UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Apprendre la musique par le jeu et la créativité

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de musique.

Traditionnellement, au Québec comme dans plusieurs régions du monde, on apprend à jouer de la musique en leçons privées de façon très formelle, avec des partitions et un souci de performance instrumentale. Une approche rébarbative pour bien des jeunes stimulés davantage par la possibilité d’utiliser leur créativité et de s’amuser en apprenant à jouer de la musique d’ailleurs très présente dans leur vie. Francis Dubé, professeur à la Faculté de musique (MUS) de l’Université Laval, tente à travers différents projets d’insuffler une bonne dose de spontanéité et de plaisir dans l’apprentissage de la musique extrascolaire au Québec.

«Le jeu est utilisé dans différentes approches pédagogiques, mais très peu dans le domaine de la musique, si bien que c’est un peu une imposture de dire qu’on apprend à jouer de la musique!», s’exclame Francis Dubé, professeur à la Faculté de musique (MUS) de l’Université Laval. 

Pourtant, l’apprentissage de la musique peut être ludique et créatif. Elle gagne à l’être pour accrocher davantage les jeunes. Le chercheur en a eu la preuve récemment lors d’une étude réalisée au Laboratoire de recherche en formation auditive et didactique instrumentale (LaRFADI), qu’il codirige. Dix-sept jeunes de la région de Québec avaient été recommandés par leurs professeurs privés de musique parce qu’ils montraient des signes de désengagement dans leurs apprentissages. 

«En plus de continuer d’aller à leurs cours de musique, ils venaient chaque semaine à notre laboratoire, explique Francis Dubé. Nous les réunissions en groupe de quatre à six jeunes et nous partions de leurs intérêts pour leur proposer des activités qui faisaient appel à leur créativité, comme du jeu à l’oreille, de la recomposition, de l’improvisation.» 

Les résultats n’ont pas tardé à venir

«Après 24 semaines, nous avons relevé des indices qui prédisent un engagement à plus long terme de ces jeunes dans leur apprentissage de la musique», affirme le chercheur. Le LaRFADI travaille maintenant à rendre disponible en libre accès du matériel pédagogique pour inspirer les professeurs de musique dans leurs pratiques. «Nous voulons ainsi aider les jeunes à poursuivre leurs leçons formelles de musique, avec la possibilité d’intégrer des approches plus souples», précise M. Dubé. 

 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Le Nunavik, cœur de la lutte contre les contaminants

Plusieurs contaminants, comme des métaux et des polluants organiques persistants (POP), voyagent et s’accumulent en Arctique en raison des courants atmosphériques et marins. Pour suivre de près l’exposition aux contaminants des habitants du Nunavik, Mélanie Lemire, professeure adjointe au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l’Université Laval, et ses collègues travaillent de concert avec la santé publique au Nunavik, la population locale et le Centre de toxicologie de l’Institut national de santé publique du Québec pour réaliser des recherches. Et leurs résultats peuvent susciter des changements sur toute la planète.

Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables aux contaminants. Le mercure par exemple peut traverser la barrière placentaire et affecter le développement du fœtus, puis avoir des conséquences sur le développement neurologique des enfants, tel que montré par les travaux de Gina Muckle, professeure à l’Université Laval. C’est pour cette raison que les femmes enceintes sont au cœur d’un grand projet de recherche mené depuis 1992 au Nunavik. 

En 2016-2017, près de 100 femmes enceintes dans différents villages du Nunavik ont participé à l’étude menée par la Chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique, dont Mélanie Lemire est titulaire. Les participantes faisaient une prise de sang et répondaient à un questionnaire sur leur alimentation et leurs conditions de grossesse. 

Les chercheurs ont identifié différents contaminants à des concentrations sanguines élevées, dont du mercure, même s’il est en baisse puisque les gens mangent moins d’aliments traditionnels. «Le mercure dans le sang a diminué de 66% depuis 1992 chez les femmes enceintes au Nunavik, mais encore 23% des participantes présentent une exposition élevée au mercure, contrairement à 2% dans le Sud du pays, précise Mme Lemire. Lorsqu’une femme enceinte présentait un niveau élevé de mercure dans le sang, un suivi clinique était entrepris par le réseau de santé local.»

L’alimentation traditionnelle, souvent à base de produits de la mer, est de qualité exceptionnelle. Toutefois, quelques aliments sont plus concentrés en mercure que d’autres, comme la chair de certains mammifères marins et de poissons prédateurs dans le haut de la chaîne alimentaire. 

Ces informations permettent d’orienter les choix alimentaires des femmes enceintes, mais l’objectif ultime de ces travaux de recher­che est de faire diminuer les émissions de mercure causées par l’activité humaine sur la planète. C’est ce que tente de réaliser la Convention de Minamata, ratifiée par le Canada en 2017, qui repose notamment sur les travaux réalisés au Nunavik par Gina Muckle et Pierre Ayotte, aussi professeur à l’Université Laval. 

