[Boomers] La retraite active

Végétarisme et végétalisme chez les aînés

Depuis la publication de la dernière édition du Guide alimentaire canadien, qui recommande d’accorder une plus grande place aux fruits et légumes, aux aliments à grains entiers et aux protéines végétales, le végétarisme et le végétalisme deviennent une option santé pour un nombre croissant de consommateurs. Toutefois, le régime alimentaire sans viande et autres produits d’origine animale convient-il aux personnes âgées?

D’abord, les végétariens sont plutôt rares chez les gens de plus de 50 ans. Selon une étude menée en 2018 par Sylvain Charlebois, professeur à l’Université Dalhousie d’Halifax, les personnes de moins de 35 ans sont trois fois plus susceptibles de se dire végétariens ou végétaliens que celles âgées de
49 ans et plus. C’est sans doute parce que ces dernières ont été élevées à manger de la viande.

Par contre, certains aînés pourraient être séduits par ce régime alimentaire, compte tenu des nombreuses vertus alléguées pour la santé comme la prévention des maladies du cœur et certaines maladies chroniques. En effet, bien des gens qui optent pour une alimentation végétarienne ou végétalienne voient une réduction de leur tension artérielle et de leur taux de cholestérol. Les apports importants en fibres de ces régimes constituent aussi un avantage pour les personnes sujettes à la constipation.

Selon l’Academy of Nutrition and Dietetics (AND), la plus grande association de professionnels de la nutrition au monde, manger végé c’est la santé, et ce, sans égard à son âge ou à sa condition physique. L’AND affirme que ce type d’alimentation convient entre autres aux enfants, aux adolescents, aux personnes âgées, aux athlètes et aux femmes enceintes.

Attention aux carences

Toutefois, certains nutritionnistes, sans être contre cette option, émettent certaines mises en garde quant aux risques accrus de carences nutritionnelles pour les personnes de plus de 75 ans. Selon eux, l’alimentation végétarienne peut être profitable aux personnes âgées, à condition d’éviter les carences en vitamine B12 et en vitamine D par la prise de suppléments. Toutefois, ils déconseillent l’alimentation végétalienne aux aînés en raison du risque d’insuffisance en protéines et en calcium.

Sur son site extenso.org, le Centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal prévient également les aînés contre les risques de dénutrition. Selon eux, le problème serait surtout lié à la perte d’appétit qui affecte environ le tiers des personnes âgées de 75  ans et plus. «L’appétit s’amenuise avec l’âge, mais les besoins nutritifs, eux, ne diminuent pas», peut-on lire sur le blogue. Outre la fonte de la masse musculaire et la déshydratation, la dénutrition cause un affaiblissement du système immunitaire et une plus grande vulnérabilité aux infections.

L’important pour les personnes âgées est de manger, même si leurs habitudes contreviennent un peu aux principes de base d’une saine alimentation. Selon des recherches effectuées par le Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke, le vieillissement entraîne généralement une perte du sens du goût et de l’odorat. On considère donc que les aînés peuvent se permettre d’ajouter un peu de sel à leurs repas pour en rehausser la saveur, car la dénutrition peut causer des problèmes de santé plus grave qu’une légère augmentation de la tension artérielle due au sel.