L’arbre en milieu urbain crée des îlots de fraîcheur et procure une multitude d’autres bénéfices écologiques, mais également sociaux, économiques et esthétiques.

Une forêt à découvrir

L’arbre en milieu urbain: Une richesse à préserver

La vie sur Terre a débuté par les plantes. S’adaptant continuellement à la dynamique naturelle de leur environnement, ces formes arborescentes ont rapidement envahi la presque totalité des terres émergées pour former les premières forêts. Puis, apparurent les humains. «Partout où l’arbre a disparu, l’homme a été puni de son imprévoyance». Ces paroles de Chateaubriand portent à réfléchir sur l’évolution de la relation entre ces deux êtres vivants.

Les multiples avantages que procurent les arbres en milieu urbain ont souvent été oubliés, mais il est maintenant indispensable de les reconnaître, de les prendre en compte et de les garder au cœur de nos préoccupations. 

LES FONCTIONS ÉCOLOGIQUES DE L’ARBRE URBAIN

Producteur d’oxygène et source de vie
L’accomplissement de la photosynthèse, dont seuls sont capables les végétaux, utilise l’énergie lumineuse pour convertir l’eau et le gaz carbonique en nourriture de base pour l’arbre (sucres) et en oxygène qui purifie l’air.

Purificateur de l’air
Les arbres et autres végétaux influent sur la qualité de l’air que nous respirons en agissant comme de véritables filtres à air. En effet, les polluants et les poussières en suspension dans l’air sont captés par les feuilles des arbres, limitant ainsi leur circulation dans l’environnement.

Piège à radicaux libres
En même temps qu’il capte le C02 de l’atmosphère, l’arbre absorbe de grandes quantités de radicaux libres présents dans l’air. Des recherches récentes démontrent que les végétaux possèdent dans leurs tissus des composés fortement antioxydants pour lutter contre les radicaux libres et les transformer en molécules non réactives et tout à fait inoffensives.

Obstacle à l’érosion du sol 
La plantation et la conservation des arbres sont d’excellents moyens de lutte contre l’érosion du sol, très fréquent en milieu urbain dû notamment aux travaux de construction et au piétinement. Les racines des arbres maintiennent le sol en place dans les terrains en pente alors que leur feuillage apporte régulièrement de la matière organique pour fabriquer une litière permettant de recouvrir les terrains. 

Améliore la qualité de l’eau

Les racines des arbres permettent de filtrer l’eau et assurent une meilleure qualité de l’eau. Les végétaux contribuent à absorber l’eau de pluie au niveau du sol et par les racines des arbres. La présence d’arbre réduit le volume des eaux de ruissellement, protège les sources d’eau et prévient ou, du moins, réduit les dommages causés par les inondations. 

Diminue les îlots de chaleur
Les arbres dégagent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère par le processus de l’évapotranspiration. Ce phénomène agit sur le degré d’humidité locale et tempère les variations extrêmes du climat. Il a été démontré qu’un arbre peut évaporer, par une journée ensoleillée, plus de 500 litres d’eau ce qui rafraîchit l’air ambiant. 

Réduit la chaleur urbaine et crée des îlots de fraîcheur 
Les espaces boisés et les arbres matures protègent contre la chaleur par le rafraîchissement de l’air ambiant. Dans les parcs et les boisés urbains, la température de l’air est généralement plus fraîche qu’en milieu ouvert. Le feuillage des arbres intercepte, absorbe et reflète la radiation solaire et réduit l’intensité du rayonnement et la chaleur qui en résulte. Cet effet est d’autant plus important qu’avec les changements climatiques, la fréquence des épisodes de canicule estivale est en constante augmentation.

DES TRAITEMENTS POUR PROTÉGER VOS FRÊNES ET VOS ORMES
Nous avons vu précédemment que la présence d’arbres en milieu urbain est primordiale pour assurer une qualité de vie des citoyens. Les résultats d’une récente recherche effectuée par le gouvernement des États-Unis ont permis d’établir une corrélation directe entre la hausse des décès attribuables aux maladies cardiaques et respiratoires et l’apparition de l’agrile du frêne qui a tué des dizaines de millions de frênes sur son territoire. 

 Galeries creusées par l’agrile

Depuis peu, l’agrile du frêne fait la manchette et pour cause. Cet insecte perceur minuscule est responsable de la mort de millions d’arbres depuis son arrivée en Amérique du Nord en provenance de l’Asie. D’abord observé aux États-Unis, le tueur a été recensé à Montréal en juillet 2011 et à Québec en 2018. L’agrile du frêne poursuit son avancée en s’attaquant à tous les frênes qui jalonnent sa route et les tue irrémédiablement. Mais, à présent, il a un ennemi de taille, un vaccin qui protège le frêne de ce fléau. 

Les villes de Québec et de Lévis sont très proactives pour contrer l’arrivée de l’insecte mortel. Elles comptent des milliers de frênes sur leur territoire tant dans les parcs, les boisés et les rues et elles tiennent à conserver plusieurs de ces arbres, souvent matures. Dès la confirmation d’une attaque de l’agrile du frêne, tous les intervenants sont prêts à passer à l’action. Il en tient toutefois à chaque citoyen de scruter régulièrement leurs frênes pour identifier les premiers signes de dépérissement des arbres. Nous pouvons agir, car les villes de Québec et de Lévis ont élaboré des programmes d’intervention et de subvention pour aider leurs citoyens à combattre ces insectes dévastateurs. Consultez votre bureau d’arrondissement ou le site Internet de votre ville pour plus de détails sur ces programmes.

L’orme d’Amérique n’est pas en reste. Comme le frêne, il a lui aussi un vaccin pour le protéger. Depuis peu, la firme BioForest Technologies produit un fongicide systémique préventif, Arbotect 20-S, qui contrôle la maladie hollandaise de l’orme (MHO). Sans ce vaccin, les ormes sont voués à une mort presque certaine si d’autres ormes sont attaqués par la MHO à proximité.

Pour le frêne comme pour l’orme, seuls les professionnels spécialisés en arboriculture accrédités par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et formés pour reconnaître la MHO et maîtriser les techniques d’injection arboricoles sont habilités à administrer les vaccins.

Dorénavant, nous avons les moyens de protéger nos ormes et nos frênes contre leurs agresseurs virulents. Consultez votre conseiller en arboriculture et votre ville de résidence dès que vous observez un dépérissement chez ces arbres. Il en va de leur survie!

Jean Lamontagne, vice-président à l’Association forestière des deux rives et consultant en arboriculture