Éliminer les munitions de plomb

L’étude sur les contaminants a aussi révélé que l’exposition au plomb est en diminution, mais encore 5% des femmes enceintes présentaient un niveau élevé. «L’utilisation de grenaille de plomb pour la chasse a diminué au Nunavik, mais des efforts se font actuellement par les chasseurs et la santé publique pour aussi diminuer l’utilisation des balles en plomb parce qu’elles libèrent des fragments dans la chair», explique Mélanie Lemire. Ils font plutôt la promotion de l’utilisation de munitions de cuivre qui ne sont pas néfastes pour l’environnement et la qualité de la viande. 

«Dans le Sud, on commence à peine à entendre parler de cet enjeu, précise Mme Lemire. Le Nunavik est donc à l’avant-garde et a le potentiel de faire changer la donne partout au pays pour améliorer la santé des popu­lations et des écosystèmes.»

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Comment lutter contre la pauvreté en milieu rural ?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences infirmières.

En ville, la pauvreté est souvent bien visible et on retrouve une foule de ressources pour aider ces personnes en difficulté financière. Hors des grands centres, le phénomène est généralement beaucoup plus caché, mais ces gens ont tout aussi besoin de soutien. Sophie Dupéré, professeure à la Faculté des sciences infirmières (FSI) à l’Université Laval, a réalisé avec des collègues de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et le Réseau québécois de villes et villages en santé (RQVVS) un projet de recherche sur ce sujet. L’objectif était de mettre en lumière des initiatives de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en milieu rural pour aider d’autres municipalités à passer à l’action. 

Si la dure réalité de la pauvreté frappe rarement en plein visage lorsqu’on se promène en milieu rural, elle y est par contre aussi présente qu’en ville. En fait, d’après le recensement de 2016, près de 15% des personnes, en milieu rural comme en milieu urbain, vivent avec un faible revenu. C’est donc un peu plus de 224000 personnes résidant en campagne au Québec. 

«C’est une question qui est très peu abordée, constate Sophie Dupéré. S’il peut y avoir de la solidarité en milieu rural, la pauvreté est aussi très marginalisée et stigmatisée. En ville, il existe un certain phénomène d’anonymat, mais en milieu rural, on peut facilement se faire étiqueter de pauvre du village.»

Souvent, les personnes à faible revenu évitent donc d’avoir recours aux services disponibles pour les aider. Le fait de ne pas avoir de voiture peut aussi avoir un impact extrêmement grand sur la vie des gens en milieu rural où les services de transport en commun sont souvent absents ou peu développés. Même chose pour les logements sociaux. 

«Les gens qui vivent par exemple une perte d’emploi se retrouvent généralement avec peu d’options pour réduire leurs dépenses,  ils vont alors rester dans leur maison et couper dans d’autres besoins essentiels, comme l’alimentation, et vont s’isoler», explique Sophie Dupéré, qui se spécialise en santé communautaire. 

Pour ces raisons, les gens en situation de pauvreté ne sont pas toujours faciles à identifier en milieu rural. «Pour se faire un portrait de la situation, il faut aller parler au chauffeur d’autobus, à la bibliothécaire, à la coiffeuse, au propriétaire du dépanneur et aux intervenants communautaires qui voient bien des choses, énumère Sophie Dupéré. Il faut aussi regarder s’il y a des maisons et des appartements en mauvais état, des familles sans voiture, etc.»

 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Mieux protéger les droits des aînés

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de Droit.

Alors que la population vieillit, les aînés peuvent s’avérer une cible de choix pour des gens mal intentionnés. La protection de leurs droits passe souvent par l’information. En matière d’abus financiers par exemple, les juristes peuvent jouer un rôle en matière de prévention. Christine Morin, professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval, travaille notamment sur cet enjeu. 

Savez-vous vraiment ce que signifie une procuration générale? Si vous la signez pour permettre à un proche de gérer vos biens et vos finances, pourrez-vous continuer à faire vous-même des transactions? Bien sûr que oui! Pourtant, lors d’une recherche-action, le quart de la centaine de personnes âgées autonomes sondées, de Montréal et Québec, n’était pas au courant. Cette étude de la Chaire de recherche Antoine-Turmel sur la protection juridique des aînés, dont Christine Morin est titulaire, a été réa­lisée avec Option consom­mateurs. On a aussi demandé aux participants si la procuration peut être révoquée en tout temps, sans l’accord du mandataire. Encore une fois, la réponse est affirmative et seulement les deux tiers des répondants étaient au courant. 

