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Une forêt de possibilités

Découvrez la forêt durable québécoise et ses nombreuses possibilités

L’Association forestière des deux rives (AF2R) est fière de collaborer avec Le Soleil et de nombreux partenaires pour la publication de ce dossier d’information qui vous fera découvrir l’aménagement forestier et le secteur d’avenir innovant, durable et créateur de richesses qu’est la foresterie.

Vous aimez la forêt? Qu’elle représente pour vous la détente, les activités de plein air ou même votre lieu de travail, ce cahier d’information est pour vous! L’Association forestière des deux rives (AF2R), en tant que membre actif du Collectif pour une forêt durable dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, est fière de vous présenter cette publication portant sur les multiples possibilités de la forêt.

Découvrez dans ces pages l’approche unique du Québec pour concevoir et aménager la forêt de façon responsable et durable au bénéfice de tous, mais aussi ce que les forêts nous apportent aujourd’hui et peuvent nous procurer dans l’avenir. Les articles répondront à vos interrogations sur tout ce qui touche la forêt, dont son aménagement durable, sa récolte, ses travailleurs, la transformation et les produits du bois, ainsi que la lutte aux changements climatiques. Les auteurs, des experts dans leur domaine, sauront vous informer et mettront même certaines de vos croyances à l’épreuve.

L’AF2R
Au Québec, la forêt occupe une place importante dans notre histoire et notre société. C’est dans ce contexte que la mission de l’AF2R s’inscrit. En collaboration avec de nombreux partenaires, elle sensibilise la population de la grande région de Québec à l’importance de l’arbre et de la forêt par l’éducation, la mise en valeur et le verdissement.

Éducation forestière
Comme l’éducation forestière est l’un de ses principaux objectifs, l’AF2R propose une foule d’activités aux écoles primaires et secondaires de son territoire. Dès le primaire, les élèves sont à même de prendre conscience de l’importance de l’arbre, de la forêt et de la nature. Elle organise également des activités éducatives pour le grand public, dont des visites à saveur forestière : 

af2r.org/education et
af2r.org/activites-et-evenement

Une forêt de possibilités

L’industrie forestière… au-delà des retombées économiques

Présente dans l’ensemble des régions du Québec depuis plus de 150 ans, notre industrie forestière a su maintenir sa position de leader non seulement au chapitre de l’activité économique, mais aussi en s’affichant de plus en plus comme un outil incontournable dans la lutte aux changements climatiques.

Pilier de l’économie régionale et provinciale

Les différents secteurs composant l’industrie forestière de première transformation (récolte, produits du bois résineux et feuillus, pâtes et papiers, panneaux) génèrent une activité de plus de 18 milliards de dollars annuellement. La nature même de leurs activités fait en sorte que leurs centaines d’usines se répartissent partout sur le territoire québécois et représentent souvent le premier employeur en importance de plusieurs villes et municipalités. Encore aujourd’hui, la forêt est le principal secteur manu-facturier du Québec. 

Les travailleurs demeurent au cœur de cette activité. En effet, près de 60 000 travailleurs sont engagés par l’une ou l’autre des compagnies de récolte ou de transformation. La masse salariale se situe à environ 2,6 milliards de dollars qui sont, pour la plupart, dépensés dans les différentes régions du Québec. De plus, ceci n’inclut pas les emplois indirects, encore plus nombreux, et qui proviennent des dépenses de consommation des emplois directs en région.

Une forêt de possibilités

Déforestation et exploitation forestière : une méconnaissance des concepts

Avec plus de 760 000 kilomètres carrés de forêt répartis sur le territoire du Québec et près de 60 000 emplois directs liés au milieu forestier, il est normal de présumer que la culture forestière est présente dans le discours des Québécois. Pourtant, il persiste une méconnaissance importante des concepts entourant l’aménagement de nos forêts chez une grande proportion de la population. Comme bien des choses ont changé au cours des 20 dernières années et que la vision qui entoure l’aménagement forestier au Québec a évolué, une mise au point de certaines notions s’impose.

Travaux forestiers: pas synonyme de déforestation
La population confond régulièrement– à tort –l’exploitation forestière et la déforestation. Il s’agit en fait de deux concepts fondamentalement opposés. La déforestation réfère à l’action de modifier la vocation de la forêt pour en modifier l’utilisation, tandis que l’exploitation forestière veut assurer la pérennité de la forêt.

