Normand Guindon

À VOTRE TOUR

Normand Guindon: De cédant à repreneur

Il y a 12 ans, à la faveur d’une occasion qui s’est présentée, Normand Guindon vendait son entreprise. À titre de cédant, il s’est retrouvé confronté à un choc des valeurs. En 2012, au moment d’investir dans Canlak et d’en devenir le président, il se promet que l’expérience de transfert – comme repreneur cette fois-ci – serait plus positive.

Lorsqu’elle ouvre ses portes à Daveluyville, au tournant des années 80, Canlak ne compte que trois personnes. Aujourd’hui, quelque 140 employés travaillent à fabriquer des produits de finition pour répondre aux besoins de clients dans le marché des armoires de cuisine, des planchers, du meuble et du bois ouvré. L’établissement figure même au premier rang des entreprises canadiennes à capitaux privés dans l’industrie du revêtement pour le bois.  

Issu d’un environnement d’affaires semblable à celui de Canlak, Normand Guidon est demeuré un peu amer du sort réservé à l’entreprise qu’il a fondée, puis vendue en 2007. Changement de créneau, fermeture d’usines, mises à pied, transfert des laboratoires de recherche : en choisissant de s’associer à Éric Vaillancourt à la tête de l’un des fleurons de la MRC d’Arthabaska, il écartait d’emblée ce genre de scénario de sa stratégie de relance.

«On m’a approché, car j’étais connu dans le milieu, détaille l’homme. Le lien s’est fait par l’entremise de ma firme de comptables, qui se trouvait à être aussi celle de Canlak. Éric et son associé de l’époque sont entrés en contact avec moi, des discussions ont été entamées et, assez rapidement, j’ai accepté d’investir dans l’entreprise. Nous avons travaillé en équipe pour voir où nous en étions rendus au chapitre du personnel, des produits et du marché.»

Des défis à relever          

Pour celui qui a récemment intégré le conseil d’administration du CTEQ et qui souhaite maintenant faire profiter d’autres entrepreneurs de son expérience, plusieurs défis ont dû être relevés à son arrivée dans l’entreprise de Daveluyville. D’une compagnie à portée essentiellement provinciale, Canlak a élargi ses horizons pour conquérir l’international, embauché des employés spécia­lisés, revu son offre et triplé la superficie de son laboratoire.  

«La recherche et le développement, c’est notre cheval de bataille. Éric et moi sommes des associés aux profils différents, mais qui se complètent bien autour d’une vision commune, poursuit M. Guindon dont les deux filles, Marie-Sophie (directrice du marketing) et Alexandra (représentante aux ventes), se sont jointes à lui dans l’entreprise. Nous avons toujours su atteindre nos objectifs dans le respect de nos valeurs et, à nos yeux, le succès, c’est ça!»

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
Il faut savoir s’entourer des meilleurs, de personnes fortes, plus fortes que soi. Dans tout processus de transfert, il est préférable de mettre l’orgueil de côté. Un plan solide est nécessaire et la relève doit prendre le relais avec une marge de manœuvre financière.  

Les bonnes pratiques 
Croire en l’entreprise, juger des circonstances, être sans cesse à l’écoute: la relève a une responsabilité vis-à-vis la suite des choses. Il faut de la passion – 50% doit venir de la tête et l’autre moitié du cœur – et choisir un secteur qui a de l’avenir. 

Un conseil 
Je suggère d’avoir confiance et d’être réaliste. Pour faire face aux tempêtes, il est essentiel d’être bien accompagné. Il faut avoir à l’esprit que tout changement dans l’entreprise doit être bien géré pour être en mesure de garder la proximité avec les clients.

À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

NEUVIÈME DE 11 • Prochain rendez-vous: le 3 septembre

ctequebec.com