«Les avocats, les notaires et les conseillers financiers tiennent souvent pour acquis que tout le monde connaît cette information, mais nous avons vu qu’une grande proportion de personnes âgées ne connaissent pas bien les différents instruments juridiques qu’elles signent et qu’elles les signent néanmoins», explique Christine Morin. 

Ces documents peuvent bien sûr être très utiles. Par exemple, si une personne âgée passe plusieurs mois par année à l’extérieur du pays. «Si ces outils sont mal utilisés, ils peuvent cependant mener à des abus, précise Me Morin. C’est comme signer un chèque en blanc. Le man­dataire doit vraiment être de confiance.» 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

L’intelligence artificielle au service de la médecine de précision

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences et de génie.

L’intelligence artificielle (IA) se trouve déjà à plusieurs endroits, comme derrière votre autocorrecteur, dans la reconnaissance faciale de Facebook ou derrière la machine devenue imbattable aux échecs. Prochainement, votre médecin pourrait, grâce à l’IA, vous prescrire des médicaments en fonction de votre profil bien particulier pour maximiser les chances de succès du traitement. C’est, entre autres, ce sur quoi travaille François Laviolette, chercheur dans le domaine de l’IA au Département d’informatique et de génie logiciel (IFT) de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval (ULaval).

«Plus on sera capable de bien comprendre le corps humain et les spécificités de chaque personne, meilleurs seront les diagnostics et la prédiction de la réponse ou de la non-réponse d’une personne à un médicament à l’aide de l’IA, explique François Laviolette. Nous sommes encore au début des avancées de l’IA en médecine personnalisée: le meilleur est à venir.»

L’un des enjeux qui freinent le développement de l’IA en santé est l’accessibilité aux données. «Généralement, les études réalisées incluent une centaine de pa­tients, 1000 lorsqu’on est très chanceux, mais ce n’est pas suffisant pour bien faire fonctionner l’IA, précise le chercheur. La donnée, c’est ce qui fait fonctionner l’IA. Puis, les protocoles de recherche sont différents d’une étude à une autre, alors c’est complexe de combiner plusieurs études afin d’avoir accès à une quantité plus importante de données. Il faut aussi considérer l’enjeu très important de la protection des renseignements personnels.» 

Ces défis ne sont toutefois pas près d’arrêter François Laviolette. Il est d’ailleurs arrivé à développer un algorithme capable de prédire la résistance d’une bactérie à un antibiotique malgré la rareté des données. «Cela a été possible en intégrant à l’algorithme des connaissances a priori, comme les mécanismes les plus importants liés à la résistance, pour lui permettre de converger plus rapidement», explique François Laviolette, qui dirige aussi le Centre de recherche de données massives (CRDM) de l’Université Laval qui compte 50 chercheurs et développe des collaborations avec l’industrie en vue de mieux s’attaquer aux défis des données. 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

55 ans et plus: maintien en emploi, retraite ou retour au travail ?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences de l’administration.

Mieux répondre aux attentes des travailleurs de 55 ans et plus pour les inciter à rester actifs plus longtemps sur le marché du travail : au-delà des bonnes intentions, cela devient de plus en plus un impératif. Alors que la population québécoise vieillit rapidement, à l’instar des autres nations industrialisées, ces travailleurs représentent une partie de la solution à l’enjeu de pénurie de main-d’œuvre auquel font face les entreprises. Ce phénomène est étudié depuis une dizaine d’années par Marie-Ève Dufour, professeure et chercheuse en ressources humaines à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA ULaval). 

La retraite n’est plus le chemin à sens unique d’autrefois. Dans le cadre d’un projet de recherche, on a observé qu’environ 55 % des travailleurs du secteur des soins de la santé qui ont pris leur retraite sont soit retournés par la suite sur le marché du travail, soit ont tenté de le faire. Dans le secteur des hautes technologies, on atteint près de 61%. 

«La retraite n’est plus un moment ponctuel dans le temps, mais un processus qui s’étend sur une certaine période et au cours duquel on peut observer des entrées et des sorties du marché du travail », explique Marie-Ève Dufour qui a fait ces constats à la suite de sondages réalisés auprès de milliers de travailleurs en 2014-2015 avec Tania Saba, sa collègue de l’Université de Montréal. 

Pourquoi tous ces allers-retours ? Ce n’est pas qu’une question d’argent, a découvert la chercheuse.  «En fait, la majorité des retraités que nous avons questionnés avaient une perception de leur situation financière à la retraite allant d’acceptable à saine, précise-t-elle. Nous avons découvert plusieurs raisons plus personnelles à ces retours sur le marché du travail, comme l’offre d’un emploi intéressant, le désir de continuer à contribuer ou encore la recherche de défis.»

Université Laval au cœur de nos vies

L’humain doit-il toujours être performant ?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de théologie et de sciences religieuses. 