Le terme déforestation fait souvent référence au concept tel qu’on le connaît sur le plan international : des images-chocs de la destruction des forêts tropicales humides de l’Amazonie, défrichées pour créer des pâturages afin de répondre aux besoins soutenus de l’industrie bovine. Dans le contexte québécois, la déforestation s’observe lors-qu’on coupe des forêts en bordure des villes pour développer de nouveaux quartiers d’habitation ou construire de mégacentres commerciaux. Dans tous ces cas, la coupe de la forêt modifie l’utilisation du territoire. Il ne s’agit donc pas d’aménagement forestier et encore moins d’aménagement durable des forêts. 

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De l’industrie forestière aux « économies de la forêt »

La forêt est centrale à l’économie de centaines de municipalités québécoises. Pour nombre d’entre elles, l’exploitation économique de la forêt est à l’origine de leur création et continue aujourd’hui de contribuer à leur vitalité et à leur développement.

Cependant, l’économie forestière n’est plus ce qu’elle était. Depuis plusieurs années, elle s’est diversifiée et a évolué. C’est pourquoi, dans le cadre du Forum des communautés forestières de novembre 2017, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a choisi de réaliser un portrait de l’ensemble des économies de la forêt. Elle a alors constaté que, dans l’ombre des conflits commerciaux et des restructurations, la réalité des régions s’est profondément transformée et qu’il est maintenant essentiel de parler des économies de la forêt plutôt que d’une économie de la forêt.

Une contribution économique de 9,5 milliards $ au PIB québécois 
Si la production de l’industrie forestière (coupe, pâtes et papiers, fabrication de produits de bois) demeure sans aucun doute l’activité économique dominante dans l’exploitation du potentiel forestier, elle est loin d’être la seule. De l’acériculture à la chasse en passant par la cueillette de bleuets sauvages, des dizaines d’activités économiques ont comme facteur commun notre forêt. 

Au total, nous avons estimé l’apport économique des différentes activités découlant de la forêt au PIB du Québec à 9,5 milliards de dollars, soit plus de 106000 emplois à temps plein. Et nous parlons ici d’un minimum, puisque plusieurs activités créatrices de richesses pour nos communautés forestières, comme les industries de la fabrication chimique ou les activités récréotouristiques de plein air effectuées en forêt, n’ont pas pu être incluses dans nos calculs, faute de données récentes. 

En guise de comparaison, la valeur ajoutée des économies de la forêt représente 2,8% du PIB québécois, soit une contribution supérieure à celle de l’industrie aéronautique (1,8%) et comparable à celle de l’industrie culturelle et de l’information (2,9%). Loin d’être négligeables, les économies de la forêt sont essentielles à notre développement économique.

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Ces forêts sous vos yeux

Comme bien des Québécois, les citoyens de la Capitale-Nationale et de la grande région de Québec sont choyés! Ils vivent dans un milieu où la forêt n’est jamais bien loin, si ce n’est directement à leur porte.

Ces forêts qui les entourent offrent des paysages magnifiques, charment les yeux et font le bonheur de ceux qui les fréquentent. Comme pour toutes les forêts, on chante leurs vertus: source d’air et d’eau pure, abri d’une faune et d’une flore variées, soutien de nombreux emplois en usines, lieux prisés de récréation et de ressourcement, sans oublier leur incontournable place dans notre culture et notre imaginaire. 

Ce que trop peu savent, c’est que beaucoup de ces forêts sont privées. Elles n’appartiennent pas à l’État, mais à un voisin, une cousine, un ancien camarade de classe ou au commerçant du coin. Ces gens ordinaires, propriétaires de forêts privées, sont plus de 14000 dans la grande région de Québec! Certains sont des producteurs forestiers de longue date, fiers des billots qu’ils coupent année après année, souvent depuis des générations. D’autres sont des amants de la nature, qui trouvent leur bonheur à en posséder un petit coin bien à eux. D’autres encore sont des héritiers, profondément attachés à un patrimoine de leur histoire familiale. Beaucoup sont un peu de tout cela à la fois!

Intérêts publics, intérêts privés
De nos jours, les propriétaires de forêts privées font face à un défi qui ne cesse de grandir: comment concilier leur droit de propriété avec les attentes de la société en matière de protection de la nature? On les invite avec de plus en plus d’insistance à mieux protéger les paysages, les milieux humides, les écosystèmes rares et les espèces menacées. C’est évidemment une chose légitime, sinon essentielle. Mais ce faisant, on leur impose aussi d’assumer seuls les coûts et les inconvénients de cette protection. C’est certainement plus contestable. La recherche d’un juste équilibre entre intérêts publics et privés est particulièrement éprouvante pour les propriétaires forestiers qui récoltent du bois. Leurs interventions deviennent plus complexes et plus coûteuses, à une époque où les revenus sont moins bons qu’avant et où leur fardeau fiscal foncier ne cesse de croître. On les invite à produire tout à la fois du bois et des services environnementaux, sans que la recette pour le faire de façon rentable soit à point. 

Compter sur une multitude de propriétaires de forêts privées est un avantage pour la société québécoise. Ils affichent une variété de champs d’intérêt et un éventail de valeurs qui facilitent le développement simultané de tous ces possibles qu’on associe désormais aux forêts. Mais si on n’y prend garde, les fonctions récréatives et de protection pourraient prendre définitivement le pas sur les fonctions productives traditionnelles. Ce serait se priver d’intéressantes retombées économiques, accessibles sans compromettre la beauté et la pérennité de nos forêts. Si cette affirmation vous laisse sceptique, regardez autour de vous. Ces forêts que vous avez sous les yeux, elles sont en santé, productives… et gérées depuis des décennies par des forestiers privés fiers d’en prendre soin.

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La forêt publique: un bien collectif, des responsabilités partagées

Existe-t-il plusieurs forêts selon les usages que l’on en fait ou bien plusieurs usages d’une même forêt? On entend souvent dire que la forêt au Québec est en grande partie publique, ce qui signifie que chacun peut se sentir interpellé par sa gestion et son aménagement. Cependant, nos attentes par rapport à cette forêt s’appuient sur des valeurs, des modes de vie et des visions différentes d’une personne à l’autre. Le défi de répondre aux attentes de chacun est immense et nous devons le relever collectivement. Plusieurs mécanismes de participation sont prévus pour que les personnes et les organismes concernés par la gestion des forêts signifient leurs attentes au gouvernement du Québec, responsable de la planification des activités d’aménagement.

Une forêt publique
Au Québec, la majorité du territoire forestier est public donc accessible à tous ! Souvent, plus d’une dizaine d’utilisateurs interagissent dans un même espace. Par exemple, les chasseurs, les villégiateurs, les randonneurs et les travailleurs forestiers se côtoient régulièrement, créant une dynamique propre aux forêts d’ici. La conciliation des différents usages est essentielle pour que chacun y trouve son compte.

Pour y parvenir, la gestion des forêts du Québec repose sur l’aménagement durable des forêts. Cette approche a pour but de répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des forêts à répondre à ceux des générations futures. Elle cherche à maintenir l’ensemble des services rendus par ces écosystèmes forestiers, comme le bois, le sirop d’érable, le gibier, la beauté et la valeur culturelle de certains paysages, le calme et le contact avec la nature, mais également la contribution des forêts à la qualité de l’eau et de l’air.

C’est dans l’objectif de maintenir ces services que les activités permises en forêt sont encadrées par des lois et des règlements. En effet, même si tout le monde a accès aux forêts publiques, on ne peut pas y faire n’importe quelle activité. 

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La certification forestière au Québec

La certification forestière est une démarche volontaire d’une entreprise pour faire reconnaître, par un organisme accrédité et indépendant, que ses pratiques forestières respectent les lois, les normes et les règlements en vigueur en matière d’aménagement durable des forêts. Elle est un complément au régime forestier du gouvernement du Québec et demeure, avant tout, une décision d’affaires propre aux compagnies forestières, pour se démarquer ou pour satisfaire les exigences de leurs clients. Au Québec, 93% des forêts publiques sont certifiées, ce qui représente la plus grande superficie certifiée au monde.

Le régime forestier et la certification
Dans les forêts publiques québécoises, un régime forestier est en place, c’est-à-dire un ensemble de lois, de règles et de normes spéci-fiques au territoire et à ses utilisations. En résumé, le but du régime forestier est d’assurer la durabilité de la forêt et sa protection par une bonne gestion des activités, en protégeant les habitats et les ressources. 

La certification forestière ne remplace pas le régime forestier. Il s’agit plutôt de vérifications supplémentaires pour garantir la qualité de l’aménagement de la compagnie auprès de ses clients et l’amélioration de ses pratiques forestières

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Le parcours de l’arbre

1. Régénération et croissance
Grâce à la photosynthèse, les arbres absorbent le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère. Ils emmagasinent alors le carbone (C) et relâchent l’oxygène (O2) dans l’atmosphère. Le carbone leur sert à fabriquer leur bois. Les arbres absorbent le CO2 surtout durant leur période de croissance.

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Les bâtiments en bois poussent dans la région de Québec

Le bois a récemment atteint de nouveaux sommets à Québec. Origine, un bâtiment de 13 étages réalisé dans l’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, est le plus haut bâtiment en bois au Québec et la plus haute tour à condos en bois massif en Amérique du Nord. C’est d’ailleurs aussi à Québec qu’avait été réalisé, en 2009, le premier bâtiment moderne en bois de six étages en Amérique du Nord, l’édifice Fondaction. Depuis, on observe une montée en hauteur des bâtiments en bois partout dans le monde. Plusieurs projets sont présentés dans le dernier journal Construire en bois publié par Cecobois.

À Québec, la passion pour le bois ne date pas d’hier : les premiers chantiers navals de Nouvelle-France étaient établis dans la région pour construire d’impressionnants navires en bois. Aujourd’hui, que ce soit dans les lieux de loisirs et de culture, les centres sportifs, les milieux de travail, les écoles, les logements et même les aménagements extérieurs, l’utilisation avant-gardiste du matériau bois a permis de créer des espaces uniques dans la région.

Les préoccupations environnementales actuelles et les avancées technologiques du secteur sont définitivement les moteurs d’une utilisation accrue du bois en construction. Renouvelable, naturel et local, le bois nécessite peu d’énergie pour sa transformation, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. De plus, le bois emmagasine le carbone absorbé par l’arbre pendant sa croissance. Ces multiples avantages écologiques sont maintenant bien reconnus et s’appuient sur la gestion durable des forêts au Québec. 

Plusieurs architectes l’ont compris et se tournent systématiquement vers le bois lorsque vient le temps de concevoir des projets plus verts. L’expertise québécoise sur la construction en bois se rebâtit d’ailleurs rapidement et avec passion, allant des fabricants aux entrepreneurs, en passant par les designers, les ingénieurs et les promoteurs. 

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Le bois, un matériau écologique et renouvelable aux possibilités sous-estimées !

Le bois est un matériau noble, disponible en abondance, écologique, récupérable et renouvelable. Utilisé depuis des millénaires en construction et pour la fabrication d’innombrables objets et outils, on continue encore aujourd’hui d’en proposer de nouvelles utilisations en s’appuyant sur ses propriétés, ou celles de ses résidus, jusqu’alors insoupçonnées.


Résistant, durable et isolant
Dans le domaine de la construction, le bois ne cesse de surprendre par sa polyvalence, sa résistance et sa durabilité. C’est grâce à la recherche sur ses propriétés mécaniques qu’on lui découvre continuellement de nouvelles applications. En comprenant mieux sa composition et sa structure, on arrive aujourd’hui à concevoir des produits répondant à des critères et à des normes spécifiques. Ainsi, avec des produits structuraux à la résistance mécanique de plus en plus comparable à celle de l’acier, il n’est pas surprenant que les parts de marché du bois dans la construction non résidentielle au Québec aient quasiment doublé entre 2006 et 2016. L’édifice en bois le plus haut de la planète compte maintenant 18 étages ! 

Le bois présente également l’avantage d’être un très bon isolant thermique, pouvant garantir l’efficacité énergétique des bâtiments qui l’utilisent. Damien Mathis, étudiant-chercheur au Centre de recherche sur les matériaux renouvelables (CRMR), souhaite démontrer l’efficacité du bois dans un climat comme le nôtre. Il a ainsi construit de petites maisonnettes écoénergétiques, pour démontrer que le bois est non seulement un bon isolant, mais qu’en le combinant à des acides gras provenant de plantes, il permet aussi de stocker l’énergie thermique provenant du soleil durant le jour et de la rediffuser lentement dans l’espace habitable. Le bois est donc appelé à prendre une place de plus en plus importante dans la construction de bâtiments de toutes tailles.