Grand incendie de Saint-Sauveur, où 2500 à 3000 maisons sont détruites et 20000 personnes jetées à la rue. La perte est évaluée à 3000000$, 1866.

250 ans des pompiers de Québec

D’hier à aujourd’hui : quelques moments-clés

Pour mieux connaître la petite histoire du Service de lutte aux incendies de Québec, retenons dix grandes dates.

1673
Premiers règlements concernant la lutte contre le feu. Une ordonnance du gouverneur Frontenac oblige, par exemple, les propriétaires à installer une échelle sur le toit des maisons afin de pouvoir abattre rapidement les com­bles en cas de feu. Éventuellement, de nouvelles ordonnances s’ajouteront, imposant entre autres le ramonage régulier des cheminées.

1769
Création d’une société du feu privée. Connu d’abord sous le nom de Société amicale contre les incendies, le regroupement de mar­chands vise à protéger et à secourir ses membres. Celui-ci comptera plus tard des insti­tutions religieuses. À l’aide des con­tributions versées, la Société achète de l’équipement, notamment des pompes à incendie importées d’Angleterre.

1832
La Société du feu devient publi­que et relève désormais de la cité. C’est à ce moment qu’apparaît officiellement le premier service de protection contre les incendies de Québec. Chaque quartier de la ville reçoit une pompe à incendie et se voit assigner 50 pompiers volontaires dirigés par un capitaine.

1858
Création d’un premier corps régulier de 50 pompiers-policiers municipaux rémunérés. On con­serve tout de même trois compagnies de pompiers volontaires sur dix, en augmentant leurs effectifs. L’année précédente, la construction d’un réseau d’aqueduc qui dessert 54 % des maisons de la ville est entreprise.   

1866
Mise sur pied du premier service municipal de pompiers permanents. Le Département du feu de la Cité de Québec est enfin doté d’un budget conséquent et placé sous la direction d’un chef et d’un sous-chef. Les pompiers sont répartis dans les six stations de la ville qui logent aussi l’équipement nécessaire à la lutte contre le feu.

Véhicule à incendie situé sur le site de l’hôpital Saint-Michel-Archange, 1922.

1917
Création d’un Bureau de prévention des incendies. L’organisation est composée d’un prévôt et du chef de la Brigade du feu, de six inspecteurs et de dix ramoneurs. Le prévôt est chargé d’enquêter et de produire un rapport sur tous les incendies qui surviennent sur le territoire de la ville.

1963
Sélection plus stricte des pompiers et mise en place d’une formation continue. L’aspirant pompier doit avoir une septième année de scolarité, être âgé entre 20 et 30 ans et mesurer plus de 5 pieds 7. Les pompiers sont tenus de suivre des cours d’entraînement théoriques l’hiver, et pratiques l’été. On leur enseigne les notions sur la propagation du feu, la façon de le combattre efficacement et l’utilisation d’appareils respiratoires. 

Vers 1966
Première vague de rationalisation à la suite du rapport Ross sur l’administration de la Ville de Québec. On recommande la fermeture de plusieurs casernes, une réduction des effectifs, une redistribution des services sur le territoire, une sélection des pompiers plus sévère et un entraînement encore plus strict.

1992
Embauche des premières pompières. Les deux premières pompières, Suzanne Gagnon (retraitée) et France Lacroix (décédée en 2017 à la suite d’un cancer), joignent la division de l’extinction. Jusqu’alors, les politiques administratives interdisaient aux pompiers d’amener des femmes dans les casernes et l’accès au poste de garde leur était strictement défendu. 

2002
Réorganisation du Service par la création de la nouvelle ville de Québec. Les fusions ont donné lieu à un regroupement des services incendie de l’agglomération de Québec et le SPCIQ dessert aujourd’hui un territoire de 548 km2. Dès 1993, les premières ententes intermunicipales sont signées, en vertu desquelles Québec fournit ses services à d’autres municipalités, dont Beauport et Charlesbourg. 

Le Soleil remercie Émilie Bruneau, conseillère en communication à la Division des communications en sécurité publique à la Ville de Québec, Alexandre Lajoie et Bill Noonan, officiers médias-prévention à la Division des communications en sécurité publique (Service de protection contre l’incendie) à Québec, et David Tremblay, archiviste à la Division de la gestion des documents et archives à la Ville de Québec, pour leur contribution dans la préparation de ce document.

Recherche, entrevues et rédaction : Johanne Martin