparent depuis des mois en vue de cet événement mondial. Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde les grands thèmes de ce sommet tel que vus et vécus par les Charlevoisiens.

Charlevoix est une terre d’exception. Reconnue comme Réserve de biosphère par l’Unesco en 1988, l’endroit cherche à protéger sa biodiversité et ses écosystèmes à tout prix. Son microclimat en fait une terre où il fait bon vivre mais où il faut désormais apprendre à composer avec les humeurs d’une planète qui se métamorphose. Ici, on agit et on interagit!

En janvier, le premier ministre du Canada Justin Trudeau l’affirmait devant la Chambre de commerce de Charlevoix. «Il est non seulement possible mais désor­mais nécessaire de trouver un équilibre entre la croissance de l’économie et la protection de notre environnement». Les chefs d’État en débattront longuement au Sommet du G7. Dans Charle­voix, qu’en est-il? Quelles sont les politiques mises de l’avant pour protéger le paysage et sa biodiversité? Comment les changements climatiques vont-ils influencer l’offre touristique? Quels sont les risques et les opportunités? Nous avons posé la question à différents intervenants du milieu.

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Les paysages avant tout

Les paysages et la villégiature arrivent en tête de liste des raisons de venir dans Charlevoix. Pour protéger ceux-ci, les MRC de Charlevoix, Charlevoix-Est et Côte-de-Beaupré ont créé la Table de concertation sur la mise en valeur des paysages, en 2004. «Le projet de développement du Massif avait alors initié une grande réflexion de la part des inter­venants du milieu. Aujourd’hui, cette même Table de concertation s’est élargie à l’ensemble de la Capitale-Nationale», affirme Karine Horvath, directrice générale de la MRC de Charlevoix.

L’organisme a également mis sur pied un plan de développement de la zone agricole (PDZA). «Il s’agit d’un outil de mise en valeur et de protection du territoire agricole. Il peut aussi être générateur de développement social et économique», mentionne Karine Horvath. «Dans la foulée du PDZA et depuis deux ans, la Banque de terres a permis à de jeunes aspirants agriculteurs l’accessibilité à des terres inexploitées ou en friche en plus de jumelages avec des agriculteurs en quête de relève». Aujourd’hui, la MAPAQ a ouvert le programme – devenu l’Arterre – à l’ensemble de la province.

La MRC a également un rôle majeur dans la gestion de la «forêt habitée du Massif», un territoire public où cohabitent de nombreux usages: du prélèvement forestier à la station de ski, en passant par les sentiers pédestres et les opérations de canyoning. «Nous encadrons suffisamment, et de façon concertée, pour faire en sorte que chaque exploitant soit conscient du besoin d’équi­libre entre le développement social, économique, environnemental et culturel du territoire», poursuit Karine Horvath. 

Protéger le paysage, c’est aussi analyser comment les chan­ge­ments climatiques vont influencer la biodiversité; observer les migra­­tions des espèces envahissantes qui fragilisent celle-ci notamment dans la forêt boréale; voir comment le ré­chauffement des lacs et des rivières aura un impact non seulement sur les espèces qui y vivent mais sur les revenus directs des nombreuses pourvoiries de la région. 

SAVIEZ-VOUS QUE...
Plus de 100000 arbres seront plantés majoritairement dans la Réserve de la biosphère de Charlevoix pour compenser les 15000 tonnes de gaz à effet de serre du G7?

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Direction carbone zéro

Enjeu central et planétaire du 21e siècle, la lutte aux changements climatiques est le sujet de l’heure. Pour contrer ses effets dévastateurs, la Réserve de la biosphère de Charlevoix a mis sur pied un programme de reconnaissance environnementale qui encourage les commerces, les institutions les industries à obtenir la certification Carbone-Paysage. Comment ça fonctionne? «On évalue les gaz à effet de serre produits par une entreprise et on compense ces GES par la plan­tation d’arbres utiles dans des endroits stratégiques», explique Antoine Suzor-Côté, ajoutant que déjà plus de 50 entreprises parti­cipent au programme.

Le Sceau Hubert Reeves
Fondé en 2011, l’Observatoire de la géosphère de Charlevoix (OGC) voit à la valorisation du patrimoine naturel qu’est l’astroblème de Charlevoix, un cratère formé par l’impact d’une météorite. Il contribue également à la vulgarisation et la recherche scientifique dans le secteur des sciences de la Terre. Parmi ses projets en développement, figure notamment la création du Pavillon Hubert-Reeves-en-Charlevoix, un projet de 15 millions $. Son annonce serait imminente. Un projet de géoparc – premier géoparc de l’Unesco au monde à s’établir dans le cratère d’une météorite – est également en incubation.

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Risques et opportunités

Il est clair que les températures moyennes annuelles au Québec se sont accrues d’un à trois degrés selon les régions et de façon plus prononcées durant les mois d’hiver.

L’impact du réchauffement climatique sur l’industrie touristique – étroitement lié à la saisonnalité et aux extrêmes climatiques – est une réalité sur laquelle se penchent actuellement l’ATR de Charlevoix, l’Office du tourisme de Québec, les MRC de la Capitale-Nationale et la SEPAQ qui ont récemment contribué au cofinancement d’une étude menée par Ouranos et le gouvernement du Québec en collaboration avec la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM. Le but? Réaliser un diagnostic territorial et cerner les risques et les oppor­­tunités, principalement pour : les activités de plein-air, les sports de glisse, l’agrotourisme, les événements, le golf et le camping.

En général, pas de panique! «Il existe des risques mais aussi des opportunités. Quand on le sait d’avance, on peut se préparer et y voir de belles occasions d’affaires», affirme Stéphanie Bleau, coordonnatrice du programme Tourisme d’Ouranos. À titre d’exem­ple, certains éléments se précisent pour le futur. «La saison chaude aura tendance à s’étirer, ce qui pourrait s’avérer bénéfique pour certaines pra­tiques saisonnières telles que l’agrotourisme, le plein air et la tenue d’événements à des moments de l’année jusqu’ici sous-évalués», affirme Mme Bleau. En contrepartie, cette réalité pourra aussi entraîner des défis sur les plans de la gestion et de la planification des aménagements, des opérations et des ressources humaines (personnel étudiant, l’été). 

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La place des femmes

Les 8 et 9 juin, l’attention se tournera vers Charlevoix à l’occasion du Sommet réunissant les chefs d’État des sept pays industrialisés formant le G7. Les quelque 30000 citoyens répartis dans les 13 municipalités de Charlevoix se préparent depuis des mois en vue de cet événement mondial. Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde les grands thèmes de ce sommet tel que vus et vécus par les Charlevoisiens.

Depuis longtemps, la voix des femmes trouve son écho dans les montagnes de Charlevoix. Artistes, artisanes, politiciennes, enseignantes, syndicalistes et femmes d’affaires puisent ici l’inspiration nécessaire pour continuer d’avancer. Hommage aux femmes-monuments de Charlevoix!

La série Le Temps d’une paix a longtemps contribué à promouvoir la beauté des paysages de Charlevoix. On y a aussi découvert la force de caractère d’une femme de tête qui, au début du 20e siècle, n’avait pas froid aux yeux. Sur les traces de Rose-Anna, et bien avant, plusieurs femmes de Charlevoix se sont illustrées et continuent de le faire aujourd’hui à leur manière, puisant leur inspiration entre mer et montagnes.

Agricultrices dans l’âme
Les Petites-Franciscaines-de-Marie s’installent à Baie-Saint-Paul en 1891 et commen­cent l’exploitation de la ferme Saint-Ambroise qui assurera durant de nombreuses décennies la sub­sistance des pensionnaires de l’Hospice Sainte-Anne et de leur communauté, soit près de 1000 personnes au plus fort de la production. Elles exploiteront à la fois un troupeau de vaches, une laiterie, une porcherie, un poulailler, un rucher et même une centrale électrique. «Ces femmes étaient non seulement des pionnières en soins de santé, c’était aussi des femmes d’affaires averties. Leur ferme était un modèle de rentabilité agricole», avance l’historien Serge Gauthier. «Dans les années 50, on confinait souvent les déficients intellectuels dans des asiles. Les Sœurs faisaient plutôt travailler au jardin les pensionnaires de l’Hospice. C’était leur façon de les valoriser.»

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Femmes engagées

Thérèse Forget Casgrain (1896-1981)
Thérèse Forget Casgrain– fille du financier Rodolphe Forget –est récompensée de son travail acharné quand est enfin accordé aux femmes le droit de vote, en 1940. Sa contribution aux acti­vités politiques, sociales et syndicales de la région est énorme: elle siège au Conseil fédéral du salaire minimum, fait partie du Conseil de la santé au Canada et du Conseil canadien du développement social, milite à titre de candidate libérale indépendante dans Charlevoix-Saguenay et fonde la Fédération des femmes du Québec avant d’être nommée au Sénat du Canada par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau en 1970, à l’âge de 74 ans.

