Renée Demers, présidente d’Atelier d’usinage Quenneville

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Renée Demers: Une relève insoupçonnée

«J’ai reçu une offre, je vais vendre la compagnie», déclarait, en 1997, le propriétaire d’Atelier d’usinage Quenneville, Jocelyn Demers. Ce à quoi sa fille Renée, alors âgée de 27 ans, s’est empressée de répondre: «Attends, ça m’intéresse!» Tous deux en viennent à la conclusion que le transfert familial représente une solution gagnante.

Présidente de l’entreprise située à Salaberry-de-Valleyfield depuis maintenant 15 ans, Renée Demers se destinait d’abord à une carrière en comptabilité. «J’ai vite compris que je ne ferais pas ma vie dans ce domaine. Quand mon père a annoncé qu’il avait trouvé un acheteur potentiel, je n’avais jamais manifesté mon désir de reprendre un jour la tête de la compagnie et lui ne s’est jamais douté que cela pouvait m’intéresser», raconte-t-elle.

Il faut savoir que, depuis longtemps, la fibre entrepreneuriale vibre très fort chez les Demers. Le père de Jocelyn avait déjà légué, à son frère et à lui, l’entreprise qu’il possédait.
À l’époque, le père de Renée n’avait que 19 ans. En 1982, celui-ci acquiert l’Atelier d’usinage Quenneville avec son frère. Une décennie s’écoule et voilà qu’il tient seul les rênes de la compagnie fondée en 1903, aujour­d’hui un fleuron dans le marché des pièces usinées.

Une transition progressive

«Nous sommes deux filles dans la famille et je suis la plus jeune. Ma sœur travaille dans un tout autre secteur et n’avait donc aucun désir de prendre la relève, poursuit Mme Demers. Comme j’étais seule, cela a sûrement facilité les choses. Nous nous sommes entourés d’un consultant en ressources humaines pendant tout le processus de transfert, lequel a duré sept ans. À ce moment, je ne détenais toutefois pas l’argent nécessaire pour racheter.»

Pour celle qui, avant d’assumer la présidence, s’est intégrée progres­sivement en occupant différents postes au sein de l’entreprise, l’acquisition a pu s’effectuer grâce à une banque d’actions du Fonds de solidarité FTQ. S’il fallait assurer une retraite à son père, le Fonds a aussi permis de participer à Familles en affaires, une initiative qui proposait des rencontres avec des professionnels en transfert et d’autres familles engagées dans le repreneuriat.     

À la barre d’une équipe composée de quelque 40 employés, Renée Demers a récemment choisi d’investir pour qu’Atelier d’usinage Quenneville relève les défis de l’avenir. «Forte de ma réalité et soucieuse de garder nos entreprises chez nous, la relève est une cause qui me tient à cœur. L’entrepreneuriat crée des accomplissements; c’est du bonheur!», lance celle qui agit également à titre de vice-présidente du conseil d’administration du CTEQ.  

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
La communication demeure très importante et les enjeux humains restent la priorité. Pendant le transfert, les activités doivent se poursuivre et il faut garder les gens en confiance tant à l’interne qu’à l’externe, se montrer rassurant sur l’avenir de l’entreprise.

Les bonnes pratiques 
Faire intervenir une tierce personne dans le processus pour qu’il y ait une écoute tant du côté du cédant que du repreneur est essentiel. Côté vision et valeurs, il est nécessaire d’apprendre à apprivoiser l’entreprise pour la maintenir en santé. 

Un conseil 
On a avantage à planifier à long terme et à tous les égards. La relève devrait toujours faire partie de la planification stratégique en affaires. Sinon, pour le repreneur, il faut rester ouvert d’esprit et, pour le cédant, il est capital d’avoir des projets pour «l’après».

À PROPOS DU CTEQ
Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

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