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Lorsque le stress dérègle la mémoire

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière des travaux de recherche de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Vous avez un travail exigeant où l’on vous en demande toujours davantage tout en vous faisant sentir que vous n’en faites jamais assez. C’est sans compter que votre petit dernier vit de grandes difficultés à l’école et que votre couple bat de l’aile. Vous avez développé beaucoup d’anxiété et avez maintenant de la difficulté à dormir. Depuis plusieurs mois, vous n’en pouvez plus et vous vous sentez toujours sur le bord d’exploser. Vous souffrez fort probablement de stress chronique.

Nous savons depuis longtemps que le stress cause plusieurs problèmes de santé, mais serait-il possible que le stress chronique ait aussi une incidence sur la mémoire? Oui, et ce serait en fait la faute des microglies, les cellules immunitaires du cerveau, selon les travaux de recherche de Marie-Ève Tremblay, professeure au Département de médecine moléculaire de l’Université Laval.

En plus de s’attaquer aux virus, aux bactéries et aux agents pathogènes, les microglies remodèlent les synapses – les connexions entre les­ neurones –pour permettre d’apprendre et de s’adapter à son environnement. C’est ce qu’a découvert la chercheuse, aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en plasticité neuroimmunitaire en santé et thérapie. «Mais, en situation de stress chronique, le comportement des microglies semble ­altéré: elles se mettent à éliminer trop de synapses ou ne savent plus lesquelles elles doivent éliminer, alors elles y vont de façon aléatoire », ­explique la chercheuse.