La main-d’œuvre forestière est constituée d’hommes et de femmes pour qui la forêt représente beaucoup plus qu’un gagne-pain. Ces personnes ont à cœur la saine gestion de cette précieuse ressource pour continuer de bénéficier des multiples usages qu’elle procure.

Une forêt à découvrir

La forêt en quête de travailleurs qualifiés !

Aujourd’hui plus que jamais, la forêt est au cœur de la lutte contre les changements climatiques à l’échelle planétaire. Les forêts sont indispensables dans le cycle du carbone et pour le maintien de la biodiversité terrestre. Aussi, les arbres peuvent tantôt limiter les impacts d’événements climatiques extrêmes, tantôt contribuer à absorber les eaux de ruissellement ou encore réduire l’érosion des bandes riveraines.

Une fois coupé, l’arbre continue sa lutte contre les changements climatiques! En effet, l’utilisation du bois en construction permet de garder captif et hors de l’atmosphère le carbone que les arbres ont capté lors de leur croissance. Seul matériau de construction issu d’une ressource renouvelable, le bois est considérablement plus écologique que ses alternatives comme le béton ou l’acier et sa transformation requiert beaucoup moins d’énergie, ce qui lui confère une empreinte environnementale plus faible.

La forêt n’a évidemment pas besoin des humains pour se développer. En revanche, l’humain, lui, dépend de la forêt à bien des égards, non seulement pour lui procurer une eau et un air de qualité, mais aussi pour s’approvisionner en bois. Pour que l’utilisation du bois demeure bénéfique du point de vue environnemental, il est impératif que la forêt d’où il provient soit aménagée de façon durable, afin de préserver la santé des forêts pour les générations actuelles et futures. 

C’est là qu’entre en scène la main-d’œuvre forestière : les spécialistes de l’aménagement de nos forêts. Ceux qui font en sorte que la société québécoise bénéficie des multiples usages du bois. Ceux qui ont la connaissance, les qualifications et les compétences POUR ORCHESTRER les travaux en utilisant un processus rigoureux de planification forestière, POUR RÉALISER DES CHEMINS FORESTIERS qui donnent accès au territoire tant pour aller chercher le bois que pour le bénéfice de nombreux autres utilisateurs de la forêt, POUR EFFECTUER LA RÉCOLTE de bois en utilisant des techniques de travail qui permettront de tirer le maximum de valeur de la fibre récoltée, ou encore POUR RÉALISER LES TRAVAUX SYLVICOLES qui permettront aux forêts de se régénérer et de croître le plus naturellement possible.

Cette main-d’œuvre spécialisée est constituée d’hommes et de femmes qui, bien souvent, vivent dans des communautés forestières et pour qui la forêt représente beaucoup plus qu’un gagne-pain. Ces personnes ont à cœur la saine gestion de cette précieuse ressource pour continuer de bénéficier des multiples usages qu’elle procure.

Le secteur forestier est en pleine évolution. Les opérations forestières se trouvent devant une possibilité infinie quant au développement des technologies d’automatisation et de robotisation.
Les travailleurs forestiers sont le premier maillon d’une chaîne sans qui aucun approvisionnement en bois n’est possible

Des années difficiles qui ont permis de repositionner le secteur forestier

Dans les dernières décennies, l’industrie forestière québécoise a été ébranlée par une importante crise. La combinaison de plusieurs facteurs de changement a engendré cette crise dont la conjoncture économique, l’effondrement des marchés traditionnels (papier journal et bois d’œuvre), la difficulté de l’industrie à s’adapter à de nouvelles réalités, mais aussi la contestation des modes d’exploitation de la ressource forestière par divers groupes (scientifiques, environnementaux, communautés locales, etc.).

Cette crise a eu un impact important sur le nombre de travailleurs du secteur qui a considérablement diminué pour toutefois se stabiliser depuis les cinq dernières années. Or, comme toutes les crises, celle-ci a été une occasion de changement; un défi lancé pour gérer les forêts du Québec en tenant compte de leur composition et de leurs autres particularités écologiques, économiques et sociales; une occasion de reconnaître l’importance de se donner de nouveaux modes de gestion. Bref, c’est ce qui a servi de base à une réforme en profondeur du régime forestier québécois, qui est entré en vigueur en 2013.

Des possibilités d’emplois variées dans un secteur en pleine évolution !

À travers tous les changements survenus, un fait demeure inchangé: ce sont les travailleurs forestiers qui sont à la base de toutes les activités de l’industrie forestière. Le premier maillon d’une chaîne sans qui aucun approvisionnement en bois n’est possible. Ceux qui, malgré le fait qu’ils ne soient pas aussi nombreux que les travailleurs en usine, permettent d’alimenter l’ensemble de l’industrie de la transformation du bois. 

Or, ces travailleurs œuvrent dans un secteur en pleine évolution… et c’est loin d’être terminé! Les opérations forestières se trouvent devant une possibilité infinie quant au développement des technologies d’automatisation et de robotisation. L’utilisation de l’imagerie, l’analyse d’images en 3D (LIDAR) et les drones ont augmenté de façon exponentielle dans les dernières années. Les approches sont de moins en moins manuelles et permettent de mieux comprendre l’incidence de l’environnement sur la productivité des machines et, à l’inverse, l’impact de l’exploitation forestière sur l’environnement.

Les travailleurs de demain disposeront donc vraisemblablement de données en temps réel et de puissants outils de planification qui modifieront leur travail et leur permettront de prendre de meilleures décisions et d’optimiser autant les opérations en forêt qu’en usine, de manière à mieux utiliser la ressource.

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier conçoit et soutient des stratégies de développement innovantes et de mise en valeur de la main-d’œuvre et des métiers de la forêt québécoise. Pour ce faire, il collabore avec les différents acteurs du secteur forestier afin que ce dernier puisse bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée et soit en mesure de répondre aux défis de l’avenir dans un contexte d’aménagement forestier durable.

Christine Bouliane, adjointe à la direction au Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier