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Une forêt à découvrir

Une forêt à découvrir

À l’occasion du Mois de l’arbre et des forêts (mai) et de son 60e anniversaire, l’Association forestière des deux rives (AF2R), en collaboration avec Le Soleil et plusieurs partenaires, est fière de vous offrir ce cahier d’information qui vous fera découvrir notre secteur forestier régional et plusieurs de ses acteurs, en plus de retracer l’histoire de l’AF2R sur les six dernières décennies.

LA FORÊT AU CŒUR DE NOTRE VIE 

À propos de ce cahier

Chaque année depuis 2008, l’Association forestière des deux rives (AF2R) publie un cahier d’information dans le quotidien Le Soleil. L’édition d’aujourd’hui vous fait découvrir les différents visages de la forêt régionale en Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. 

Les articles, rédigés par des experts du domaine forestier, dressent des portraits de la forêt publique, privée et urbaine, de l’industrie forestière, de ses formations et sa main d’œuvre, de la recherche et des innovations du secteur, du rôle du bois dans la lutte aux changements climatiques et du récréotourisme en forêt. Bonne lecture !

Une forêt à découvrir

L’Association forestière des deux rives: Enracinée dans son milieu depuis 60 ans (1958-2018)

1958-1975: Naissance et croissance de l’Association forestière

Depuis 1939, année de fondation de la défunte Association forestière québécoise (AFQ), des associations forestières régionales contribuent à l’éducation relative à l’arbre et à la forêt auprès du grand public et particulièrement des jeunes du Québec. Près de 20 ans plus tard, soit en 1958, l’Association forestière Québec–Portneuf (AFQP) naît et couvre les comtés de Québec et de Portneuf de l’époque. Elle s’ajoute aux cinq associations forestières déjà à l’œuvre au Québec. 

C’est précisément le 19 juin 1958, à la Station forestière de Duchesnay, que l’Association forestière québécoise fonde simultanément deux nouvelles associations forestières régionales pour la région de Québec, soit l’Association forestière Montmorency–Charlevoix et l’Association forestière Québec–Portneuf.  

À ses débuts, l’Association forestière Québec–Portneuf vise l’éducation de la population des milieux ruraux à l’importance de la richesse de la forêt. M. André Linteau, premier docteur en foresterie au Québec, en a été le président fondateur. Le secrétaire gérant, M. Georges Gagnon, ingénieur forestier et professeur à l’École forestière de Duchesnay de 1957 à 1971, a quant à lui été la cheville ouvrière de l’Association forestière pendant près de 20 ans, faisant preuve de militantisme et de dévouement à la cause. L’information du public sur les enjeux forestiers et l’éducation populaire des jeunes par les clubs 4-H, mouvement regroupant des clubs nature locaux, constituent le centre des activités de l’Association forestière durant cette période. 

Lors de son assemblée annuelle tenue à Duchesnay en 1975, l’Association forestière Québec–Portneuf devient l’Association forestière Québec métropolitain inc. (AFQM) et est dorénavant un organisme à but non lucratif incorporé. Son territoire inclut maintenant une partie de la Rive-Sud de Québec. Le conseil d’administration est composé de 30 personnes, dont trois femmes et trois représentants des clubs 4-H.

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L’industrie forestière, d’une importance Capitale

Dans toutes les régions du Québec, la présence d’une industrie forestière forte est synonyme de vitalité, de stabilité et de développement économique. Historiquement - et même culturellement - la récolte et la transformation du bois ont façonné bien des secteurs de notre territoire, et c’est encore le cas aujourd’hui. De la drave patrimoniale et des grandes chansons de Félix Leclerc aux innovations technologiques des prochaines décennies, en passant tout simplement par les charpentes de nos maisons, la forêt fait partie de notre histoire et de nos vies quotidiennes.

Chez nous, collectivement, on peut de plein droit parler de « notre » forêt, car elle nous appartient. Au Québec, 92% de la forêt est publique. Il est de notre devoir de la faire fructifier au bénéfice de l’ensemble des Québécoises et des Québécois. Il faut savoir qu’au total, moins de 1% de la forêt publique est récoltée chaque année, mais que le secteur représente 2% du PIB et 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuellement.

Des retombées économiques partout sur le territoire

Sur le territoire québécois, l’industrie forestière permet de créer près de 61000 emplois bien rémunérés qui contribuent à l’essor de plus de 250 municipalités au Québec. C’est également le cas dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, où on constate que le secteur forestier est particulièrement diversifié. Dans la région, on compte entre autres trois usines de pâtes et papiers et 39 usines de sciage. Des secteurs d’avenir comme des usines de cogénération et de produits énergétiques ainsi que de pâtes à partir de recyclage font aussi leur apparition sur le territoire. Il faut y ajouter toutes les entreprises de deuxième et troisième transformation, des fabricants d’armoires, portes et fenêtres, ébénisterie, menuiserie, qui ont besoin d’une main-d’œuvre stable pour se développer et qui foisonnent dans les environs.

Le secteur forestier représente 1,6 % des emplois au Québec – dans la Capitale-Nationale, cela représente plus de 3000 emplois; en Chaudière-Appalaches, ce sont 4000 emplois qui découlent des activités de l’industrie, que ce soit en foresterie, en sciage ou dans les pâtes et papiers. Et nous ne parlons même pas ici des emplois indirects et induits, tout aussi nombreux, et qui dépendent directement de la présence d’une activité économique liée à la forêt.

La région a aussi ses caractéristiques spécifiques : c’est dans la région de la Chaudière-Appalaches que sont situées les principales usines qui transforment du bois résineux provenant des États-Unis. C’est aussi dans cette région que la consommation de bois privé dans les usines de sciage résineux est la plus grande au Québec. Conséquemment, des milliers de propriétaires forestiers participent également à l’activité forestière en mettant en marché, année après année, des volumes de bois ronds dont l’industrie ne saurait se passer. À l’inverse, l’aména-gement des forêts privées de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches ne pourrait se réaliser sans la présence d’une industrie forestière fiable et résiliente.

La région de Chaudière-Appalaches demeure aussi la championne mondiale de la production de sirop d’érable avec, à elle seule, plus du tiers de la production québécoise. Cet aspect de la production forestière démontre le caractère mixte (feuillu et résineux) de la forêt de votre région. Il s’agit donc d’une forêt habitée et visitée 12 mois par année par ses habitants.

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Bois et forêts à la rescousse !

Comprendre en cinq minutes le rôle des forêts et des produits du bois dans la lutte contre les changements climatiques

Les grands responsables du dérèglement du bilan carbone de la planète sont les activités industrielles et les transports. Ils utilisent en grande quantité les énergies fossiles non renouvelables qui, lors de leur combustion, émettent d’importantes quantités de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre (GES) responsable des changements climatiques. Découvrir et implanter des solutions durables s’avèrent primordiaux pour réduire ces émissions et gérer les GES déjà dans l’atmosphère ainsi que ceux à venir. C’est là que la forêt et les produits du bois jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les changements climatiques ! 

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La forêt en quête de travailleurs qualifiés !

Aujourd’hui plus que jamais, la forêt est au cœur de la lutte contre les changements climatiques à l’échelle planétaire. Les forêts sont indispensables dans le cycle du carbone et pour le maintien de la biodiversité terrestre. Aussi, les arbres peuvent tantôt limiter les impacts d’événements climatiques extrêmes, tantôt contribuer à absorber les eaux de ruissellement ou encore réduire l’érosion des bandes riveraines.

Une fois coupé, l’arbre continue sa lutte contre les changements climatiques! En effet, l’utilisation du bois en construction permet de garder captif et hors de l’atmosphère le carbone que les arbres ont capté lors de leur croissance. Seul matériau de construction issu d’une ressource renouvelable, le bois est considérablement plus écologique que ses alternatives comme le béton ou l’acier et sa transformation requiert beaucoup moins d’énergie, ce qui lui confère une empreinte environnementale plus faible.

La forêt n’a évidemment pas besoin des humains pour se développer. En revanche, l’humain, lui, dépend de la forêt à bien des égards, non seulement pour lui procurer une eau et un air de qualité, mais aussi pour s’approvisionner en bois. Pour que l’utilisation du bois demeure bénéfique du point de vue environnemental, il est impératif que la forêt d’où il provient soit aménagée de façon durable, afin de préserver la santé des forêts pour les générations actuelles et futures. 

C’est là qu’entre en scène la main-d’œuvre forestière : les spécialistes de l’aménagement de nos forêts. Ceux qui font en sorte que la société québécoise bénéficie des multiples usages du bois. Ceux qui ont la connaissance, les qualifications et les compétences POUR ORCHESTRER les travaux en utilisant un processus rigoureux de planification forestière, POUR RÉALISER DES CHEMINS FORESTIERS qui donnent accès au territoire tant pour aller chercher le bois que pour le bénéfice de nombreux autres utilisateurs de la forêt, POUR EFFECTUER LA RÉCOLTE de bois en utilisant des techniques de travail qui permettront de tirer le maximum de valeur de la fibre récoltée, ou encore POUR RÉALISER LES TRAVAUX SYLVICOLES qui permettront aux forêts de se régénérer et de croître le plus naturellement possible.

Cette main-d’œuvre spécialisée est constituée d’hommes et de femmes qui, bien souvent, vivent dans des communautés forestières et pour qui la forêt représente beaucoup plus qu’un gagne-pain. Ces personnes ont à cœur la saine gestion de cette précieuse ressource pour continuer de bénéficier des multiples usages qu’elle procure.

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Le bois, avec passion et innovation !

L’industrie de la transformation du bois représente l’un des principaux moteurs économiques des régions du Québec. Plus spécifiquement, dans les régions de la Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale, on dénombre plus de 5500 travailleurs en emploi dans le secteur répartis au sein de plus de 240 usines. Les salaires versés à la production dépassent 150 millions de dollars annuellement.

Ce sont des hommes et des femmes passionnés qui contribuent, chaque jour, au développement économique, social et environnemental de ces régions. De plus, la valeur ajoutée manufacturière de la production est de l’ordre de 445 millions de dollars annuellement. D’ailleurs, c’est la région de la Chaudière-Appalaches qui regroupe le plus grand nombre d’entreprises en transformation du bois au Québec. Elle pourrait être qualifiée de la «Mecque de la transformation du bois au Québec».

La main-d’œuvre, un enjeu

Les taux de chômage des régions de la Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale sont parmi les plus bas au Québec (moyenne de 4,1%) et le nombre de diplômés dans les programmes scolaires réguliers est faible. Afin de contrer l’absence de diplômés disponibles, les entreprises se tournent vers leurs ressources internes. Elles identifient les travailleurs ayant les aptitudes nécessaires pour apprendre et les inscrivent à des programmes de formation spécifique pour améliorer leurs compétences. Également, elles s’intéressent de plus en plus à l’immigration et à ce qui est appelé la main-d’œuvre non traditionnelle (historiquement moins
attirée par le secteur). C’est une nécessité, sinon une question de survie pour les entreprises.

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Des programmes d’études diversifiés pour les passionnés de la forêt et du bois!

Saviez-vous qu’on retrouve dans la région de la Capitale-Nationale les trois niveaux d’enseignement pour la plupart des métiers de la forêt et du bois? Que ce soit le diplôme d’études professionnelles, la technique, le baccalauréat, la maîtrise ou le doctorat, le choix est considérable.

Étant donné que la forêt est une ressource renouvelable, il y aura toujours un besoin incessant de travailleurs pour contribuer à son aménagement, à sa protection et à son utilisation durable. Le secteur forestier est un domaine dynamique qui cherche continuellement de la relève. Dans les cinq prochaines années, on prévoit, selon le Conseil de l’industrie forestière du Québec, que près de 15  000 emplois seront à combler dans ce secteur.

Pour les passionnés de la nature et du bois, il y a du choix ! Les programmes d’études sont diversifiés et axés sur la pratique. 

Des formations professionnelles au cœur de l’action

Au niveau professionnel, l’École de foresterie de Duchesnay, située à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, est en plein cœur de la forêt. On y trouve également une scierie-école unique en son genre qui permet un apprentissage pratique hors pair. 

  • DEP Abattage manuel et débardage forestier
  • DEP Affûtage
  • DEP Aménagement de la forêt
  • Double DEP Aménagement des ressources fauniques et forestières
  • DEP Classement des bois débités
  • DEP Protection et exploitation de territoires fauniques
  • DEP Sciage
  • DEP Travail sylvicole

ecoleduchesnay.com

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Québec, carrefour de la recherche en foresterie

Au cours des dernières années, le secteur forestier québécois a été confronté à plusieurs défis importants qui nécessitent une innovation continue des façons de faire. Les valeurs changeantes de la société sont un vecteur important de cette innovation et incitent les décideurs et les aménagistes forestiers à revoir leurs pratiques. La conservation du territoire et l’adoption de pratiques sylvicoles adaptées afin de minimiser l’impact de nos interventions sur les écosystèmes sont maintenant au cœur des préoccupations.

L’industrie forestière québécoise a été profondément ébranlée par la baisse importante de consommation de papier journal, la crise économique mondiale de 2008 et les conflits commerciaux répétés avec les États-Unis. Ces événements ont révélé l’importance de diversifier les produits fabriqués et les marchés. 

Le secteur forestier québécois est en pleine effervescence et la recherche est névralgique afin de garantir la pérennité des forêts et de l’industrie forestière. Dans un contexte de changements climatiques, l’acquisition de nouvelles connaissances devient encore plus importante afin de nous permettre de nous adapter à cette nouvelle réalité. 

Au Québec, des centaines de chercheurs sont à pied d’œuvre pour trouver des solutions aux enjeux actuels et futurs de l’aménagement durable des forêts. La ville de Québec est l’épicentre de la recherche en foresterie à l’échelle provinciale, puisque cinq acteurs, privés ou publics, y jouent un rôle majeur dans la recherche sur le rôle, les usages et les enjeux de la forêt au XXIe siècle. Voici un bref portrait de ces cinq acteurs déterminants.

Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval

La Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval est la seule institution d’enseignement au Québec qui offre des programmes de formation permettant de devenir ingénieur forestier ou ingénieur du bois. En plus d’offrir des programmes de formation de premier, de deuxième et de troisième cycle, la Faculté est un acteur incontournable de la recherche en foresterie au Canada. Regroupant plus de 30 professeurs-chercheurs et plus de 100 étudiants-chercheurs, elle compte plusieurs chaires et centres de recherche dont l’expertise est reconnue à l’international, dont le Centre d’étude de la forêt et le Centre de recherche sur les matériaux renouvelables. La grande diversité des thèmes de recherche abordés y révèle la complexité des forêts et leur importance pour la société.

Mentionnons également la Forêt Montmorency, qui est à la fois la forêt d’enseignement et de recherche de l’Université Laval et un modèle tangible de cohabitation harmonieuse entre aménagement et récréotourisme. Ce terrain de recherche d’une grande diversité permet aussi la tenue de formations pratiques pour les étudiants de la Faculté, en plus d’offrir des activités de plein air au grand public.

ffgg.ulaval.ca

foretmontmorency.ca

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Une forêt publique aux mille couleurs

Saviez-vous que les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches couvrent respectivement 18 643 km2 et 15 074 km2 de terre ferme et que, de ces superficies, les trois quarts sont couverts de forêts productives et accessibles, dont le tiers est du domaine de l’État? La forêt est définitivement au cœur de ces régions. L’équipe régionale de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) connaît bien les particularités de la forêt publique et veille à sa pérennité.

Deux régions, une variété de forêts

Un domaine bioclimatique est un territoire caractérisé par la végétation (arbres et plantes de sous-bois) qu’on y trouve à long terme. Du sud de Saint-Georges au nord de La Malbaie en passant par Saint-Raymond, le territoire est caractérisé par une variation du paysage tant en altitude qu’en relief et par la diversité de ses climats et de ses sols. 

Nos régions se distinguent par ses quatre domaines bioclimatiques différents. Lors de promenade dans ces forêts, il peut être surprenant de constater l’incroyable diversité d’ambiances forestières qui s’entremêlent au fil des kilomètres. Les massifs de la Capitale-Nationale sont couverts par la sapinière à bouleau blanc. La rive du fleuve est caractérisée, au nord, par la sapinière à bouleau jaune et, au sud, par l’érablière à tilleul. Cette dernière s’étend sur la rive de la Chaudière-Appalaches pour ensuite laisser place à l’érablière à bouleau jaune à l’intérieur des terres. Chacun de ces domaines s’exprime différemment selon les perturbations récentes, les types de sols, les espèces végétales présentes, etc. 

Afin d’utiliser et de mettre en valeur le plein potentiel de cette richesse collective, l’équipe régionale, aux expertises diversifiées, travaille en étroite collaboration avec les partenaires du milieu.  Ainsi, les utilisateurs du territoire, tels les trappeurs, les motoneigistes, les organismes de bassins versants, les entreprises forestières, les acériculteurs, etc., ciblent ensemble les enjeux à travailler et les problèmes à régler. Ils proposent des recommandations au MFFP pour bonifier la planification de l’aménagement des forêts. À titre d’exemple, dans la Chaudière-Appalaches, un groupe d’utilisateurs travaille à faire avancer la recherche sur les milieux humides et riverains.