Christian Paradis, directeur du Service de protection contre l’incendie de Québec

250 ans des pompiers de Québec

Christian Paradis : une vision avant-gardiste

Si le SPCIQ représente l’un des plus vieux services de protection contre l’incendie en Amérique du Nord, son directeur, lui, se distingue par sa vision avant-gardiste du domaine. Après 28 ans de carrière dans la métropole – où il a exploré diverses facettes du métier –, Christian Paradis choisit Québec pour poursuivre son œuvre.

«Ici, il y avait des défis à relever et ça me stimulait !, justifie d’entrée de jeu celui qui tient les rênes du Service depuis novembre 2014. J’avais envie de collaborer avec les gens et j’arrivais avec ma vision sur les relations de travail, différente de l’approche conservatrice qui caractérise généralement le milieu des pompiers. Dès le début de ma carrière, je dois d’ailleurs dire que je ne me sentais pas véritablement en phase avec ce que j’observais.»  

Christian Paradis affectionne néan­moins le métier, même s’il se demande, à l’époque, s’il a opté pour une carrière qui lui convenait. L’idée de prêter assistance et de rétablir l’ordre dans le chaos le motive. «J’ai donc décidé d’influencer l’organisation plutôt que d’être en réaction et trois règles guident ma conduite : aimer les employés, prendre des décisions en misant sur une bonne préparation et ne pas se faire plaisir en prenant les décisions.»   

Un travail d’équipe

Très présent sur le terrain, le directeur se fait aussi un devoir d’im­­pliquer le personnel dans les initiatives déployées, une stra­tégie qui contribue vraisembla­blement à favoriser une bonne am­biance de travail et la colla­­bo­ration des membres. Selon le plus récent sondage de mobilisation, lequel vise à mesurer le degré d’engagement des employés au sein du Service, les résultats atteignent aujourd’hui 93%, com­­parativement à 20 % il y a cinq ans.

«À mon entrée en poste à Québec, j’ai très rapidement rencontré les gens et j’ai constaté qu’ils étaient prêts à vivre du changement, note M. Paradis. Je leur ai communiqué ma vision et ils ont su que leur capacité d’adaptation allait être sollicitée. Dans les projets, je sou­haite que tout le monde se sente concerné, valorisé et puisse avoir de l’influence, car c’est un travail d’équipe. Le défi consiste maintenant à garder le cap de la mobilisation!» 

En évolution 

Depuis 2014, le renouvellement des effectifs au SPCIQ s’est traduit par une centaine de nouveaux employés. Une centaine d’autres s’ajoutera d’ici 2024 au fil des départs à la retraite. Le dirigeant exprime à cet égard la volonté de recruter des personnes de tous les horizons, notamment des femmes. Actuellement, les pompières forment moins de 5 % du Service. Il croit qu’une meilleure connaissance du milieu permettrait d’accroître leur intérêt.

«Nous aurons en outre comme enjeu d’intégrer la télémétrie pour pouvoir mesurer et faire cesser l’effort physique au bon moment, termine Christian Paradis. Chez les pompiers morts en devoir, les événements cardiovasculaires sont la cause de plus de 60 % des décès. L’exposition aux nanoparticules, responsable de sept types de cancer reconnus, est aussi une préoccupation. Pour les générations à venir, il faut faire évoluer le métier.»

James Stewart Ferguson, chef du Département du feu de 1866 à 1870

LE PREMIER DIRECTEUR DU SERVICE 
Le Service de protection contre l’incendie de Québec célèbre son 250e anniversaire. Depuis 1769, des dizaines de chefs se sont succédé à la tête d’abord de la Société du feu, pour devenir le Service que nous connaissons aujourd’hui. Les archives de la Ville de Québec présentent James Stewart Ferguson comme le chef du Département du feu (1er directeur) de 1866 à 1870.

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D’hier à aujourd’hui : quelques moments-clés

Pour mieux connaître la petite histoire du Service de lutte aux incendies de Québec, retenons dix grandes dates.

1673
Premiers règlements concernant la lutte contre le feu. Une ordonnance du gouverneur Frontenac oblige, par exemple, les propriétaires à installer une échelle sur le toit des maisons afin de pouvoir abattre rapidement les com­bles en cas de feu. Éventuellement, de nouvelles ordonnances s’ajouteront, imposant entre autres le ramonage régulier des cheminées.

1769
Création d’une société du feu privée. Connu d’abord sous le nom de Société amicale contre les incendies, le regroupement de mar­chands vise à protéger et à secourir ses membres. Celui-ci comptera plus tard des insti­tutions religieuses. À l’aide des con­tributions versées, la Société achète de l’équipement, notamment des pompes à incendie importées d’Angleterre.

1832
La Société du feu devient publi­que et relève désormais de la cité. C’est à ce moment qu’apparaît officiellement le premier service de protection contre les incendies de Québec. Chaque quartier de la ville reçoit une pompe à incendie et se voit assigner 50 pompiers volontaires dirigés par un capitaine.

1858
Création d’un premier corps régulier de 50 pompiers-policiers municipaux rémunérés. On con­serve tout de même trois compagnies de pompiers volontaires sur dix, en augmentant leurs effectifs. L’année précédente, la construction d’un réseau d’aqueduc qui dessert 54 % des maisons de la ville est entreprise.   

1866
Mise sur pied du premier service municipal de pompiers permanents. Le Département du feu de la Cité de Québec est enfin doté d’un budget conséquent et placé sous la direction d’un chef et d’un sous-chef. Les pompiers sont répartis dans les six stations de la ville qui logent aussi l’équipement nécessaire à la lutte contre le feu.

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Événements à ne pas manquer 

De nombreuses activités sont prévues pour souligner les 250 ans du Service de lutte aux incendies. En voici quelques unes…
  • Journée des pompiers – 8 septembre, de 9h30 à 16h, sur le boulevard Langelier
    Kiosques et démonstrations (sauvetage nauti­que et technique, préven­tion des incendies, désincarcération, feux d’herbe et de broussailles, matières dangereuses, histoire du Service, pompes antiques, véhicules incendie (démons­­tration firefit), corne­muse, compé­tition de pompiers). Maquillage pour les enfants, jeux gonflables, mascotte et surprises sur place. 
  •  46e cérémonie des pompiers morts en service – 11 septembre, 10 h, au Mémorial des pompiers sur le boulevard Langelier.
  • Québec s’embrase – 2 octo­bre, 19 h 30, au Palais Montcalm.
    Spectacle commémoratif sur le thème des grands incendies de Québec et de leurs combattants présenté dans le cadre de la série Québec se souvient.
  • Semaine de prévention des incendies – du 6 au 12 octobre.
    Sous le thème Le premier responsable, c’est toi !, diverses activités sont prévues sur le territoire.

Rendez-vous sur la page Facebook Sécurité publique de la Ville de Québec pour plus de détails.

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Le plus beau métier du monde

«J’ai choisi le plus beau métier du monde!, exprime spontanément William Morency. Pompier à la Ville de Québec depuis avril, le jeune homme, affecté à la caserne numéro 12 de Val-Bélair, est tout sourire. À 23 ans, il a réalisé son rêve, non sans avoir travaillé fort, car n’entre pas dans la profession – et au SPCIQ – qui veut.

«Avant l’embauche, déjà, le parcours est difficile, raconte la recrue. À l’école, le cours est très contingenté. De mon côté, je m’étais inscrit au diplôme d’études collégiales en sciences humaines pour pouvoir aller à l’université au cas où ma candidature ne serait pas retenue. Quand on suit la formation, il faut passer des tests physiques, écrits et psychométriques. Au moment de postuler pour obtenir un emploi à la Ville, on revit un processus semblable.» 

Après une bonne dose d’efforts, la fierté est là, bien palpable. Fils et petit-fils de pompiers – son père est d’ailleurs toujours en emploi –, William Morency a atteint l’objectif qu’il s’était fixé. Son choix de carrière était-il clair dès le départ? La réalité répond-t-elle à ses attentes ? «Je fais ce que je souhaitais depuis mon plus jeune âge, lorsque je voyais mon père partir heureux le matin. À propos de mon quotidien, ça surpasse ce que j’imaginais», déclare-t-il.  

