Il y a 940 000 hectares de forêts privées dans la grande région de Québec.

Une forêt de possibilités

Ces forêts sous vos yeux

Comme bien des Québécois, les citoyens de la Capitale-Nationale et de la grande région de Québec sont choyés! Ils vivent dans un milieu où la forêt n’est jamais bien loin, si ce n’est directement à leur porte.

Ces forêts qui les entourent offrent des paysages magnifiques, charment les yeux et font le bonheur de ceux qui les fréquentent. Comme pour toutes les forêts, on chante leurs vertus: source d’air et d’eau pure, abri d’une faune et d’une flore variées, soutien de nombreux emplois en usines, lieux prisés de récréation et de ressourcement, sans oublier leur incontournable place dans notre culture et notre imaginaire. 

Ce que trop peu savent, c’est que beaucoup de ces forêts sont privées. Elles n’appartiennent pas à l’État, mais à un voisin, une cousine, un ancien camarade de classe ou au commerçant du coin. Ces gens ordinaires, propriétaires de forêts privées, sont plus de 14000 dans la grande région de Québec! Certains sont des producteurs forestiers de longue date, fiers des billots qu’ils coupent année après année, souvent depuis des générations. D’autres sont des amants de la nature, qui trouvent leur bonheur à en posséder un petit coin bien à eux. D’autres encore sont des héritiers, profondément attachés à un patrimoine de leur histoire familiale. Beaucoup sont un peu de tout cela à la fois!

Intérêts publics, intérêts privés
De nos jours, les propriétaires de forêts privées font face à un défi qui ne cesse de grandir: comment concilier leur droit de propriété avec les attentes de la société en matière de protection de la nature? On les invite avec de plus en plus d’insistance à mieux protéger les paysages, les milieux humides, les écosystèmes rares et les espèces menacées. C’est évidemment une chose légitime, sinon essentielle. Mais ce faisant, on leur impose aussi d’assumer seuls les coûts et les inconvénients de cette protection. C’est certainement plus contestable. La recherche d’un juste équilibre entre intérêts publics et privés est particulièrement éprouvante pour les propriétaires forestiers qui récoltent du bois. Leurs interventions deviennent plus complexes et plus coûteuses, à une époque où les revenus sont moins bons qu’avant et où leur fardeau fiscal foncier ne cesse de croître. On les invite à produire tout à la fois du bois et des services environnementaux, sans que la recette pour le faire de façon rentable soit à point. 

Compter sur une multitude de propriétaires de forêts privées est un avantage pour la société québécoise. Ils affichent une variété de champs d’intérêt et un éventail de valeurs qui facilitent le développement simultané de tous ces possibles qu’on associe désormais aux forêts. Mais si on n’y prend garde, les fonctions récréatives et de protection pourraient prendre définitivement le pas sur les fonctions productives traditionnelles. Ce serait se priver d’intéressantes retombées économiques, accessibles sans compromettre la beauté et la pérennité de nos forêts. Si cette affirmation vous laisse sceptique, regardez autour de vous. Ces forêts que vous avez sous les yeux, elles sont en santé, productives… et gérées depuis des décennies par des forestiers privés fiers d’en prendre soin.


Agir collectivement
La grande majorité des propriétaires de forêts privées ne possèdent que de petits domaines. La plupart mesurent moins d’une cinquantaine d’hectares – le fameux terrain de football, qui sert d’étalon de superficie, mesure un peu plus d’un demi-hectare – et les revenus qu’on peut tirer de chacun d’eux sont forcément limités. Si l’ensemble des forêts privées offrent une importante contribution aux
communautés et à la société québécoise, les propriétaires individuels ont peu de poids quand vient le temps de négocier la vente de leur bois ou de revendiquer des outils pour le développement des forêts privées. Pas surprenant qu’il y a 60 ans maintenant, les forestiers privés aient choisi de mettre leurs ressources en commun et d’agir collectivement pour défendre leurs intérêts. Ils continuent de le faire depuis ce temps, au sein du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec (SPFRQ). Vous pouvez en apprendre plus sur le Syndicat et la forêt privée sur les sites www.spfrq.qc.ca et www.foretprivee.ca.


La forêt privée de la grande région de Québec, c’est : 

  • 14 250 propriétaires forestiers;
  • 940 000 hectares de forêts privées;
  • 837 500 mètres cubes solides de bois récoltés en 2017;
  • 36,1 millions de dollars de ventes aux usines de transformation;
  • 63 usines de transformation;
  • D’innombrables journées de loisir en forêt: chasse, pêche, ski, vélo et marche;
  • 8350 emplois associés aux activités sylvicoles en forêts privées.

Source: Fédération des producteurs forestiers du Québec, 2017. La forêt privée chiffrée. 32 pages.

Jean-Pierre Dansereau, directeur général du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec