Boomers

Les boomers ne veulent pas quitter le marché du travail

«Le travail, c’est la santé!», chantait Henri Salvador en 1965. Il n’aurait su mieux dire puisqu’il est décédé à l’âge de 90 ans, à peine trois mois après avoir mis un terme à sa longue carrière de chanteur et d’humoriste.

Nés entre 1946 et 1960, les boomers ont commencé à atteindre l’âge de la retraite en 2011 et les derniers auront 65 ans en 2025. Pourtant, nombreux sont ceux qui demeurent actifs après cet âge. Comment expliquer l’ardeur au travail de cette génération qui rêvait il n’y a pas si longtemps à la liberté à 55 ans ?

Heureux au travail

Selon une étude menée en 2018 par la firme Léger pour la compagnie Hamster, les boomers, c’est-à-dire les travailleurs âgés de plus de 55 ans, seraient les plus satisfaits de leur travail (89 %), mais aussi les plus engagés envers leur emploi (95 %) et les plus motivés (89 %) par rapport à la génération X (35 à 54 ans) et aux millénariaux (moins de 35 ans).   

En plus d’être en meilleure santé que la génération précédente, ils se sentent valorisés par leur travail. Ancienneté aidant, ils occupent les emplois les mieux rémunérés de leurs organisations. Bon nombre des boomers qui choisissent de rester actifs le font pour conserver leur train de vie.

Pas les moyens

Par contre, il y a également d’autres représentants de cette génération qui ne peuvent se permettre financièrement de quitter leur emploi. Plusieurs Québécois de 50 ans et plus ont vu leurs investissements et leurs économies fondre lors des dernières récessions ou ont éprouvé du mal à bâtir leur capital de retraite en raison des faibles taux d’intérêt. Ils se voient ainsi obligés de travailler plus longtemps pour renflouer leur fonds de retraite.

Un sondage de la RBC dont les résultats ont été publiés en juillet révèle que de nombreux boomers canadiens de 50 ans et plus craignent que leur épargne soit insuffisante pour qu’ils puissent cesser de travailler. «En creusant un peu, on se rend compte que bon nombre de boomers craignent que leur épargne soit insuffisante parce qu’ils ne savent tout simplement pas par où commencer pour faire cette détermination», explique Brigitte Felx, planificatrice financière, RBC.

Des solutions

Selon le sondage de RBC, les boomers non retraités qui estiment que leur épargne sera insuffisante au moment de leur départ à la retraite comptent sur diverses options pour compenser l’écart: 

  • 52 % comptent réduire leur train de vie ou déménager 
  • 41 % songent à travailler pendant leur retraite 
  • 25 % s’attendent à contracter un emprunt garanti par la valeur nette de leur maison 
  • 21 % espèrent recevoir un héritage inattendu 
  • 3 % rêvent de gagner à la loterie