Université Laval au cœur de nos vies

L’humain doit-il toujours être performant ?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de théologie et de sciences religieuses. 

Lorsqu’il étudiait en anatomie et en biologie cellulaire en vue de devenir chirurgien, Cory Andrew Labrecque a vu sa grand-mère atteinte d’alzheimer venir s’installer dans la résidence familiale. Très proche d’elle, il trouvait la situation extrêmement difficile et faisait le maximum pour s’en occuper. Or, des collègues lui disaient de ne pas trop s’en faire parce que, maintenant qu’elle était atteinte d’alzheimer, sa grand-mère n’était plus vraiment elle-même. 

Une personne avec ce genre de maladie demeure-t-elle une personne? La vieillesse et la mort sont-elles des ennemies à combattre? Des pistes de réflexion à ces questions peuvent-elles être trouvées dans les grandes religions? Voilà le genre d’enjeux éthiques qui ont commencé à intéresser Cory Andrew Labrecque. Il a finalement changé ses plans de carrière pour bifurquer vers l’éthique théologique et la bioéthique. Il est maintenant professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.

«Qu’on soit dans le do­­maine de la médecine, du génie ou des sciences sociales, qu’on soit croyant ou pas, ces ques­­tions liées à la bioéthique en fin de vie, comme l’aide médicale à mourir et la cessation de l’alimentation et de l’hydratation assistées, nous touchent tous parce que nous avons tous des membres de la famille qui sont rendus là», affirme le chercheur, qui s’est installé à Québec après un séjour comme professeur à l’Université Emory à Atlanta, en Géorgie. 

La dignité humaine est-elle liée aux fonctions humaines ?
Dans notre société, on définit souvent une personne par ses fonctions et ses capacités cognitives et com­mu­­­­­­nicationnelles. «C’est pourquoi, lors­qu’on commence à perdre ces aptitudes, c’est comme si on perdait notre dignité humaine», constate M. Labrecque, qui a consacré sa maîtrise à ce sujet.

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Un chercheur à l’origine d’une révolution génétique

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences et de génie

C’est en cherchant comment les bactéries cultivées pour fabriquer le fromage et le yogourt arrivaient à se défendre contre des virus – les bactériophages – que Sylvain Moineau a contribué à la découverte, en 2007, du fonctionnement du système CRISPR-Cas. En 2010, ce professeur au Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique à l’Université Laval et son équipe démontraient pour la première fois que ce système de défense déployé par les bactéries et sa protéine Cas9 pouvait détruire des virus en coupant de manière très précise leur ADN. Grâce à ces résultats, des équipes de recherche internationales créaient, en 2012, CRISPR-Cas9, un outil de modification du génome qui révolutionne le monde des sciences biologiques. 

Une découverte aux multiples applications
L’été dernier, une équipe de chercheurs basée aux États-Unis a corrigé, pour la première fois, un gène défectueux chez des embryons humains. À l’aide de CRISPR Cas9, les scientifiques ont coupé un génome pour en retirer la portion responsable d’une maladie génétique. Le développement des embryons, qui n’étaient pas destinés à l’implantation, a par la suite été interrompu, mais leur analyse a démontré que la procédure avait été concluante. Toujours aux États-Unis, on a réussi, grâce à CRISPR-Cas9, à retirer le gène qui fait brunir le champignon de Paris. On souhaite ainsi réduire le gaspillage alimentaire. 

Ces exemples d’avancées, réalisées grâce aux ciseaux à découper l’ADN, n’auraient pas été possibles sans que Sylvain Moineau décor­tique le système CRISPR-Cas. Et, depuis, le monde de la recherche s’emballe. «CRISPR-Cas9 peut modifier le génome d’à peu près n’importe quel organisme –plantes, insectes, animaux, humains– et il est relativement facile à utiliser pour les gens formés en sciences biologiques», raconte le professeur. 

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Payer sa juste part

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Vous travaillez fort pour chaque dollar gagné. À chacune de vos payes, vous éprouvez une certaine irritation en regardant la part retenue par les gouvernements. Mais si, en réalité, ce que vous avez gagné ne vous appartenait pas complètement ? C’est la théorie sur laquelle travaille Patrick Turmel, professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Spécialiste d’éthique économique, Patrick Turmel estime que le revenu qu’on gagne chaque semaine ne nous appartient pas entièrement. «La première chose à noter est qu’il n’y a pas d’économie de marché sans État, donc sans impôt», affirme le professeur. Parce qu’au-delà des services directs qu’il offre à la population, l’État assure l’existence des institutions qui rendent possible de recevoir de l’argent en échange de notre travail ou de nos biens, notamment la protection du droit de propriété, le respect des contrats, voire l’institution de la monnaie elle-même.

Le professeur Turmel va plus loin et affirme qu’il ne peut y avoir non plus de démocratie sans impôt. «L’impôt offre à une société démocratique les ressources qui lui permettent de faire des choix collectifs et de les mener à bien.» 