S’il confirme que son intégration dans l’équipe s’est bien déroulée, William considère aussi que de devenir pompier est gratifiant, mais ne représente pas une tâche facile. «À l’école, on fait des simulations, mais dans le réel, on doit prendre des initiatives. Les appels sont tous différents et un bon pompier s’adapte aux situations et aux environnements, pense avant d’agir, acquiert certains trucs au contact des autres. Servir les gens est un privilège!»

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250 ans de courage

Nombreux sont les enfants qui rêvent ou ont un jour rêvé de devenir pompier. À l’âge adulte, la magie continue d’opérer puisque, dans le cœur des citoyens, la cote d’amour à l’égard des soldats du feu demeure très élevée. L’année 2019 marque les 250 ans du Service de protection contre l’incendie de Québec (SPCIQ). Plusieurs événe­ments ont été prévus afin de saluer le travail et le courage de ces combattants.

«Quand Louis-Raphaël terminera sa carrière, les Labbé cumuleront pas moins de 120 ans de service!», lance fièrement le père du jeune homme, le quatrième du clan à endosser l’uniforme des pompiers à la Ville de Québec. De Raymond à André, puis à Christian et à son fils, une recrue, «aider, c’est inscrit dans les gènes de la famille».  

L’histoire de cette dynastie hors de l’ordinaire s’amorce en 1940, au moment où Raymond Labbé intègre le Service. Il y fera carrière pendant 30 ans et deviendra lieutenant. À partir de 1965, André l’imitera. Également promu au grade de lieutenant, celui-ci prendra sa retraite en 2007. Christian marchera à son tour dans les traces de son père et joindra les effectifs en 1989. Lieutenant-instructeur à la formation, il verra Louis-Raphaël emprunter le même parcours.

Les discussions autour du travail sont-elles fréquentes lors des rassemblements familiaux? Poser la question, c’est y répondre. «Ça parle juste de pompiers!», confirme l’épouse d’André, Céline Paul. La fierté et la passion sont au rendez-vous chez les Labbé. Mais autre temps, autres mœurs: la façon d’«entrer dans les pompiers» a bien changé, tout comme les pratiques. La volonté de secourir et de protéger les gens reste néanmoins une constante.

«Mon père a certainement été une source d’inspiration pour moi, témoigne André Labbé. À l’époque, il fallait passer par un échevin pour rentrer. Avant d’être pompier, je travaillais dans la construction et je me suis alors dit que j’allais tomber dans la démolition! Parmi mes moments marquants, il y a eu l’explosion de gaz qui s’est produite au Cercle de la Garnison en 1994, parce que j’étais au cœur de la déflagration et que j’ai eu le côté de la tête brûlé.»

Si André n’a suivi aucun cours pour assimiler les rudiments du métier – dans les années 60, l’apprentissage sur le terrain et l’expérience transmise puis acquise faisaient foi de tout –, Christian a pour sa part profité d’une formation de quelques mois offerte par la Ville de Québec. «C’était donné sous forme de blocs, mais pour l’essentiel, j’ai appris au contact des vieux pompiers. Développer une aisance demandait une adaptation continuelle», dit-il.

Nouvelle génération et moments magiques

Âgé de 23 ans, Louis-Raphaël a vécu un tout autre scénario. Après trois ans de cégep auxquels il a été préalablement confronté à la réalité du contingentement, rien n’était gagné d’avance pour lui. «Un conseiller d’orientation m’avait même dissuadé d’aller dans ce domaine à cause du nombre limité de candidats admis. Je considère que je suis arrivé dans la profession formé et informé, par exemple en ce qui concerne les matières dangereuses.»

Recruté par la Ville de Québec à l’issu d’un rigoureux processus de sélection, Louis-Raphaël doit encore poursuivre son apprentissage. L’an dernier, son père lui a d’ailleurs servi de formateur. D’autres moments où les Labbé se sont croisés? Il y a notamment eu ce jour où André et Christian ont indépendamment été appelés pour éteindre un feu dans une cage d’ascenseur. «On s’est reviré et j’ai dit: c’est mon père ça!», se souvient Christian Labbé.

Celui qui pourrait aujourd’hui bénéficier d’une retraite bien méritée, mais qui, animé du «feu sacré», affirme avoir «toujours le goût» parle aussi de la dernière nuit de service d’André avant que ce dernier ne tire sa révérence. «J’étais son chauffeur à la caserne no 3, mais il n’y a pas eu d’intervention ce soir-là. Un souper avait été organisé et c’était très émotif», raconte le fils. Vers une cinquième géné­ration de Labbé au SPCIQ? Seul l’avenir le dira…  

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Ces grands incendies qui ont marqué l’histoire de Québec…

Plusieurs grands incendies ont marqué l’histoire de Québec. Des quartiers entiers jusqu’au parlement en passant par le Bois de Coulonge et le Manège militaire pour n’en nommer que quelques uns.
  • Des quartiers entiers s’embrasent
    Le 4 août 1682, la quasi-totalité de la basse-ville de Québec est rasée par un incendie. À nouveau, les 28 mai et 28 juin 1845, les faubourgs Saint-Roch et Saint-Jean, où vivent les deux tiers des habitants de la ville, sont ravagés par le feu. Au total, 3130 maisons, commerces et industries disparaissent, jetant plus de 21 000 personnes à la rue. Le 14 octobre 1866, les flammes dévastent l’ouest du quartier Saint-Roch et tout le village de Saint-Sauveur. Entre 2500 et 3000 maisons sont brûlées, laissant encore une fois quelque 20000 personnes sans foyer. D’autres incendies importants s’inscriront dans les annales de la capitale, notamment en 1876 (faubourg Saint-Louis), 1881 (faubourg Saint-Jean) et 1889 (Saint-Sauveur).
  • Le château Saint-Louis (1834)
    Édifié en 1620 par Samuel de Champlain, le fort Saint-Louis devient, en 1646, un château et la résidence officielle du gouvernement de la Nouvelle-France. Reconstruit par le comte de Frontenac, puis restauré après la Conquête, le bâtiment, situé à l’emplacement actuel de la terrasse Dufferin, est détruit par les flammes en 1834. 
  • Le théâtre Saint-Louis (1846) 
    Le vendredi 6 juin, en soirée, un incendie prend naissance dans la salle du théâtre Saint-Louis (ancien manège) à la suite d’une représentation, au moment où les spectateurs commencent à se retirer. La foule se précipite vers la seule issue qui conduit à la porte extérieure. Bilan: une cinquantaine de morts.
  • Le parlement (1854)
    Le 1er février 1854, vers 3h du matin, le feu éclate dans l’aile sud de l’hôtel du Parlement de Québec. Le brasier s’avère rapidement incontrôlable et se propage dans toute la structure, probablement par le système de chauffage. On parvient toutefois à sauver une grande partie de la bibliothèque.
  • Le palais de justice (1873)
    Bâti entre 1799 et 1804 d’après les plans de François Baillairgé, le palais de justice de Québec est la proie des flammes dans la nuit du 1er au 2 février 1873. L’élément destructeur se répand et atteint la superbe bibliothèque des avocats. La perte de documents créera un trou important dans les archives judiciaires.  
  • L’asile de Beauport (1875)
    Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1875, le feu se déclenche dans l’aile des femmes de l’asile de Beauport. Le froid est intense, le chemin difficilement praticable et l’eau vient à manquer. Le sinistre fera en tout 26 victimes. En septembre de la même année, la bâtisse sera reconstruite. 
  • La villa du Bois-de-Coulonge (1966)
    Aux premières minutes du 21 février 1966, un violent incendie se déclare à la résidence du lieutenant-gouverneur Paul Comtois. L’homme et sa fille, Mireille, se voient contraints de sauter par l’une des fenêtres de la villa édifiée en 1863. Le lieutenant-gouverneur Comtois perdra malheureusement la vie dans la conflagration. Les pompiers demeureront impuissants à circonscrire les flammes et plusieurs œuvres d’art inestimables disparaîtront.

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Des équipements et spéciali­sations qui ont révolutionné le métier à Québec

Depuis 150 ans, les équipements servant au travail des pompiers ont beaucoup évolué. Retrouvez quelques dates importantes.
  • 1866 : Télégraphe d’alarme pour aviser les pompiers.
  • 1873 : Première pompe à vapeur, qui supplante la pompe à bras et du coup, la dizaine de pompiers nécessaire à son fonctionnement.
  • 1912 : Premières voitures à essence pour remplacer les voitures à boyaux tirées par des chevaux.
  • 1950 : Apparition des premiers appareils radio dans les véhicules.
  • 1969 : Création de la première centrale d’alarme et achat des premiers véhicules pompe-échelle.
  • Années 70 : Introduction des premiers appareils respiratoires autonomes et d’habits de combat plus performants.
  • 1979 : Arrivée des pinces de désincarcération.
  • 1981 : Obligation d’avoir un avertisseur de fumée dans toutes les résidences.
  • 1994 : Implantation du système 9-1-1 sur le territoire de la ville.
  • 1999 : Création des équipes d’intervention spécialisée en matières dangereuses et en sauvetage vertical. 
  • 2006 : Création de la spécialité en sauvetage nautique.
  • 2019 : Création de la spécialité en effondrement de structure.

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À chaque époque ses défis

Fondée il y a 71 ans, l’Association des pompiers professionnels de Québec (APPQ) rassemble la communauté qu’elle représente, tout en relevant les défis qui justifient son existence. Relations de travail, desserte adéquate du territoire en matière de délais prescrits, d’équipements et d’embauches: l’APPQ travaille sur tous les fronts.

Fondée il y a 71 ans, l’Association des pompiers professionnels de Québec (APPQ) rassemble la communauté qu’elle représente, tout en relevant les défis qui justifient son existence. Relations de travail, desserte adéquate du territoire en matière de délais prescrits, d’équipements et d’embauches: l’APPQ travaille sur tous les fronts.   

En poste depuis 2006, Éric Gosse­lin en est le 10e président en titre et le plus ancien de toutes les unités syndicales actuellement actives à la Ville de Québec. «En 1948, l’APPQ comptait 260 pompiers, lieutenants et capitaines, ce qui est considérable étant donné la taille de la zone desservie, relève-t-il. D’un point de vue historique, les fusions municipales – qui ont entraîné celles des services des incendies – constituent un virage très important.» 

Chaque génération de pompiers a connu des événements marquants, fait valoir le président. «La guerre des motards qui sévissait au milieu des années 90 reste gravée dans  ma mémoire. Pour ma part, cet épisode m’a enseigné mon métier. Les cocktails Molotov faisaient en sorte qu’on pouvait sortir plusieurs fois par jour, ce qui a augmenté mon niveau d’expérience. Maintenant, nous sommes à l’heure du renouvellement massif des effectifs.» 

Il y a les époques, puis il y a les causes. Un an avant la création officielle de l’APPQ, les pompiers de Québec ont embrassé celle des enfants défavorisés. Ils commencent ainsi à fabriquer et à réparer des jouets. Cette activité conduira à la mise sur pied de L’Arbre de Noël. Aujourd’hui, un comité est chargé d’acheter des jouets neufs pour les plus démunis – mais aussi pour les enfants hospitalisés – grâce à un prélèvement sur la paie des membres.

L’Association des pompiers professionnels de Québec (APPQ)

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Saviez-vous que…

Une caserne construite en 1893 sert toujours et est le plus vieux poste d’incendie en fonction. De quelle caserne parle-t-on?
  • La caserne Georges-Émile-Tanguay, construite en 1893, est le plus vieux poste d’incendie toujours en fonction à Québec. Son ancienne tour à boyaux a d’ailleurs été en partie conservée. Situé au 600 des Oblats – une rue qui s’est appelée Massue jusqu’en 1983  –, le bâti­ment a été édifié après le grand incendie de 1889, puis modernisé en 1912. Il constitue à l’époque le poste no 8 (maintenant la caserne no 3) et peut, au moment de son agrandissement, accueillir six chevaux. Ironie du sort, la caserne est elle-même la proie des flammes le 30 janvier 1948. Le brasier se déclare dans la cuisine, au deuxième étage, pendant que les pompiers sont en train d’intervenir pour éteindre un feu de cheminée, rue Montmagny. Son empla­cement se veut stratégique à l’égard des canalisations qui passent à cette hauteur. En effet, le poste est directement rattaché aux conduites d’amenée d’eau, précisément à l’endroit où celles-ci changent de direction pour approvisionner la Basse-Ville et la Haute-Ville. Le 8 avril 1998, une résolution est votée au conseil municipal pour que cette caserne porte le nom de l’architecte Georges-Émile Tanguay, aussi concepteur de l’hôtel de ville de Québec.    

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Partenaires dans l’aide aux victimes

Une même passion les unit : celle de venir en aide aux personnes. Au quotidien, pompiers, ambulanciers et bénévoles de la Croix-Rouge travaillent de concert afin d’offrir des services d’urgence complémentaires et de qualité à toute la population.

Pour la Croix-Rouge, cette aide prend la forme d’une prise en charge du bien-être moral et physique des familles sinistrées. «Ça permet aux pompiers de se concentrer sur leur boulot pour sauver des personnes et des biens. Notre rôle consiste à écouter et réconforter les gens, puis à répondre temporairement à certains besoins de base tels l’hébergement, l’habillement et l’alimentation», énonce Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge.

Selon leurs compétences respectives, pompiers et ambulanciers travaillent également de pair afin de réduire les risques de morbidité et de mortalité, notamment dans les cas d’accidents de la route, de sinistres et de situations de sauvetage. «Lors d’incendies, les paramédics offrent aussi une présence rassurante aux pompiers et sont prêts à intervenir si l’un d’eux, par exemple, se blesse au combat», ajoute Francis Brisebois de Dessercom.

Chimie et appréciation
Alors que le porte-parole des services ambulanciers insiste sur «la chimie particulière qui s’est développée entre les intervenants des services d’urgence et qui s’avère très utile lors d’événements ou d’appels difficiles», le vice-président de la Croix-Rouge note de son côté «qu’au moment de se déplacer, plusieurs bénévoles ont hâte de savoir quel officier sera sur place chez les pompiers, parce qu’ils se connaissent, s’apprécient et se respectent.»

FONDATION LA PETITE SIRÈNE
Lancée il y a près de cinq ans par un jeune ambulancier de Québec, Alexandre Bernard, la fondation La Petite Sirène a comme mission de réduire, pour les familles à faible revenu, le montant de la facture émise par les services ambu­lan­ciers. Le refus de transport basé sur des raisons finan­cières peut avoir de graves conséquences. La Petite Sirène soutient aussi trois autres actions, celles-ci des­ti­nées aux ambulanciers: la reconnaissance des actes paramédicaux par l’entourage; la promotion de la pro­fession auprès du grand public; et le soutien de ces professionnels du Québec.

Fondationlapetitesirene.ca

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Fierté et renommée

Conseiller municipal responsable, notamment, de la protection contre l’incendie, Patrick Voyer s’assure que «tout le monde bat la mesure en même temps dans un esprit de collaboration». S’il agit un peu comme un chef d’orchestre, un facilitateur dans les opérations du SPCIQ, il sert aussi de lien entre la population et le Service.

Q. Parlez-nous de votre rôle et d’une initiative dont vous êtes fier.
R. Je résumerais mon rôle en disant qu’il consiste à voir à ce que tout roule bien. Je défends évidemment le budget du Service, mais je lui fournis également un appui pour faciliter et optimiser ses activités. Je suis particulièrement fier du Mémorial des pompiers, érigé depuis juin 2016 sur le boulevard Langelier, que nous avons donné au public pour rendre hommage et souligner la contribution des pompiers morts en devoir. Rappelons que cette artère était à l’époque un chemin coupe-feu qui empêchait les incendies de traverser la ville d’est en ouest. La traditionnelle cérémonie de commémoration se tient dorénavant à cet endroit, à l’automne.