Lorsqu’il étudiait en anatomie et en biologie cellulaire en vue de devenir chirurgien, Cory Andrew Labrecque a vu sa grand-mère atteinte d’alzheimer venir s’installer dans la résidence familiale. Très proche d’elle, il trouvait la situation extrêmement difficile et faisait le maximum pour s’en occuper. Or, des collègues lui disaient de ne pas trop s’en faire parce que, maintenant qu’elle était atteinte d’alzheimer, sa grand-mère n’était plus vraiment elle-même. 

Une personne avec ce genre de maladie demeure-t-elle une personne? La vieillesse et la mort sont-elles des ennemies à combattre? Des pistes de réflexion à ces questions peuvent-elles être trouvées dans les grandes religions? Voilà le genre d’enjeux éthiques qui ont commencé à intéresser Cory Andrew Labrecque. Il a finalement changé ses plans de carrière pour bifurquer vers l’éthique théologique et la bioéthique. Il est maintenant professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.

«Qu’on soit dans le do­­maine de la médecine, du génie ou des sciences sociales, qu’on soit croyant ou pas, ces ques­­tions liées à la bioéthique en fin de vie, comme l’aide médicale à mourir et la cessation de l’alimentation et de l’hydratation assistées, nous touchent tous parce que nous avons tous des membres de la famille qui sont rendus là», affirme le chercheur, qui s’est installé à Québec après un séjour comme professeur à l’Université Emory à Atlanta, en Géorgie. 

La dignité humaine est-elle liée aux fonctions humaines ?
Dans notre société, on définit souvent une personne par ses fonctions et ses capacités cognitives et com­mu­­­­­­nicationnelles. «C’est pourquoi, lors­qu’on commence à perdre ces aptitudes, c’est comme si on perdait notre dignité humaine», constate M. Labrecque, qui a consacré sa maîtrise à ce sujet.

Université Laval au cœur de nos vies

Un chercheur à l’origine d’une révolution génétique

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences et de génie

C’est en cherchant comment les bactéries cultivées pour fabriquer le fromage et le yogourt arrivaient à se défendre contre des virus – les bactériophages – que Sylvain Moineau a contribué à la découverte, en 2007, du fonctionnement du système CRISPR-Cas. En 2010, ce professeur au Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique à l’Université Laval et son équipe démontraient pour la première fois que ce système de défense déployé par les bactéries et sa protéine Cas9 pouvait détruire des virus en coupant de manière très précise leur ADN. Grâce à ces résultats, des équipes de recherche internationales créaient, en 2012, CRISPR-Cas9, un outil de modification du génome qui révolutionne le monde des sciences biologiques. 

Une découverte aux multiples applications
L’été dernier, une équipe de chercheurs basée aux États-Unis a corrigé, pour la première fois, un gène défectueux chez des embryons humains. À l’aide de CRISPR Cas9, les scientifiques ont coupé un génome pour en retirer la portion responsable d’une maladie génétique. Le développement des embryons, qui n’étaient pas destinés à l’implantation, a par la suite été interrompu, mais leur analyse a démontré que la procédure avait été concluante. Toujours aux États-Unis, on a réussi, grâce à CRISPR-Cas9, à retirer le gène qui fait brunir le champignon de Paris. On souhaite ainsi réduire le gaspillage alimentaire. 

Ces exemples d’avancées, réalisées grâce aux ciseaux à découper l’ADN, n’auraient pas été possibles sans que Sylvain Moineau décor­tique le système CRISPR-Cas. Et, depuis, le monde de la recherche s’emballe. «CRISPR-Cas9 peut modifier le génome d’à peu près n’importe quel organisme –plantes, insectes, animaux, humains– et il est relativement facile à utiliser pour les gens formés en sciences biologiques», raconte le professeur. 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Payer sa juste part

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Vous travaillez fort pour chaque dollar gagné. À chacune de vos payes, vous éprouvez une certaine irritation en regardant la part retenue par les gouvernements. Mais si, en réalité, ce que vous avez gagné ne vous appartenait pas complètement ? C’est la théorie sur laquelle travaille Patrick Turmel, professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Spécialiste d’éthique économique, Patrick Turmel estime que le revenu qu’on gagne chaque semaine ne nous appartient pas entièrement. «La première chose à noter est qu’il n’y a pas d’économie de marché sans État, donc sans impôt», affirme le professeur. Parce qu’au-delà des services directs qu’il offre à la population, l’État assure l’existence des institutions qui rendent possible de recevoir de l’argent en échange de notre travail ou de nos biens, notamment la protection du droit de propriété, le respect des contrats, voire l’institution de la monnaie elle-même.

Le professeur Turmel va plus loin et affirme qu’il ne peut y avoir non plus de démocratie sans impôt. «L’impôt offre à une société démocratique les ressources qui lui permettent de faire des choix collectifs et de les mener à bien.»