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L'art au féminin

La présence de grands peintres– tels Clarence Gagnon, le Groupe des Sept, René Richard, Blanche Bolduc (1907-1999) et sa sœur Yvonne –et ceux de la nouvelle génération font de Baie-Saint-Paul une véritable capitale culturelle.

Tous s’entendent pour dire que Françoise Labbé (1933-2001) a joué un rôle déterminant pour faire de Baie-Saint-Paul la Mecque artistique qu’elle est aujourd’hui. Durant plusieurs années, Françoise Labbé s’occupe du Centre d’art et voit à la promotion des artistes d’ici et d’ailleurs. «Son intuition a mené à la création du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, premier du genre en région», affirme le directeur sortant du Musée, Jacques St-Gelais Tremblay. «C’est à elle que l’on doit le virage contemporain, la toute première présentation du Symposium d’art contemporain, en 1982, et l’actuel Centre culturel Paul-Médéric», poursuit le directeur. Dans son livre La grande dame de Baie-Saint-Paul, l’historien Serge Gauthier affirme que « sans elle, Baie-Saint-Paul n’aurait pas l’identité culturelle qu’elle a aujourd’hui». 

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La bosse des affaires


Les boss de Charlevoix ont de la testostérone dans le sang. C’est le cas de Manon Lavoie, directrice générale de Constructions et Réparations Navales Océan. 

Née à Petite-Rivière-Saint François dans une famille de marins et de capi­taines, il n’est pas étonnant de la retrouver à la tête de toutes les activités de construction, de réparation navale et industrielle du chantier maritime. «J’ai beaucoup navigué avec mon père. Ça m’a toujours intéressée, sauf que mon intérêt était plutôt de les construire, ces bateaux», avoue Manon Lavoie. Seule femme à la haute direction du Groupe Océan, l’architecte navale ne croit pas qu’il s’agisse de discrimination. «L’engouement des femmes pour ce milieu n’y est tout simplement pas ». Le chantier de l’Isle-aux-Coudres est l’un des plus gros employeurs de la région avec 135 employés. C’est là que Manon Lavoie a fait son premier stage à la fin des années 80 ; 28 ans plus tard, elle y est toujours. «Ma plus grande fierté est de participer à la reconnaissance de la qualité du travail fait en Charlevoix». Au plus récent gala Charlevoix Reconnaît 2018, l’entreprise a reçu le titre d’Ambassadeur– en présence du premier ministre Justin Trudeau –soulignant le rayonnement de Charlevoix jusque dans les Caraïbes. 

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Championnes en trois temps

KITESURF 
Catherine Dufour, 24 ans
Cinquième au classement mondial en kitesurf hydrofoil en 2017, Catherine Dufour est aussi entrepreneure. Née à l’Isle-aux-Coudres, la championne mondiale y a ouvert une école de kite, de yoga et de paddle board. On y trouve un service de restauration santé qui offre une belle vitrine aux producteurs d’ici. «Avec Suroît Aventures, j’exploite mon côté femme d’affaires, mais la compétition demeure ma priorité», confirme celle que l’on reverra sur les circuits en 2019. 

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Les 8 et 9 juin, l’attention se tournera vers Charlevoix à l’occasion du Sommet réunissant les chefs d’État des sept pays industrialisés formant le G7. Les quelque 30000 citoyens répartis dans les 13 municipalités de Charlevoix se préparent depuis des mois en vue de cet événement mondial. Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde les grands thèmes de ce sommet tel que vus et vécus par les Charlevoisiens.

Fairmont le Manoir Richelieu met la table
C’est au Fairmont Le Manoir Richelieu de Pointe-au-Pic, berceau de la villégiature dans Charlevoix, que les chefs d’État éliront domicile. Perché au sommet de sa falaise, le fleuve Saint-Laurent droit devant, l’hôtel de 405 chambres en impose avec son spa expérience, son golf de 27 trous, son casino et ses quatre restaurants étoilés dont le Charlevoix et Table et Terroir, tous deux membres de la Route des Saveurs de Char­le­voix. Récemment revampé au coût de 13 millions$, le Manoir Richelieu est l’endroit tout désigné pour servir de camp de base au G7 et sa suite.