Q. Qu’est-ce qui fait la renommée du SPCIQ ?
R. Québec est une ville de taille assez importante pour que nous ayons les moyens de nos ambitions en ce qui a trait à la qualité et à la diversité des services. Il faut par ailleurs toujours viser à éliminer les barrières pour être plus performant, se demander ce qu’on pourrait bonifier, offrir de plus, et aller vers des solutions novatrices; bref, voir ce que l’on peut améliorer pour être «une coche» au-dessus de tout le monde. Cette expertise que nous avons acquise s’illustre entre autres par le fait que nous nous allions à la sécurité civile dans la gestion des sinistres. Les pompiers de Québec peuvent être appelés à se déployer dans d’autres villes pour les 72 premières heures, par exemple lors d’inondations printanières.  

Q. Quels sont les défis pour la Ville de Québec à l’égard de la protection contre les incendies?
R. Le plus gros défi, c’est de rester là où nous sommes, au niveau où nous nous situons. Le Service est reconnu à travers tout le Qué­bec pour son pouvoir d’attraction. Nous devons évidemment avoir les ressources humaines – il y a ces années-ci de nombreux départs à la retraite – et les équipements nécessaires pour demeurer à la fine pointe. La formation de notre personnel est aussi très importante. La lutte contre les incendies, c’est une vocation et les pompiers sont là quand on a besoin d’eux dans une multitude de situations. Notons au passage qu’il s’effectue annuellement sur le territoire 50000 visites de prévention domi­ciliaire et que les résultats parlent : le nombre d’incendies est en chute libre. 

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Pompiers : les journaliers de l’urgence

Certains comparent leurs tâches aux multiples usages d’un couteau suisse, d’autres disent d’eux-mêmes qu’ils sont les journaliers de l’urgence… Outre la lutte contre les incendies, les pompiers de Québec protègent la population de nombreuses façons.

À partir du milieu du 19e siècle, l’ère des seaux et des chaînes hu­maines est définitivement révolue. La lutte contre les incendies s’enrichit peu à peu d’innova­tions technologiques. Si celles-ci améliorent la rapidité et l’efficacité des interventions, le champ d’activités s’élargit aussi. À leur tour, les spécialités évoluent: des procédures voient le jour, les opé­rations s’effectuent de manière plus sécuritaire et avec du matériel de meilleure qualité.

Sur le territoire couvert par le SPCIQ, différentes équipes spécialisées ont été mises en place. Déployés lors d’interventions sur l’eau, des pompiers sont affectés au sauvetage nautique. D’autres réalisent des sauvetages verticaux ou en espace clos et sont associés au sauvetage technique. Une proportion des effectifs détient enfin des compétences pour apporter une aide en présence de matières dangereuses (déversement, décontamination).

Une nouvelle spécialité

«Depuis cette année, une équipe du Service est formée en éva­lua­tion de structure. Dès qu’il y a une deuxième alarme, des pompiers de la caserne 2 sont dépêchés sur les lieux. Notre rôle consiste à examiner la construction, quel que soit le type de bâtiment. Nous faisons une tournée complète pour vérifier le risque d’effon­drement, ce qui permet d’aiguiller le chef aux opérations dans ses décisions», présente le capitaine Jean-François Beaudoin.

Cet automne, la quarantaine de pompiers de la caserne recevra l’enseignement relatif à la toute nouvelle spécialité en effondrement de structure. «Nous amorçons la formation et à l’hiver ou au printemps prochain, le service deviendra effectif. À l’intérieur des véhicules, on retrouvera du bois pour solidifier les structures, de même que des outils de menuisier tels des cloueuses et des scies pour soutenir nos opérations », explique le capitaine Beaudoin

LA VIE À LA CASERNE

Lorsqu’ils ne répondent pas à un appel d’urgence, les pompiers doivent néan­­moins demeurer prêts mentalement et phy­siquement à intervenir. À la caserne, que font-ils?

  •  Inspection et entretien des véhicules et des équipements;
  •  Prévention domiciliaire (porte-à-porte  pour procéder à la vérification des avertisseurs de fumée et des avertisseurs de mono­xyde de carbone);
  •  Formations et maintien des compétences sur les diffé­rents aspects du travail;
  •  Pratiques et simulations;
  •  Exercices physiques (entraînement);
  •  Cuisine collective (pour la majorité des équipes);
  •  Entretien ménager des aires de vie de la caserne;
  •  Visite de bâtiments et travaux de chantier;
  •  Réalisation de plans d’intervention;
  •  Participation à des acti­vités d’éducation du public.

