Université Laval au cœur de nos vies

Misons sur la finance inclusive d'ici et d'ailleurs

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences de l'administration de l’Université Laval.

Des entreprises qui n’ont pas de financement, des gens qui n’ont pas de compte en banque ni d’accès au crédit: dans plusieurs pays d’Afrique, c’est courant, voire souvent la norme. Si cette non-inclusion financière est lourde de conséquences pour les populations africaines, elle l’est aussi pour les gens d’affaires canadiens et des autres pays qui se coupent ainsi de précieux liens d’affaires avec le deuxième continent le plus populeux du monde. C’est sur ce défi d’inclusion que travaille Issouf Soumaré, professeur  à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA ULaval). 

«Ici, les PME sont nombreuses et on leur doit une grande partie du développement économique, mais dans plusieurs pays d’Afrique, la situation est très difficile parce que les PME n’ont souvent pas accès aux services financiers appropriés, ce qui limite énormément leur croissance», explique Issouf Soumaré. 

Le chercheur, qui participe à un grand projet international de recherche pour assurer le développement inclusif de la finance, travaille particulièrement sur le rôle des banques étrangères dans les pays africains. 


« Il y a vraiment des avantages (...) à aller vers le marché financier africain. »
Issouf Soumaré

«Je regarde comment l’arrivée de banques étrangères dans les marchés locaux apporte une nouvelle concurrence et augmente l’offre de crédit, ce qui est bon pour les con­som­ma­teurs et les entreprises, explique-t-il. Je couvre les huit pays africains de l’Union économique et moné­taire ouest-africaine.» 

Dans un article publié en 2012, Issouf Soumaré a démontré  comment l’investissement de capitaux étrangers pouvait améliorer le bien-être des populations en aidant à réduire la pauvreté. 

«Lorsque ces entreprises injectent de l’argent dans une économie, c’est bénéfique pour les habitants parce que cela crée de l’emploi et permet de sortir du cycle vicieux de la dépendance à l’aide internationale au développement», affirme-t-il. 

Issouf Soumaré, professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval


Des occasions de développement à saisir 
Or, bien que le Québec et presque tous les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine partagent la même langue, Issouf Soumaré constate que les banques canadiennes y sont encore peu actives. 

 «Pourtant, il y a des occasions d’affaires pour les entreprises à la recherche de nouveaux marchés, affirme le chercheur qui est également directeur des relations internationales de FSA ULaval. L’Afrique a un taux de croissance très élevé, sa population est très jeune et elle s’urbanise de plus en plus, avec une classe moyenne de plus en plus croissante; ses besoins de consommation augmentent  donc constamment. Il y a vraiment des avantages des deux côtés à aller vers le marché africain.»

Les institutions financières du Québec pourraient aussi jouer un rôle important dans l’accompagnement et le développement des compétences en finance des territoires africains.  

Simulation à la salle des marchés Jean-Turmel de FSA ULaval


Mieux informer les Québécois
Issouf Soumaré trouve aussi essentiel de renforcer les aptitudes financières des Québécois pour qu’ils puissent prendre en main leurs propres finances.

Par exemple, il a participé à l’élaboration du contenu du site Comprendre l’industrie des services et produits financiers (ispfq.com), financé par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le projet a été mis sur pied à la suite de scandales qui ont éclaté dans le domaine de la finance. 

«Beaucoup de gens ne comprenaient pas bien les éléments de base des services financiers, comme la carte de crédit, la marge de crédit, l’hypothèque, les taux d’intérêt, les produits d’épargne et les protections offertes par l’AMF, explique le professeur. Le site s’adresse au grand public, autant aux jeunes, aux retraités qu’aux autres clientèles. Ils peuvent s’autoformer et développer une base de connaissances qui pourra les aider à discuter avec leur conseiller financier par la suite.

Cet intérêt pour la vulgarisation des concepts de base de la finance ne l’empêche pas de réfléchir à la mise en place de nouveaux
produits complexes. Il vient d’ailleurs de publier un article scientifique sur le partage de risque entre les marchés financiers et le gouvernement  lors de catastrophes naturelles. Le cas étudié: le programme d’aide financière du gouvernement du Québec pour les récentes inondations. 

«Travailler en recherche avec les étudiants est intéressant parce que même si on développe des produits très avancés en finance, on sait qu’ils finiront par avoir une incidence positive sur le quotidien des gens», affirme Issouf Soumaré.

Pour suivre les travaux réalisés par Issouf Soumaré, vous pouvez visiter, entre autres, le site du Laboratoire d’ingénierie financière de l’Université Laval qu’il dirige: 

www.labiful.com/ 

PROCHAIN RENDEZ-VOUS: le samedi 7 avril avec la Faculté de philosophie