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Misons sur la finance inclusive d'ici et d'ailleurs

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences de l'administration de l’Université Laval.

Des entreprises qui n’ont pas de financement, des gens qui n’ont pas de compte en banque ni d’accès au crédit: dans plusieurs pays d’Afrique, c’est courant, voire souvent la norme. Si cette non-inclusion financière est lourde de conséquences pour les populations africaines, elle l’est aussi pour les gens d’affaires canadiens et des autres pays qui se coupent ainsi de précieux liens d’affaires avec le deuxième continent le plus populeux du monde. C’est sur ce défi d’inclusion que travaille Issouf Soumaré, professeur  à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA ULaval). 

«Ici, les PME sont nombreuses et on leur doit une grande partie du développement économique, mais dans plusieurs pays d’Afrique, la situation est très difficile parce que les PME n’ont souvent pas accès aux services financiers appropriés, ce qui limite énormément leur croissance», explique Issouf Soumaré. 

Le chercheur, qui participe à un grand projet international de recherche pour assurer le développement inclusif de la finance, travaille particulièrement sur le rôle des banques étrangères dans les pays africains. 

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Le droit comme outil de changement social

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de droit de l’Université Laval.

On a attrapé Louise Langevin, professeure de droit à l’Université Laval, dans les premiers jours de janvier, alors qu’elle terminait un marathon d’entrevues pour ICI Radio-Canada Première. Elle venait de commenter, d’un océan à l’autre, les 30 ans de l’arrêt Morgentaler, qui a décriminalisé l’avortement. Elle est souvent sollicitée par les médias en raison de ses travaux touchant le féminisme et le droit, la discrimination, le harcèlement sexuel et la violence faite aux femmes.

«Le droit est un outil de transformation de la société», affirme Louise Langevin. 

Les cas d’agressions et de harcèlement sexuels, par exemple, font actuellement les manchettes, mais sont l’objet de peu de plaintes à la police, et encore moins d’accusations et de condamnations par le système de justice pénale actuel. «On a fait des efforts de formation des intervenants et des intervenantes, notamment, mais le système de justice pénale ne répond toujours pas aux besoins des victimes, affirme l’avocate. C’est pour cette raison qu’on a récemment vu des victimes contourner le système pénal et dénoncer leurs agresseurs sur les réseaux sociaux. Le système devra s’adapter aux besoin des victimes.» 

Déjà, on voit des signes de changement. La GRC a annoncé en décembre qu’elle réexaminera près de 25000 dossiers d’agressions sexuelles jugés sans fondement depuis 2015. La Sûreté du Québec a commencé le même exercice. 

Une autre option pour obtenir justice

Il y a maintenant une vingtaine d’années que Louise Langevin travaille sur une autre avenue possible pour les victimes de violence sexuelle et conjugale : se tourner vers les tribunaux civils pour obtenir une indemni­sation de l’agresseur, de son employeur ou de toute autre personne fautive. «Ces poursuites civiles ont posé des défis parce que les tribunaux ont dû s’adapter en matière de délai de prescription, et comprendre la grande incidence des agressions sexuelles sur la vie des victimes, affirme Louise Langevin. Le traumatisme de l’agression a peut-être empêché la victime de terminer ses études, de bien gagner sa vie. Et combien vaut une enfance perdue?» 

On voit de plus en plus de poursuites civiles, et des victimes se regroupent maintenant pour intenter des actions collectives contre les agresseurs. «L’avantage avec la poursuite civile, c’est que le fardeau de la preuve est moins lourd: la victime ne doit pas convaincre le juge que le défendeur est coupable hors de tout doute raisonnable, mais que sa version est plus probable que celle du défendeur, affirme l’avocate. Il faut toutefois que la victime paye son avocat et que l’accusé soit solvable.»

 

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À quand une étiquette sur la durée de vie des appareils électroniques?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design de l’Université Laval.

Avez-vous un vieux cellulaire encore fonctionnel que vous avez relégué au fond d’un tiroir après en avoir acheté un nouveau? Auriez-vous pu le revendre? Ou, s’il ne fonctionne pas très bien, le faire réparer? Au fond, quelle est la durée de vie d’un cellulaire? Si plusieurs ont tendance à le changer après deux ans, les experts s’entendent pour dire que la durée de vie technique d’un tel appareil serait de quatre à cinq ans. Connaître cette information vous aurait-il incité à prendre une décision différente? C’est le pari que fait Claudia Déméné, professeure adjointe à l’École de design de l’Université Laval. 

Cette chercheuse s’est mis en tête de réaliser une étiquette sur la durée de vie estimée des produits électroniques, dans la même veine qu’ÉnerGuide qui renseigne sur le rendement énergétique. Elle a obtenu une subvention de près de 60000$ du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour réaliser ce projet. 