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Le Service de protection contre l’incendie de Québec, c’est…

16
casernes, dont certaines sont spécialisées dans un type d’intervention en particulier.

515
employés

6
arrondissements desservis (ville de Québec), en plus des villes de L’Ancienne-Lorette, de Saint-Augustin-de-Desmaures et du territoire de Wendake.

60 M$
de budget annuel de fonctionnement.

12 000 
appels par année.

10
minutes et moins de temps de réponse pour la majorité des déploiements.

Source : SPCIQ, Rapport d’activités 2016-2017-2018

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Cheminement d’un appel au 9-1-1: qu’en est-il ?

Voici les différentes étapes lorsque votre appel arrive au 9-1-1
  • Les lignes terrestres sont transmises à la centrale 9-1-1 res­pon­sable du territoire d’où émane l’appel (il existe plusieurs centrales d’appels). Ceux qui proviennent d’un téléphone porta­ble aboutissent quant à eux majoritairement à la centrale responsable du territoire de la tour d’émission du cellulaire.
  • Le répartiteur 9-1-1 qui prend l’appel procède à une prise d’information qui permet de déterminer les services requis et de vérifier si l’appel est effec­tué au bon secteur.
  • La centrale 9-1-1 de la Ville de Québec coordonne les activités du SPCIQ et du SPVQ. Lorsque l’appel requiert l’intervention d’un autre service (Sûreté du Québec, ambulanciers, etc.), celui-ci leur est acheminé.
  • En ce qui concerne le SPCIQ, la répartition sera attribuée à chaque type de véhicule nécessaire le plus près du lieu d’intervention.
  • La centrale (9-1-1) fait sonner une alarme dans les 16 caser­nes de la ville et mentionne les véhicules répartis ainsi que l’emplacement et les détails de l’appel.
  • Dans tous les véhicules et casernes se trouve un ordinateur portable qui indique l’emplacement et les détails de l’appel. Chaque véhicule doit confirmer qu’il a bien pris l’appel.
  • Selon la nature de l’appel, des processus préétablis déterminent le nombre et les types de véhicules requis à chaque intervention.
  • Toutes ces étapes sont effectuées à l’aide du logiciel RAO (Répartition assistée par ordinateur) de la Ville de Québec.
  • Les véhicules autopompe, pompe-échelle et de spéciali­sation (sauvetage nautique, intervention en présence de matières dangereuses et sauvetage technique) doivent avoir à leur bord un minimum de quatre pompiers. Pour les véhicules échelle à timonier, le seuil minimal est fixé à trois et en ce qui a trait aux véhicules échelle sans pompe et citerne, ils peuvent circuler avec un seul pompier à l’intérieur.
  • D’autres services sont souvent nécessaires sur les lieux d’une intervention (Hydro-Québec, Énergir, Croix-Rouge, Réseau de transport de la Capitale, police, etc.). L’officier responsable des opérations terrain spécifie ses besoins à la centrale 9-1-1 par l’entremise des radios portatives et la centrale assure le suivi auprès des services.

250 ans des pompiers de Québec

Une exposition au Musée de la civilisation

Le métier de pompier fascine à la fois petits et grands. On les considère comme de véritables héros, affrontant les dangers dans le but de pro­téger des vies et des biens. L’histoire de la ville étant marquée par de nombreux incendies, ils ont maintes fois prouvé leur bravoure, longtemps munis presque uniquement de leur courage pour combattre le feu.

Découvrez les multiples amé­lio­rations apportées à l’équi­pement (casques, vêtements, boyaux, échelles, véhicules, etc.) au fil du temps et suivez l’évolution du rôle de ces hommes et de ces femmes profondément engagés. Apprenez-en plus au sujet des grands incendies de Québec et laissez-vous charmer par une collection de camions de pompiers sous forme de jouets. Aujourd’hui, au-delà de leur lutte contre les incendies, les pompiers occupent une place fondamentale au sein de notre communauté, veillant à la sécurité de tous les citoyens. 

Musée de la Civilisation
Pompiers de Québec : 250 ans de courage
Du 15 octobre 2019 au 29 mars 2020