Christian Paradis, directeur du Service de protection contre l’incendie de Québec

250 ans des pompiers de Québec

Christian Paradis : une vision avant-gardiste

Si le SPCIQ représente l’un des plus vieux services de protection contre l’incendie en Amérique du Nord, son directeur, lui, se distingue par sa vision avant-gardiste du domaine. Après 28 ans de carrière dans la métropole – où il a exploré diverses facettes du métier –, Christian Paradis choisit Québec pour poursuivre son œuvre.

«Ici, il y avait des défis à relever et ça me stimulait !, justifie d’entrée de jeu celui qui tient les rênes du Service depuis novembre 2014. J’avais envie de collaborer avec les gens et j’arrivais avec ma vision sur les relations de travail, différente de l’approche conservatrice qui caractérise généralement le milieu des pompiers. Dès le début de ma carrière, je dois d’ailleurs dire que je ne me sentais pas véritablement en phase avec ce que j’observais.»  

Christian Paradis affectionne néan­moins le métier, même s’il se demande, à l’époque, s’il a opté pour une carrière qui lui convenait. L’idée de prêter assistance et de rétablir l’ordre dans le chaos le motive. «J’ai donc décidé d’influencer l’organisation plutôt que d’être en réaction et trois règles guident ma conduite : aimer les employés, prendre des décisions en misant sur une bonne préparation et ne pas se faire plaisir en prenant les décisions.»   

Un travail d’équipe

Très présent sur le terrain, le directeur se fait aussi un devoir d’im­­pliquer le personnel dans les initiatives déployées, une stra­tégie qui contribue vraisembla­blement à favoriser une bonne am­biance de travail et la colla­­bo­ration des membres. Selon le plus récent sondage de mobilisation, lequel vise à mesurer le degré d’engagement des employés au sein du Service, les résultats atteignent aujourd’hui 93%, com­­parativement à 20 % il y a cinq ans.

«À mon entrée en poste à Québec, j’ai très rapidement rencontré les gens et j’ai constaté qu’ils étaient prêts à vivre du changement, note M. Paradis. Je leur ai communiqué ma vision et ils ont su que leur capacité d’adaptation allait être sollicitée. Dans les projets, je sou­haite que tout le monde se sente concerné, valorisé et puisse avoir de l’influence, car c’est un travail d’équipe. Le défi consiste maintenant à garder le cap de la mobilisation!» 

En évolution 

Depuis 2014, le renouvellement des effectifs au SPCIQ s’est traduit par une centaine de nouveaux employés. Une centaine d’autres s’ajoutera d’ici 2024 au fil des départs à la retraite. Le dirigeant exprime à cet égard la volonté de recruter des personnes de tous les horizons, notamment des femmes. Actuellement, les pompières forment moins de 5 % du Service. Il croit qu’une meilleure connaissance du milieu permettrait d’accroître leur intérêt.

«Nous aurons en outre comme enjeu d’intégrer la télémétrie pour pouvoir mesurer et faire cesser l’effort physique au bon moment, termine Christian Paradis. Chez les pompiers morts en devoir, les événements cardiovasculaires sont la cause de plus de 60 % des décès. L’exposition aux nanoparticules, responsable de sept types de cancer reconnus, est aussi une préoccupation. Pour les générations à venir, il faut faire évoluer le métier.»

James Stewart Ferguson, chef du Département du feu de 1866 à 1870

LE PREMIER DIRECTEUR DU SERVICE 
Le Service de protection contre l’incendie de Québec célèbre son 250e anniversaire. Depuis 1769, des dizaines de chefs se sont succédé à la tête d’abord de la Société du feu, pour devenir le Service que nous connaissons aujourd’hui. Les archives de la Ville de Québec présentent James Stewart Ferguson comme le chef du Département du feu (1er directeur) de 1866 à 1870.