La durée de vie des appareils sera fournie par les fabricants, et le grand défi pour l’équipe de Claudia Déméné sera de trouver une façon effi­cace de présenter cette information selon l’utilisation faite de chaque produit. Par exemple, pour une laveuse, la durée de vie pourrait être exprimée en nombre de cycles de lavage. Pour une télévision, cela pourrait être en années en précisant un nombre d’heures d’utilisation quotidienne. «Il faut que l’information sur la durée de vie soit présentée au futur acquéreur d‘un équipement électro­nique de façon à devenir un critère d’achat, explique la chercheuse. Le design de présentation n’est pas qu’une question esthétique.»

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Qu’est-ce qui nous fait vibrer dans une chanson?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de musique de l’Université Laval.

Vous êtes dans la voiture et une chanson de Céline Dion joue à la radio. Vous comprenez difficilement les paroles – en anglais par-dessus le marché ! –, mais la chanteuse qui a conquis le monde entier arrive tout de même à vous faire chavirer. Son vibrato singulier, c’est-à-dire l’effet de tremblement rapide qu’elle produit avec sa voix, aurait une part de responsabilité dans ce phénomène, d’après Serge Lacasse, professeur titulaire à la Faculté de musique et directeur du Laboratoire audionumérique de recherche et de création (LARC).

Voix craquée, voix soufflée, voix rauque: ces effets, et de nombreux autres, avec lesquels la voix chantée communique les émotions, fascinent le professeur. «Il existe une centaine d’effets vocaux: chaque chanteur a les siens et ceux-ci forment un vocabulaire, que l’on appelle un phono­style, par lequel le chanteur véhicule des émotions», explique Serge Lacasse qui travaille de près avec les artistes pour mieux comprendre comment se transmet l’émotion. Par exemple, avec Sophie Stévance, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en recherche-création en musique, il a proposé à la chanteuse inuite canadienne Tanya Tagaq de réaliser le mixage de son album Animism. Cette artiste, qui a déjà travaillé avec Björk et qui fait des chants de gorge sur une musique électro pop, a remporté un prix Polaris et un Juno pour cet album. 

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Jouer un rôle dans la formation des dentistes de demain

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval.

Contribuer à la formation des futurs dentistes tout en ayant accès à des soins de qualité à prix avantageux, c’est possible ? C’est ce qu’offre la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval à la population de la grande région de Québec. Chaque année, environ 20 000 interventions, couvrant un éventail de soins, sont réalisées par les étudiants et leurs professeurs. Coup d’œil sur cette faculté qui forme, à l’aide des dernières technologies, des professionnels en mesure de répondre aux besoins des Québécois en matière de santé buccodentaire.

Voir un dentiste, ce n’est pas que pour avoir de belles dents. En fait, la santé buccodentaire joue un rôle important dans la santé globale, comme l’explique la Dre Christine Nadeau, professeure agrégée et directrice du doctorat de premier cycle en médecine dentaire de l’Université Laval. «Plusieurs pensent que la bouche est séparée du reste du corps, constate-t-elle. Mais non ! Si on a des caries, on peut avoir de la difficulté à mastiquer convenablement, ce qui affectera la digestion, donc la santé. Le dentiste peut aussi déceler les manifestations de certaines maladies dans la bouche et suggérer au patient de consulter un médecin. C’est dans cette optique de santé globale que nous formons les dentistes à l’Université Laval.» Ce défi à relever est important, et les gens de la grande région de Québec peuvent y répondre en devenant patients des ­cliniques de la Faculté de médecine dentaire.


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Lorsque le stress dérègle la mémoire

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière des travaux de recherche de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Vous avez un travail exigeant où l’on vous en demande toujours davantage tout en vous faisant sentir que vous n’en faites jamais assez. C’est sans compter que votre petit dernier vit de grandes difficultés à l’école et que votre couple bat de l’aile. Vous avez développé beaucoup d’anxiété et avez maintenant de la difficulté à dormir. Depuis plusieurs mois, vous n’en pouvez plus et vous vous sentez toujours sur le bord d’exploser. Vous souffrez fort probablement de stress chronique.

Nous savons depuis longtemps que le stress cause plusieurs problèmes de santé, mais serait-il possible que le stress chronique ait aussi une incidence sur la mémoire? Oui, et ce serait en fait la faute des microglies, les cellules immunitaires du cerveau, selon les travaux de recherche de Marie-Ève Tremblay, professeure au Département de médecine moléculaire de l’Université Laval.

En plus de s’attaquer aux virus, aux bactéries et aux agents pathogènes, les microglies remodèlent les synapses – les connexions entre les­ neurones –pour permettre d’apprendre et de s’adapter à son environnement. C’est ce qu’a découvert la chercheuse, aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en plasticité neuroimmunitaire en santé et thérapie. «Mais, en situation de stress chronique, le comportement des microglies semble ­altéré: elles se mettent à éliminer trop de synapses ou ne savent plus lesquelles elles doivent éliminer, alors elles y vont de façon aléatoire », ­explique la chercheuse.